IL. GUINON.J
signalé par Ackermann, Goldstein, Mertschinski, Gad, Sihler, a été particulièrement bien étudié par M. Ch. Richet (1884-1887). En échauffant un animal artificiellement, par exemple en l'exposant immobile et attaché aux rayons du soleil, sans entraves à ses mouvements respiratoires, on voit apparaître au bout de quelques instants une polypnée d'une fréquence extrême ; au lieu de 24 à 30 respirations par minute, la respiration monte brusquement k 500 et même 550; elle est régulière, mais d'une petite amplitude. Ce qui prouve le rôle réfrigérant de ce phénomène, c'est que la température de l'animal ne s'élève pas; mais cela résulte surtout de la contre-expérience suivante. On peut, en effet, supprimer ou diminuer cette polypnée qui est évidemment d'origine réflexe par un moyen quelconque : par le curare, qui détruit les réflexes musculaires, ou au moyen de la muselière qui, en empêchant le chien d'ouvrir la bouche, limite le champ respiratoire, ou bien enfin, en faisant respirer l'animal à travers un tube très long fixé à la canule trachéale ; si, dans ces conditions, on l'expose, immobile, au soleil, sa respiration ne monte pas au delà de 100 par minute; mais sa température s'élève en une heure et demie ou deux heures à 45 degrés.
Ce qui démontre encore l'influence hypothermisante de la respiration, c'est que si on enlève la muselière au cours de l'expérience, on voit tout de suite la respiration atteindre 240 et plus par minute, pendant que la température baisse.
M. Richet attribue le refroidissement à l'exhalation de vapeur d'eau: elle est en effet très abondante, car si on met sur la balance un chien en hyperthermie artificielle, on le voit, en même temps qu'il se refroidit, perdre un certain pords qui peut atteindre 11 grammes par kilogramme et par heure, et L'on sait que chez le chien L'évaporation cutanée est très minime.
Action de la sudation sur la température. — On peut dire que la première idée du rôle de la sudation est due à Franklin (1757-1758). Se basant sur une expérience rapportée par Simpson (de Glasgow), qui refroidissait un thermomètre par l'évaporation de l'alcool, ayant lui-même reconnu que l'éther en s'évaporant produit un abaissement considérable de la température, il se demanda si l'évaporation n'était pas une cause de refroidissement du corps.
L'action réfrigérante de la sudation est acceptée depuis cette époque. Les expériences de Blagden et de Fordyce ont montré que l'homme et l'animal supportent beaucoup mieux les hautes températures dans une atmosphère sèche que dans une atmosphère humide ; elles ont été confirmées par Delaroche et Berger (1806) : ces auteurs ont montré que, dans un air sec et très chaud, on résiste beaucoup mieux que dans un air saturé d'eau à une température bien inférieure. Blagden avait pu rester huit minutes dans une étuve sèche à 127 degrés; Berger resta sept minutes dans une chambre à 109 degrés, mais ne put rester plus de douze