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DE L'INFLAMMATION

sont trop indécises pour qu'une courte formule puisse satisfaire l'esprit. Il faut remplacer la définition par une énumération des principaux facteurs du processus. Cette énumération elle-même différera suivant les idées théoriques de chaque auteur.

Pour Cohnheim : « L'inflammation est la somme des différents processus débutant par la dilatation vasculaire, passant par la margination des leucocytes, pour aboutir à la transsudation de substances solides (diapédèse) cl liquides (exsudats) appartenant au sang. »

Ziegler s'exprime ainsi, en 1889, dans son Traité (Fanatomie pathologique : « La notion inflammation comprend toute une série de phénomènes qui se passent en partie dans l'appareil circulatoire, en partie dans les tissus, se combinant entre eux d'une façon variée. Comme il ne s'agit pas ici d'un phénomène unique, une définition brève et précise de l'inflammation devient impossible. Alors même que l'on ne considérerait comme caractéristiques du processus inflammatoire que certains phénomènes, tels que ceux qui se passent dans l'appareil circulatoire, leur définition n'épuiserait nullement la notion de l'inflammation. »

Cornil et Hanvier définissent l'inflammation « comme une série de phénomènes observés dans les tissus ou dans les organes, analogues à ceux produits artificiellement sur les mêmes parties par l'action d'un agent irritant physique ou chimique ».

Brunit (1884) critique les définitions de ses prédécesseurs et trouve (pie celle de Cohnheim, qui est encore la meilleure, ne s'adresse qu'à des inflammations d'un certain ordre. Pour comprendre tous les faits il propose la formule suivante : « L'inflammation comprend l'ensemble des phénomènes dont les éléments anatoiniques, les tissus ou les organes sont le siège quand ils sont soumis à l'action de substances qui ne sont ni assimilables ni utilisables, soit pour la nutrition soit pour la fonction. » Cette définition, la plus large qui ait été donnée, puisqu'elle fait rentrer dans l'inflammation tous les phénomènes dégénératifs aigus des cellules, est séduisante, mais, comme l'avoue son auteur, « une telle définition est trop vague, elle est presque la négation de l'inflammation considérée en général ». Pour Brault, l'inflammation chronique est « absolument indépendante de toute altération vasculaire ». La doctrine de Brault se rattache assez directement à celle de l'inflammation parenchymateuse de Virchow.

Pour Sachs, il y a plus de cinquante ans, pour Buchner, pour Neumann, l'inflammation devient une réaction salutaire contre une cause nuisible quelconque. Ce sont les précurseurs de Metchnikoff qui dit : « L'inflammation doit être envisagée dans son ensemble comme une réaction phagocytaire de l'organisme contre les agents irritatifs, réaction qui tantôt s'accomplit par les phagocytes mobiles seuls, tantôt avec le concours des phagocytes vasculaires ou celui du système nerveux ». Nous avons déjà discuté la théorie de Metchnikoff; quand l'agent irritatif est soluble, le phagocytisme ne peut s'accomplir que secondairement pour déblayer la

ÉTIOLOGIE DE L'INFLAMMATION.

région enflammée des débris cellulaires ; le phagocytisme ne peut être l'inflammation elle-même.

Letulle cherche à être aussi vague que possible : « Toute injure mécanique, infectieuse ou toxique, produisant, dans l'intimité des tissus, une série successive de lésions dégénératives et réactionnelles, doit être considérée comme cause inflammatoire ; l'ensemble des désordres anatomiques ainsi créés constitue l'inflammation. »

Énumération des idées qui dirigeront la rédaction des chapitres suivants. — Nous plaçant plus spécialement au point de vue de l'étiologie, de la pathogénie et de la physiologie pathologique de l'inflammation, nous dirons : l'inflammation, dont les causes apparentes sont des irritations : mécaniques, thermiques, toxiques ou infectieuses, est, en réalité, dans tous les cas, un processus réactionnel de V organisme contre une intoxication locale due à une substance soluble. Ce poison soluble engendre des phénomènes de dilatation vasculaire, de stase sanguine, d'exsudation plasmatique, de diapédèse des globules blancs, d'accumulation de ces leucocytes dans le point lésé, d'irritation des éléments fixes des tissus ; la réaction se produit donc aussi bien par les cellules fixes que par les cellules migratrices. Suivant les cas, les cellules irritées feront de la phagocytose ou des sécrétions de substances défensives, ou le tout à la fois; par contre, les cellules migratrices pourront même parfois disséminer malencontreusement les agents infectieux. L'inflammation se terminera, suivant la nature ou la dose du poison soluble irritant, suivant l'activité de la défense, par une guérison complète (résolution), une organisation fibreuse (cicatrisations, sclérose), une mort en masse des cellules irritées (suppuration), ou des phénomènes dégénératifs (caséification, gangrène, etc.).

Cette énumération d'idées sera justifiée dans la suite de cette étude et nous tiendra lieu de définition.

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