B. — CARACTÈRES DES URINES HÊMA TURIQUES SANS DÉPÔT
Chaque fois qu'une urine sanglante présentera dans toute sa masse une teinte uniforme, homogène, légèrement trouble, et qu'elle n'offrira que peu ou pas de dépôt, on devra songer immédiatement à la possibilité d'une néphrite. Mais il n'y a pas, dans ce fait, de caractère de certitude. Pour en juger, avant même d'aborder 1'énumération des symptômes qui, par leur ensemble, permettent de porter un diagnostic, nous rappellerons que des affections très importantes de la vessie, au nombre desquelles il faut citer la tuberculose, peuvent donner lieu à des modifications semblables de l'urine. La présence de nombreux cylindres dans le dépôt lèverait tous les doutes.
Dans les poitssées hématuriques des néphrites, les cylindres sont de deux sortes: hyalins ou translucides, réfringents ou cireux. Ils manquent rarement
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MALADIES DU REIN ET DES CAPSULES SURRÉNALES
dans les recrudescences de néphrites chroniques ; on les observe constamment dans les exacerbations de la première période des néphrites aiguës. On trouve encore, par l'examen histologique, des globules rouges et des globules blancs; mais ces derniers éléments sont toujours peu nombreux.
Dans les cystites et les pyélonéphrites, il est au contraire exceptionnel, même dans les formes les plus légères de ces affections, de ne pas trouver un assez grand nombre de cellules lymphatiques formant un léger dépôt à la partie inférieure du liquide et disposées en amas nombreux dans le champ microscopique. Si l'examen chimique de l'urine révèle des traces d'albumine, on est certainement en présence d'une inflammation catarrhale des voies d'excrétion ; si l'albumine se trouve dans le liquide en quantité notable, le diagnostic de néphrite s'impose.
Lorsque les urines légèrement teintées sont troubles dans toute leur masse, ou nettement enfumées avec l'aspect bouillon de bœuf, toutes les probabilités Sont en faveur d'une lésion rénale. Les urines de la cystite et de la pyélonéphrite, quelque intime que soit le mélange du sang et de l'urine, n'offrent que bien rarement cet aspect. Elles s'éclaircissent toujours par le repos et laissent beaucoup plus facilement passer la lumière ; les urines des néphrites ne recouvrent jamais leur complète transparence.
Sans exagérer l'importance de l'examen direct des urines hématuriques, on jugera sans doute, d'après cet exposé sommaire, que les notions qu'il nous apporte ne sont point négligeables. Sans doute, il est exact de dire que le mélange de sang et d'urine n'a par lui-même aucune valeur, mais si l'on tient compte des caractères du dépôt, des variétés d'aspect que présente le mélange de sang et de pus, de la consistance, de la coloration et de la forme des caillots, enfin, dans les cas douteux où il n'existe pas de dépôt, des éléments de diagnostic fournis par le microscope et de la recherche de l'albumine, on reconnaîtra qu'avant tout interrogatoire du malade, cet examen est déjà de quelque utilité.