INFLUENCE DES CENTRES. — ACTION DES NERFS
sortes d'éruptions sanguines. D'ailleurs, même en admettant que telle affection, l'ataxie, par exemple, soit d'essence infectieuse, à l'époque où le tabès bat son plein il ne reste plus guère ni agents pathogènes, ni toxines ; c'est donc la lésion nerveuse qui doit être par-dessus tout incriminée ; c'est la tare anatomique, la pathologie cellulaire qui survivent aux processus chimiques ou parasitaires.
Bien des zones détériorées de la moelle, bien des troncs nerveux intéressés peuvent déterminer des hémorragies; la lésion de ces zones, de ces troncs peut être un ramollissement, une tumeur ou un épanchement sanguin; dans ces cas, par une véritable action réciproque l'hémorragie engendre l'hémorragie.
La physiologie expérimentale fournit des enseignements relatifs aux extra vasations viscérales. — Brown-Séquard a démontré que les détériorations de plusieurs parties du myélencéphale sont suivies à bref délai d'épanchements hématiques dans plusieurs parenchymes; ce sont là des résultats absolument positifs dont nous aurons à tenir compte à propos de chaque viscère ; cependant il ne faut pas les accepter tous sans une certaine réserve. Vulpian a, en effet, remarqué que les ecchymoses observées dans ces conditions au niveau de la muqueuse gastrique rappellent parfois celles qui se rencontrent au sein des infarctus sanguins. « On a pu se demander, dit-il, s'il ne s'agissait pas de véritables infarctus, ayant pour cause soit la formation de caillots dans les artérioles de la tunique interne stomacale, soit l'arrêt des blocs obturateurs dans ces artérioles. » — Cette hypothèse n'offre rien d'impossible ; si l'on songe, d'une part, que les hémorragies les plus précoces se font dans les poumons, que celles des autres viscères leur succèdent au bout d'un temps parfois assez long, si l'on se rappelle, en outre, que dans la plupart des expériences le crâne ou le rachis sont assez largement ouverts, que ces plaies osseuses créent les conditions les plus favorables à l'entrée de particules adipeuses dans les veines, on verra qué la supposition d'embolies graisseuses est toute naturelle; elle servirait peut-être à expliquer les lésions observées par Vulpian ; il convient, du reste, comme nous l'avons montré avec Levaditi, d'admettre que les éléments anatomiques des divers organes, du foie, du rein, du myocarde, etc., disloqués par la dégénérescence, passent par accident dans la circulation. — Une pareille pathogénie ne s'appliquerait, d'ailleurs, qu'à un nombre limité de cas; sa réalisation n'empêcherait pas qu'en règle générale c'est bien la lésion des centres nerveux qui, dans l'espèce, est la véritable cause de ces extravasations ; la structure des parois, l'état dyscrasique du contenu, plus encore les oscillations de la pression interviennent également dans le mécanisme de ces désordres.
A côté de ces pathogénies, de ces causes, prennent place avant tout les artérites chroniques, les anévrysmes miliaires de Bouchard, puis, plus secondairement, les efforts, la digestion, les veilles, les fatigues, les impulsions cardiaques vives, etc.
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