‹ Traité de pathologie générale [electronic resource] (volume 2)Chapitre 139 sur 221 · HÉMORRAGIES ET INTOXICATIONS · texte numérisé non relu

HÉMORRAGIES ET INTOXICATIONS

Les hémorragies cérébrales sont fréquemment accompagnées ou suivies à bref délai d'apoplexie pulmonaire, quelquefois d'épanchements sanguins dans d'autres viscères ; si quelques cas peuvent s'expliquer par une altération générale du système vasculaire, il est loin d'en être toujours ainsi ; le siège fréquent de ces foyers du côté opposé à la lésion hémisphérique montre que cette lésion a une influence sur la production de ces foyers. De plus ces hémorragies cérébrales existent habituellement dans les noyaux gris de la base, c'est-à-dire en un point dont les irritations expérimentales ont fort souvent déterminé des extravasations dans un grand nombre d'organes. — On a également observé ces complications soit à la suite des actions irritatives exercées sur la protubérance, soit après des traumatismes crâniens ; sans préciser exactement leur pathogénie, on doit en somme admettre qu'elles dépendent des altérations encéphaliques.

Ainsi les affections des centres, des hémisphères, de la moelle, deviennent la cause de ces extravasations. — Les mécanismes sont multiples: variations dans la pression, dans la vitesse, troubles trophiques portant, d'après Fontino, jusque sur le cœur. — Les névrites, surtout celles des membres inférieurs aidées par les varices, l'action de la pesanteur aboutissent à ces résultats : c'est à ces névrites ou aux états dynamiques qu'il convient de rattacher ces hémorragies des extrémités décrites par English et qui accompagnées de fièvre, d'angine, de stomatite, etc., rappellent à d'autres égards et l'érythromélalgie et la gangrène de Raynaud, les formes curables ou incurables de Liégeois. — Les névroses en font autant; Fépilepsie agit au moment du raptus de la crise ; l'hystérie facilite les pertes supplémentaires de la menstruation. On sait les anomalies, telles que les larmes, les sueurs de sang, etc., toutes les extravasations possibles causées par ces névropathies ; on sait à quel point ces accidents, que d'aucuns tenaient pour miraculeux, ont à d'autres époques excité la curiosité: on voit, dit Broussais, des pertes par causes morales, par l'effet des passions, des innervations violentes. — On reconnaît donc que les états nerveux, ceux qui s'accompagnent de lésions appréciables tout comme les autres, sont parfois générateurs d'épanchements sanguins.

Les poisons empruntés au monde externe, le mercure, le phosphore, l'arsenic, les composés iodés, sulfurés, hydrogénés, naphtolés, etc., peuvent faire naître tantôt de véritables hémorragies, tantôt des hémoglobinuries; nul n'ignore le purpura hydrargyrique , les ecchymoses intestinales dues au sublimé, plutôt au sublimé passant du sang dans l'iléon ou le csecum qu'à ce sel irritant directement la surface interne.

Lésions du foie, dégénérescence graisseuse de ce viscère, du rein, du myocarde, détériorations du sang, des globules, altérations des parois des capillaires, etc., toutes ces conditions interviennent dans la genèse des hémorragies.

En modifiant les glandes, les organes hématopoïétiques, ces substances, avec elles les venins, quelques principes végétaux, font que l'auto-intoxi-

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