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RÉGULATION PAR LA CALORIFICATION

tube surchauffé), élève assez rapidement la température de plusieurs degrés et provoque une dilatation vasculaire généralisée de la peau (Frédériçq).

Régulation par la calorification. — Le système nerveux influencé parles agents extérieurs n'agit pas seulement sur les organes de déperdition; il modifie aussi la production de chaleur. Celle-ci varie normalement avec les conditions propres du sujet, avec son poids et surtout sa surface; elle varie avec son état de santé ou de maladie, elle augmente avec les repas et la digestion de 35 à. 45 pour 100 (Frédériçq); elle varie enfin avec les heures de la journée. Il y a en effet des oscillations assez régulières dans la calorification comme dans la température du corps, mais qui ne coïncident pas tout à fait avec cette dernière, si l'on en croit les observations de Langlois qui trouve un maximum à trois heures de l'après-midi, et deux pendant la digestion des deux principaux repas.

Mais la calorification se modifie surtout sous l'influence des changements de température extérieurs qui augmentent ou diminuent la déperdition. Nous avons vu que tout refroidissement brusque de la peau produit un changement de la température centrale; ce phénomène, qui a été attribué à la diminution, ou à l'arrêt de la déperdition, pourrait aussi s'expliquer par l'accroissement de la calorification, comme le prouvent les expériences de M. Richet et de M. d'Arsonval.

Un lapin mouillé, puis séché à l'air, perd beaucoup plus de calories qu'un lapin normal ; avant l'immersion dans l'eau froide, il donne ôca,,690; après l'assèchement, il donne 4cal,390, comme si, pour résister à la déperdition, le système nerveux avait ordonné une production plus grande de chaleur qui se prolonge au delà du temps que dure la déperdition exagérée de calorique (Ch. Richet). Un lapin, dans un calorimètre à la température de 12 degrés, dégage 9 calories à l'heure ; il est immergé pendant quelques secondes dans un bain glacé, puis essuyé et reporté dans le calorimètre. Pendant quinze à vingt minutes, l'animal rayonne moins qu'à l'état normal (6 à 8 calories), puis la therinogénèse augmente et monte graduellement à 12cal,5; cette augmentation persiste pendant deux heures (d'Arsonval).

La calorification devrait a priori augmenter avec l'abaissement de température, et en effet Ludwig, Masje, ont obtenu dans leurs expériences une augmentation de la radiation d'autant plus rapide que la température ambiante est plus basse. Toutefois, d'après Ch. Richet, la radiation des animaux vivants ne suit pas la loi de Newton, d'après laquelle les objets inertes rayonnent d'autant plus que la température est plus basse. 11 faut en effet remarquer que les animaux diminuent le rayonnement en rétrécissant leurs vaisseaux cutanés, quand la température s'abaisse. Quand l'air ambiant s'échauffe de — 2 à -H 14 degrés, le rayonnement va en augmentant. Le maximum de radiation aurait lieu entre -f- 1*2 et -f- 14 degrés; mais à partir de -1-14 degrés, la radiation

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[L. GUINON ]

DE LA FIÈVRE

irait en diminuant, conformément à la loi de Newton, à mesure que la température extérieure s'élève (Ch. Richet) (*).

Ce sont là des faits que nous n'essaierons pas d'interpréter; il suffira de remarquer que radiation et calorification ne sont pas identiques, parce qu'il faut tenir compte de l'état de la circulation cutanée et de la respiration qui peuvent modifier les résultats de la calorimétrie.

Retenons seulement ce fait bien démontré : que tout changement dans la déperdition de calorique entraîne un changement dans la production de chaleur, mais celui-ci arrive assez lentement et surtout il se prolonge au delà du temps pendant lequel a agi la cause perturbatrice.

L'influence du système nerveux sur la régulation thermique avait été remarquée par Cl. Bernard, mais il l'interprétait autrement. Il admettait en effet l'existence de nerfs frigorifiques et de nerfs calorifiques. Le grand sympathique était frigorifique comme le prouvaient les effets de sa résection au cou sur la circulation de l'oreille du lapin ; la corde du tympan était Je type des nerfs calorifiques ; car si on l'excite, le sang de la glande sort plus rouge et plus chaud, tandis que si on excite le sympathique, la glande pâlit et sa température baisse (2). Les modifications de température étaient le résultat de l'augmentation ou de la diminution de l'activité chimique de l'organe.

Comme l'a montré Yulpian, ces phénomènes sont des résultats indirects des modifications fonctionnelles des nerfs, liées plus étroitement à l'activité circulatoire et à l'excès de nutrition qui en résulte; il n'y a pas là d'action thermique spéciale.

Action de la nutrition sur la régulation thermique. — Les origines de la chaleur normale. — Quand l'action thermique extérieure se prolonge ou devient habituelle, alors interviennent deux facteurs nouveaux : les variations de poids du corps et l'obligation de réparer, par un changement de régime, les pertes quand il y en a. Les hommes soumis à de longs froids ont besoin de réserves de chaleur qu'ils entretiennent par une riche alimentation. Une expérience de Ch. Richet démontre que chez un lapin rasé, la température centrale baisse de 0°,48 ; l'animal mange deux fois plus et malgré cela, il n'arrive pas à réparer ses pertes, il maigrit.

Les modifications de l'alimentation correspondent à des changements dans la calorification. C'est qu'en effet nutrition et calorification sont

(*) Chez l'enfant, Langlois a trouvé un maximum de radiation à 18 degrés, et une diminution de 18 degrés à 14 degrés.

(2) Morat (Arch. de physiol., 1893) a repris l'étude de cette question; en excitant soit le sympathique, soit la corde du tympan, il a toujours obtenu une élévation de température. Il admet qu'un nerf thermique est un nerf moteur ou tout équivalent du nerf moteur, nerf sécréteur, par exemple; mais les nerfs thermiques ou moteurs doivent être doublés par d'autres à fonction opposée, capables d'annihiler la fonction des premiers ; ils correspondraient aux frigorifiques de Cl. Bernard*

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