B. — ALBUMINURIE DANS LES INTOXICATIONS AIGUËS
Nous ne voudrions pas nous étendre outre mesure sur le mécanisme de l'albuminurie dont il sera question à propos de l'histoire des néphrites. Quelques mots suffiront pour fixer l'état de nos connaissances sur l'étiologie multiple de ce trouble fonctionnel.
Dans les intoxications aiguës, la pathogénie, à n'en pas douter, présente les plus grandes analogies avec celles des maladies infectieuses. L'expérimentation et l'observation clinique ont permis dans ces dernières années de renverser les termes de cette comparaison et d'établir que les infections agissaient surtout, et même parfois exclusivement, à l'aide de substances toxiques ayant avec les poisons les plus grandes affinités palhogéniques. Il en résulte que la médecine expérimentale peut nous éclairer sur l'action des poisons et l'action
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MALADIES DU REIN ET DES CAPSULES SURRÉNALES
analogue des toxines dont on peut aujourd'hui doser, pour ainsi dire, la puissance irritante. On obtient ainsi, suivant les doses injectées, des résultats variables^dans les deux séries morbides, mais comparables souvent aux différents degrés d'une intoxication.
Pour en revenir aux intoxications, nous savons que dans leurs formes aiguës, l'albuminurie ne manque pour ainsi dire jamais. La cantharidine est de tous les poisons celui qui a toujours servi d'exemple; mais, avec une fréquence variable, les autres substances chimiques produisent des résultats analogues.
Le cyanure de mercure, le nitrate acide, le sublimé, déterminent, dans l'empoisonnement mercuriel aigu l'albuminurie et souvent aussi l'hématurie. Certains poisons paraissent échapper à cette loi, comme le phosphore et l'arsenic. Senator fait remarquer cependant que si l'empoisonnement n'est pas mortel, ou si chez les animaux la survie est assez longue, l'albuminurie ne manque presque jamais. L'anatomie morbide nous rend compte de ces différences. Les lésions vasculaires, les altérations des glomérules sont précoces et intenses dans l'empoisonnement cantharidien, elles sont tardives et légères dans l'intoxication phosphorée encore plus que dans l'arsenicale où les ruptures de vaisseaux ne sont pas exceptionnelles.
Jusqu'à ce jour on n'a démontré dans les intoxications que l'albuminurie vraie; elle paraît d'autant plus accusée que les lésions glomérulaires sont plus intenses. C'est donc par excellence une albuminurie d'origine rénale. Malgré l'opinion contraire de Semmola, nous croyons pouvoir affirmer que, dans les intoxications aiguës comme dans les infections aiguës, le degré ainsi que la persistance de l'albuminurie sont dans un rapport étroit avec le degré d'altération du rein et de l'appareil glomérulaire ; rappelons à titre d'exemple que, dans /' 'intoxication chloroformique, l'albuminurie est essentiellement transitoire.