LES HÉMORRAGIES DANS LES DIFFÉRENTES MALADIES
riable; suivant l'intensité de ces écoulements, on observe des rejets de matières noirâtres par les selles ou les vomissements, une faiblesse en général peu prononcée, un léger mouvement fébrile, une diminution de l'appétit; quelquefois tout se borne à une courbature sans douleur vraie des membres.
A partir du moment où elle se déclare, l'affection affecte une marche rapide; la guérison se produit du huitième au quinzième jour; la convalescence est assez prompte.
Les viscères ne sont pas à l'abri de ces apoplexies ; il en résulte des phénomènes qui varient avec l'importance, avec le rôle de l'organe atteint ; on note, par exemple, des convulsions, du délire, des paralysies, des contractures, quand il s'agit de l'encéphale; on enregistre de l'amblyopie, de Tamaurose, si la rétine est en cause, ou bien des coliques, des douleurs intestinales, après une entérorragie.
En somme, ce qui caractérise cliniquement la maladie de Werlhoff, c'est le plus souvent la rapidité du début, l'insuffisance des causes apparentes, l'absence de fièvre, primitivement tout au moins. Aucune lésion connue ne peut rendre compte de ce complexus hémorragique ; la brusquerie fréquente des accidents initiaux porte à penser que le système nerveux n'est pas étranger à ces accidents.
La forme hémorragique se rencontre dans bien d'autres types morbides, dans le scorbut, par exemple, dans ce processus caractérisé, en dehors de ses causes spéciales alimentaires ou hygiéniques, par des douleurs des membres, par de la stomatite, de la gingivite, etc. ; cette forme s'observe également au cours des différents typhus, affections épidémiques à courbes thermiques si caractéristiques, au cours de la fièvre jaune, bien vite dépistée grâce à la barre épigastrique ou aux désordres hépatiques engendrés.
Une foule d'entités sont capables de provoquer des pertes hématiques ; dans ce nombre figurent la peste, la malaria, l'ictère grave, la suette, les affections éruptives, la dothiénentérie, la diphtérie ; on trouve également dans cette catégorie la morve, le charbon, le choléra, la syphilis, plus rarement la pneumonie, les oreillons, l'érysipèle, la grippe, etc., les infections à streptocoques, à staphylocoques, à pneumocoques, à bacterium coli ; il est plus exceptionnel d'enregistrer ce phénomène lorsqu'on est en face de processus attribuables à des parasites plus élevés, à des coccidies, à des amibes, à des psorospermies, etc. — Ces extravasations se produisent h la surface ou sous la peau, dans les muqueuses ou dans la profondeur, dans les viscères, le rein, le foie, la rate, le poumon, le cerveau, la moelle ou encore dans les séreuses, dans les muscles, etc.