‹ Traité de pathologie générale [electronic resource] (volume 2)Chapitre 128 sur 221 · LA MALADIE DE WERLHOFF · texte numérisé non relu

LA MALADIE DE WERLHOFF

de pétéchies, par l'apparition de véritables ecchymoses, par des épistaxis. — L'affection se constitue ainsi plus ou moins rapidement, en vingtquatre heures ou davantage.

L'adynamie augmente; la soif est intense ; des extravasations se font par les diverses voies, nasale, intestinale, rénale, etc. ; des suffusions abondantes, larges, violacées, se montrent à la peau dans les différentes régions. — Le pouls devient de plus en plus petit ; l'hyperthefmie continue, sans subir d'abaissement au moment où se montre le piqueté purpurique, contrairement à ce qui se voit dans les fièvres éruptives à l'heure de l'exanthème.

La mort, dans les cas graves, survient en deux ou trois jours, tandis que, dans d'autres circonstances, les choses traînent en longueur. — Dans ces formes lentes, les prodromes sont moins sévères; les extravasations cutanées, quoique vastes, sont plus espacées; les apoplexies internes sont plus restreintes; la température est peu élevée; elle ne dépasse pas 58 à 59 degrés; elle tarde même à augmenter.

Toutefois, au bout de quelques jours, les pertes de sang deviennent plus fréquentes, plus menaçantes; les ecchymoses apparaissent plus nombreuses, plus étendues. — La fièvre s'accroît; elle atteint quelquefois 40 degrés : l'aspect du malade est alors le même que dans les formes aiguës.

Sous l'influence de ces pertes, sous l'influence de l'hyper thermie ou des actions toxiques attribuables aux sécrétions bactériennes, on voit se développer des dégénérescences viscérales ; ces dégénérescences compliquent singulièrement le tableau pathologique ; elles donnent lieu à des perturbations diverses suivant le parenchyme plus particulièrement touché.

Du milieu de ces types nombreux, on peut dégager quelques entités; une des plus curieuses est celle qui répond à la dénomination de maladie de Werlhoif. — Ce type morbide établi par l'auteur qui lui a laissé son nom, étudié plus tard par Lasègue, peut se résumer en n'énonçant que les données caractéristiques. — Pas de fièvre, pas de malaise prodromique de quelque valeur, pas de complication importante précise. — L'affection débute par une hémorragie plus ou moins intense, rarement énorme, le plus souvent gingivale, quelquefois par une épistaxis, jamais par une hémoptysie, une hématémèse ou toute autre extra vasation splanchnique. Dès le lendemain, le surlendemain, on note une éruption pétéchiale confluente à des degrés divers, occupant d'abord les jambes, les cuisses, pouvant s'étendre jusqu'au tronc, jusqu'aux membres supérieurs, ne siégeant jamais à la face; ces macules ponctuées, indolores, ne blanchissent pas sous la pression du doigt.

Un jour plus tard apparaissent au voisinage des genoux des taches plus larges, des sugillations, des plaques ecchymotiques d'étendue variable, se retrouvant parfois sur la membrane muqueuse de la bouche. — Los pertes ou les suintements sanguins continuent avec une abondance va-

[A. CHARRIN ]

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