AV 3V A
un chiffre faible de — et de — et une courbe très élevée de - correspondant 1* I' o
au type cryoscopique d'insuffisance rénale. Ces modifications ne sont-elles pas plutôt dues à un arrêt des échanges par suite d'un empoisonnement général? — Dans une autre observation concernant une lésion mitrale avec asystolie, la même formule se retrouve, n'est-elle pas expliquée simplement par la gravité des troubles circulatoires; est-il permis de supposer qu'il y avait néphrite concomitante?
Il est vrai que Claude et Balthazard (2), dans un article récent du Journal de physiologie, ont reproduit les courbes des examens d'urine dans les maladies infectieuses et ont essayé d'en atténuer la valeur contradictoire. Ils font remarquer le peu de durée du phénomène observé alors que les signes donnés par la cryoscopie dans les affections organiques sont durables. On peut leur répondre que le cardiaque traité par la digitale se comportera comme un pneumonique à la période critique lorsque apparaîtra la polyurie et que, par conséquent, la similitude est complète.
On pourrait aussi, d'après eux, dépister dans une diphtérie une myocardite
(') Souques et Balthazard. Cryoscopie des urines dans la polyurie nerveuse. Congrès de 1900. (2) Claude et Balthazard. Cryoscopie des urines dans les maladies infectieuses. Journal de physiol. et de pathol. génér., novembre 1900; Congrès de Paris, 1900.
L'EXPLORATION FONCTIONNELLE DU REIN. 597
avec asystolie, dans une fièvre typhoïde une néphrite. On souscrit volontiers à cette affirmation dans certains cas, mais dans les faits habituels, où, pour modifier la courbe cryoscopique, s'unissent la maladie infectieuse et la lésion cardiaque, où la rétention par l'organisme se complique de la rétention par le rein et de troubles circulatoires généraux, on se demande comment on peut arriver à faire la part de ce qui revient aux reins ou au cœur d'une part, à l'organisme de l'autre.
Il est encore un facteur dont il faut tenir compte dans l'examen cryoscopique des urines, c'est l'influence du régime. Claude et Balthazard ont, en effet, remarqué que, si la quantité de chlorure de sodium ingéré est beaucoup plus élevée qu'à l'état normal, les urines émises donnent, à l'examen cryosco-
m A , mm
pique, le type de l'insuffisance rénale, la courbe de - étant située au-dessus de
HT • av
celle de -p- comme dans les néphrites arrivées à la période ultime. Si l'influence
du régime, quoique passagère bien entendu, se fait aussi rapidement sentir, on voit combien il est indispensable de se renseigner sur l'alimentation des malades, de même que sur les médications auxquelles ils ont été soumis les jours précédents, puisque les diurétiques donnent aussi une élévation momentanée du
rapport -x-
Laissant de côté maintenant les défectuosités de la méthode et les difficultés d'interprétation auxquelles elle donne lieu, nous remarquerons que, en présence de néphrites confirmées pour lesquelles le diagnostic ne faisait aucun doute, Claude et Balthazard sont arrivés à établir que l'on constate, en général, des périodes de perméabilité normale succédant à des phases d'insuffisance plus ou moins longues. Quelquefois l'imperméabilité a paru, continue, mais rarement, et ce n'est guère que dans certaines néphrites aiguës, graves, rapidement mortelles ou à la période terminale des néphrites subaiguës ou chroniques chez les individus qui meurent du fait de leurs lésions, qu'on trouve réalisée cette insuffisance complète et continue.
En somme, par leur méthode, Claude et Balthazard arrivent à fixer les périodes d'insuffisance rénale ou de déchéance fonctionnelle, sans y chercher le moindre rapport avec l'étiologie et la forme anatomique des lésions rénales. Dans l'intervalle des crises, la cryoscopie est sans objet, puisqu'un rein malade peut, par périodes, fonctionner régulièrement. C'est absolument notre manière de voir.
Toutes les méthodes d'exploration exposées dans ce chapitre sont, en effet, dans leurs résultats, sinon dans leurs procédés, absolument comparables aux analyses chimiques pratiquées autrefois pour déterminer la proportion exacte des substances éliminées. Toutes visent exclusivement l'insuffisance rénale dans ses variations, toutes tendent à fixer la valeur fonctionnelle du rein, que la glande ait été altérée par des processus de destruction rapides, prolongés ou chroniques. Il n'y a donc, suivant nous, aucun enseignement à tirer de ces méthodes d'exploration pour la classification des néphrites (').
Il est seulement regrettable, au point de vue de la physiologie pathologique, que la cryoscopie, si nettement confirmative des résultats obtenus par les autres
(') Voir également : Vaquez. Remarques sur les méthodes propres à apprécier l'état des fonctions rénales. Soc. méd. des hop., février 1900.
[BRAULT i
MALADIES DU REIN ET DES CAPSULES SURRÉNALES
méthodes dans les faits de néphrite avérée, ne puisse nous venir en aide dans les cas douteux et donne lieu, dans bien des circonstances, à des interprétations délicates pour la solution desquelles il semble aujourd'hui que l'observation clinique soit encore mieux armée.