‹ Traité de pathologie générale [electronic resource] (volume 2)Chapitre 10 sur 221 · ACTION DE LA RESPIRATION SUR LA TEMPÉRATURE · texte numérisé non relu

ACTION DE LA RESPIRATION SUR LA TEMPÉRATURE

tion pulmonaire produit en une heure 19gr,625 de vapeur d'eau à la température de 58 degrés.

« La vapeur d'eau ainsi formée emporte au dehors une quantité totale de chaleur égale à 12,15 unités de chaleur, nécessairement empruntée au sang des capillaires pulmonaires et définitivement perdue pour l'économie.

« En résumé, la perte de chaleur, occasionnée à l'homme par le réchauffement de l'air introduit dans le poumon et par l'évaporation pulmonaire, s'élève, dans les conditions de température moyenne de nos climats, à 15,65 unités de chaleur par heure. »

Rosenthal attribue aussi à la fonction pulmonaire une grande importance thermique : la chaleur employée par la respiration et l'évaporation correspondrait à 15 ou 20 pour 100 de la production de chaleur totale.

Ces chiffres paraissent considérables, et si cette action réfrigérante s'exerçait véritablement sur le sang du poumon comme l'admet Gavarret, le sang artérialisé qui se rend au cœur gauche devrait être beaucoup moins chaud que celui des veines pulmonaires et du cœur droit.

Au temps de Lavoisier, on croyait au contraire, à cause de l'action chimique de l'air sur le sang, que le cœur gauche était plus chaud que le cœur droit. Mais, Malgaigne, Cl. Bernard, Haering, Liebig, Wurlitzer reconnurent que le sang du cœur gauche a une température inférieure de 0°,04 à 0°,50. C'est un refroidissement bien minime et presque paradoxal, si Ton pense à la puissance des actions réfrigérantes que nous venons d'étudier. On peut expliquer ce faible chiffre de la façon suivante : l'action de l'air froid ne porte pas directement, comme l'admet Gavarret, sur les capillaires pulmonaires ; la colonne d'air inspirée s'est déjà notablement échauffée en traversant les fosses nasales, le pharynx, le larynx et le conduit trachéo-bronchiquc, et quand elle arrive au poumon, elle a déjà acquis une température voisine de celle du sang de l'artère pulmonaire. Le refroidissement porte donc plus sur les tissus et le sang des voies respiratoires supérieures que sur celui du poumon lui-même.

Mais il y a une autre raison qu'avait entrevue Lavoisier, c'est la combinaison de l'oxygène avec l'hémoglobine du sang pulmonaire ; Gavarret la considérait comme négligeable au point de vue thermique, parce que la combinaison est « instable et faible ». M. Berthelot, au contraire, lui accorde une certaine importance et admet que le dégagement de chaleur fourni par l'oxydation de l'hémoglobine dans le poumon élève notablement la température du sang.

Donc, dans les conditions ordinaires, on peut admettre que le refroidissement pulmonaire est compensé par l'oxydation de l'hémoglobine.

Mais quand la température du sang ou de la surface du corps s élève pour une raison quelconque, pathologique ou expérimentale, c'est alors qu'apparaît véritablement le rôle de la respiration; dans ces conditions on observe toujours, en effet, une accélération respiratoire, une véritable polypnée thermique (Fick, Goldstein). Ce phénomène, déjà

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