‹ Traité de médecine ... [electronic resource] (volume 5)Chapitre 151 sur 155 · SYPHILIS DE LA THYROÏDE · texte numérisé non relu

SYPHILIS DE LA THYROÏDE

La glande thyroïde peut être atteinte, au même titre que les autres tissus glandulaires, au cours de la syphilis secondaire. On peut observer, à ce moment, un goitre aigu syphilitique (Mauriac) qui comprime le larynx et la trachée, provoque la raucité de la voix et guérit sous l'influence du traitement spécifique.

Lancereaux a observé l'hypertrophie thyroïdienne à la période tertiaire : la glande est augmentée de volume et sa consistance est plus ferme que normalement. Il s'agit, dans ce cas, d'un thyroïdite interstitielle, également signalée par Kùttner et Kôhler.

Les lésions spécifiques semblent exceptionnelles. Wôlfler cite une observation de Navratil : la thyroïde renfermait une gomme grosse comme le poing. L'observation la plus complète est celle de E. FrœnkeL II s'agissait d'un individu qui succomba à une syphilis de la trachée, du poumon et du foie. Aucun symptôme particulier n'avait appelé l'attention sur la thyroïde. A l'autopsie on trouva, entre l'isthme et le lobe droit, une masse jaunâtre ayant 2 centimètres de haut sur 1 centimètre de large. L'examen microscopique montra qu'elle s'était développée dans le tissu interfolliculaire et avait comprimé et par places envahi le parenchyme. La lésion se différenciait du tubercule par l'absence de cellules géantes et de dégénérescence et par la présence de quelques bacilles identiques au microbe que Lustgarten a décrit comme l'agent spécifique de la syphilis. Ces lésions tertiaires sont souvent d'un diagnostic difficile. Hiïrtl rapporte un cas où l'on pensa à un goitre malin et où l'on pratiqua l'extirpation de la tumeur. Celle-ci avait acquis en 5 mois le volume du poing. L'examen hislologique ayant fait admettre l'existence d'une thyroïdite syphilitique, on prescrivit l'iodure de potassium, qui acheva la guérison du malade.

Les lésions thyroïdiennes delà syphilis héréditaire méritent de nous arrêter un instant. Demme a trouvé, dans 5 cas, de petites gommes grosses comme des grains de mil. Fùrst a observé un enfant, issu d'une mère syphilitique, qui, à la naissance, ne présentait aucune manifestation de contamination héréditaire, mais était atteint d'un goitre d'origine syphilitique dont la nature semble démontrée par le traitement, qui le fit rétrocéder en 6 semaines.

M. Garnier a étudié, au point de vue hislologique, la thyroïde de 5 nouveaunés hérédo-syphilitiques. Une seule fois la glande était saine. Dans les i autres cas, elle était remarquable par des modifications diamétralement opposées à celles qu'on observe dans les infections chez l'adulte : la sécrétion colloïdale, au lieu d'être exagérée, était entravée ou totalement suspendue. Les vésicules étaient uniquement remplies de cellules, si bien qu'en beaucoup d'endroits la disposition vésiculaire semblait avoir disparu. Dans un cas les altérations étaient plus marquées : les capillaires étaient fortement dilatés et, en certains points, de petites hémorragies s'étaient produites, en même temps que se développaient des foyers de nécrose cellulaire. Ces diverses lésions ne semblent pas spéciales à l'hérédo-syphilis : on les observe, plus ou moins marquées, dans la plupart des infections du fœtus. C'est une réaction qui peut paraître banale, mais qu'il était intéressant de mettre en évidence, et qui peut expliquer certains troubles dans le développement ultérieur de l'individu. Nous avons déjà rappelé quelle importance Hertoghe attache aux lésions thyroïdiennes dans la genèse des dystrophies syphilitiques.

TRAITÉ DE MÉDECINE, '2e é(lit. — V. 59

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PATHOLOGIE DES ORGANES HÉMATOPOÉTIQUES

Il s'agit évidemment, dans ce cas, de lésions parasyphilitiques, dont on peut rapprocher 3 observations publiées par Abraham. 3 femmes, l'une 5 mois après l'accident primitif, la deuxième en pleine période secondaire, la troisième 2 ans après la contamination, furent atteintes de goîlre exophtalmique. Elles guérirent toutes trois sous l'influence de la médication et spécialement de l'iodure de sodium donné aux fortes doses de 8 à 12 grammes par jour. Faisans et Audistère ont présenté à la Société médicale des hôpitaux (10 mars 1901) un malade chez lequel, sous l'influence d'une double infection, syphilitique et gonococcique, se développa un pseudo-myxœdème, différant du myxœdème vrai par la distribution -irrégulière des tuméfactions, la présence de bourrelets au-dessus des poignets et des chevilles, la sensibilité douloureuse des parties malades et l'absence de troubles nerveux et psychiques. Le traitement mercuriel resta sans effet sur ces manifestations, tandis que l opo thérapie thyroïdienne amena une amélioration notable, démontrant ainsi la nature et le mécanisme de cette affection.

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