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PRÉDOMINANCE DU FOIE

cation s'ajoute cà l'empoisonnement venu de l'extérieur. — Grâce aux actions vaso-motrices, grâce à la dissolution globulaire, grâce aux oscillations de la pression, les sels, les pigments de la bile, font partie des cléments toxiques qui engendrent l'extravasation ; d'ailleurs les modifications des capillaires, la formation d'îlots télangiectasiques sont chose fréquente chez les hépatiques. — Les poisons de l'urémie en font autant; parmi eux l'urée, d'après Munk, Stefani, Cavazzani, etc., est éminemment constricteur des capillaires.

Le contenu intestinal, les putréfactions gastriques, les agents du botulisme se montrent éminemment propres à faire sortir le sang de ses conduits. — L'asphyxie de la submersion, des affections du poumon, du cœur, etc., provoque des ecchymoses, en particulier dans les séreuses; ainsi entrent en ligne lés maladies des voies respiratoires. — L'arthritique hépatique, hémorroïdaire, diabétique, saigne aisément.

On voit donc les toxiques d'origine externe se montrer hémorragipares, à l'exemple de ceux qui dérivent de la vie de nos cellules ou de l'évolution des bactéries ; en un mot tout ce qui altère le sang, toutes les anémies par infection, par intoxication, par hérédité, par privation, par déperdition, déterminent des pertes hématiques.

Au nombre des processus épidémiques hémorragiques, le scorbut occupe un rang important; les progrès de l'hygiène, la disparition, la rareté des famines ou des alimentations avariées ont à vrai dire rendu ses ravages exceptionnels; dans les camps, dans les prisons, sur les navires, on ne voit plus guère ces abominables détériorations buccales, gingivales, musculaires, ces épanchements hématiques des séreuses accompagnés de dépressions nerveuses intenses, etc. — L'hémophilie qu'on attribue aux troubles humoraux, aux lésions vasculaires, aux influences cérébro-spinales, constitue également un type achevé de ces entités à écoulements hématiques d'ordre familial ; d'autre part le foie tient le premier rang parmi les viscères à titre de générateur de ces accidents dus à la dyscrasie sanguine ou aune fragilité des capillaires, dépendant elles-mêmes d'une tare cellulaire héréditaire.

Le parenchyme hépatique intervient par la bile, par ses pigments, ses sels, ses acides; il intervient par le glycogène en déficit, glycogène nécessaire à la résistance des éléments anatomiques; il intervient par les toxiques qu'il n'atténue pas, lorsqu'il est en souffrance; il intervient à l'aide des infections que ses altérations facilitent; il intervient par les putridités intestinales que l'acholie laisse s'exagérer; il intervient mécaniquement, en faisant apparaître des varices, spécialement des varices œsophagiennes, des dilatations capillaires, des naevi; il intervient dans les cirrhoses, dans le cancer; il intervient, en changeant les conditions physiques de la circulation, en modifiant la crase, la quantité, la qualité de la fibrine, des globules, en se comportant à titre d'organe hématopoïétique, à titre d'organe faisant osciller les principes protéiques.

Les affections du rein déterminent des pertes hématiques surtout

IA. CHARRIN.1

ACTIONS IIÉMORRAGIPARES RÉCIPROQUES.

en élevant la tension, en provoquant l'hypoalbuminurie, la pléthore aqueuse, etc. — La rate est avant tout, pour le contenu vasculaire, un centre de revivifîcation ; la pathologie l'établit peut-être plus que la physiologie; les spléiiomégalies idiopathiques ou secondaires s'accompagnent fréquemment d'extra vasations. — La moelle des os, les ganglions, les amygdales, le tissu lymphoïde réticulé ne se comportent pas autrement — Quant au névraxe, quant au cerveau, quant à la moelle, aux nerfs, au sympathique, on sait avec quelle fréquence ils prennent part à la genèse des épanche ments sanguins.

Les chocs, les contusions, les déchirures, etc., provoquent des lésions locales, des extravasations. Souvent, là encore, les époques, le sexe, la grossesse, une série de facteurs font sentir leurs effets ; citons les associations étiologiques; citons les épistaxis de la puberté, la suppléance menstruelle, les fluxions de la ménopause : le siège de ces pertes descend, avec l'âge, du pôle supérieur de l'économie au pôle inférieur.

Les épanchements revêtent toutes les intensités, toutes les importances; ils occupent tous les points, la peau, le poumon, le tube digestif, les parenchymes hépatique, rénal, splénique, pancréatique, les ganglions, le système nerveux, les organes des sens, les os, le périoste, la moelle, les muscles, les muqueuses, les séreuses. Dans ces muqueuses, dans ces séreuses, dans ces tissus, à la coagulation, à la fonte moléculaire succède, grâce aux voies d'absorption, une prompte résorption; il y a absence d'inflammation ou inflammation, suivant l'état sain ou altéré, au préalable, de ces tissus, suivant le défaut ou la présence des germes; ces germes peuvent engendrer la suppuration, la gangrène : les hémothorax putrides, plus d'une fois en partie causés par le protcus, en font foi.

L'hémorragie facilite donc l'infection, en ce sens que des microbes qui auraient été détruits par les défenses normales, par les phagocytes ou les humeurs bactéricides, évoluent à la faveur de ce lieu de moindre résistance; expérimentalement il est aisé de le prouver. D'ailleurs, placez un parasite atténué dans un muscle, il demeure sans action ; traumatisez ce muscle, réalisez un épanchement : aussitôt ce parasite pullule.

On sait que la réciproque est vraie ; on sait que les processus infectieux sont éminemment hémorragipares ; de même les réactions nerveuses peuvent déterminer des irruptions sanguines dans les centres, dans les hémisphères, irruptions qui à leur tour sont propres à engendrer des foyers viscéraux ou cutanés, symétriques ou unilatéraux, suivant le point intéressé.

Il est facile de poursuivre ce parallélisme des réciprocités. — L'épanchement est à peine terminé qu'on voit s'organiser des néo-membranes ; en retour, ces néo-membranes à capi des friables deviennent le point de départ de nouvelles ruptures, d'enkystements plus ou moins prononcés.

Les causes directes, les causes secondes, les chocs, les pressions, les émotions, etc., agissent en proportion de leur intensité ou du point

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