‹ Traité de pathologie générale [electronic resource] (volume 2)Chapitre 134 sur 221 · RELATIONS MORBIDES · texte numérisé non relu

RELATIONS MORBIDES

Cette forme revêt en somme une mise en scène effrayante, elle a peu de tendance à la fixité ; l'hémoptysie terminée, il reste une zone de bruits adventices qui disparaissent peu à peu; quinze jours après tout est rentré dans l'ordre, du moins jusqu'à la prochaine atteinte.

La fréquence, l'importance jadis attachée aux pertes de sang hémorroïdal avaient fait créer une diathèse hémorroïdaire, variété de la diathèse hémorragique; c'est, en effet, une sorte d'hémorragie intermittente ou périodique qui, au lieu de se produire par l'exhalation simple, à la surface de divers tissus non altérés d'une manière apparente dans leur structure anatomique, s'opère au niveau d'une masse plus ou moins variqueuse placée vers l'anus, à l'extrémité du rectum ; cette masse, ce paquet sont tantôt externes, tantôt internes, tantôt l'un ou l'autre: la procidence est parfois intermittente.

On a émis une foule d'opinions sur la véritable texture de cet appareil; Dupuytren, par exemple, n'y voyait qu'une dilatation; Boyer considérait cette ectasie des veines plutôt comme l'effet que comme la cause des tumeurs hémorroïdales; Récamier tenait ces modifications pour de véritables kystes éreclilcs unis ou multiloculaires, différant du fongus hématode, différant surtout de la distension des veines anales ou rectales qu'il regardait comme de simples varices complètement étrangères à la maladie dite hémorroïdale .

11 n'en est pas moins vrai qu'une certaine liaison existe parfois entre cette prétendue diathèse hémorroïdaire et l'apparition de varices dans diverses régions; il n'est pas inouï de voir coexister ces varices avec ces hémorroïdes; dans quelques cas un gonflement, un écoulement de sang s'observent sur un point de ces dilatations variqueuses; ils semblent alterner avec le flux hémorroïdal, lorsque, pour une cause ou pour une autre, ce flux cesse d'avoir lieu régulièrement. De plus, on voit les enfants d'un hémorroïdaire offrir pour toute tare soit un varicocèle, soit des veines variqueuses développées dans une autre région, mais non dans le rectum.

Aux époques de l'exacerbation fluxionnaire qui, comme une voie de décharge, pousse les fluides sur les tumeurs hémorroïdales, ce n'est pas toujours un flux sanguin, mais parfois un liquide blanc qui s'échappe; cet accident a fait admettre l'expression d'hémorroïdes blanches. Dans quelques cas tout se borne à une tuméfaction évoluant avec plus ou moins de signes d'irritation, de douleur; néanmoins le plus ordinairement on enregistre des symptômes généraux, du malaise, de l'inappétence, de la lièvre, etc., assez habituellement précédés de prodromes divers, céphalée, vertiges, pouls fréquent et plein, peau sèche, météorisme, soif, etc.

On sait le rôle que Stahl et son école faisaient jouer à ce flux hémorroïdal dans les processus vitaux, dans les phénomènes critiques qui contribuent à l'entretien de la santé; en détournant la matière peccante destinée à cheminer par la veine porte, la voie d'entrée des maux, ces processus devaient épargner à la peau les boutons, les ulcères et pré-

PATHOLOGIE GENERALE. — IH. 2e p. 20

[A. CHARRIN ]

Page 1