‹ Traité de pathologie générale [electronic resource] (volume 2)Chapitre 168 sur 221 · IV. — ROLE DES CELLULES FIXES DES TISSUS · texte numérisé non relu

IV. — ROLE DES CELLULES FIXES DES TISSUS

Nous avons expliqué antérieurement que Virchow et son école, en créant la pathologie cellulaire, avaient fait de l'inflammation le synonyme de réaction et prolifération des cellules fixes des tissus ; les phénomènes vasculaires, le rôle des leucocytes, avaient été par eux complètement méconnus. Cohnheim, édifiant une théorie aussi absolue en sens inverse, refusait, quelques années plus tard, toute importance aux réactions cellulaires des tissus dans l'inflammation; pour lui, les troubles vasculaires et la diapédèse des leucocytes constituaient toute l'inflammation. Nous avons déjà eu l'occasion de dire qu'à l'heure actuelle, chacune des deux théories est considérée comme contenant une part de vérité. Ayant examiné le rôle du leucocyte dans le mécanisme de l'inflammation, il nous faut donc maintenant jeter un coup d'oeil sur celui des cellules fixes. Cette question étant presque complètement anatomique et devant être traitée par Letulle, nous serons des plus brefs.

Les cellules fixes et spécialement les cellules conjonctives ne restent pas passives dans l'inflammation; dans l'expérience de Cohnheim ellemême, les cellules péritonéales subissent l'irritation phlogogène. D'une façon générale, on peut dire que les cellules conjonctives sont en proie à une hypertrophie aiguë bientôt suivie de prolifération et de karyokynèse, et à une suractivité fonctionnelle considérable. Elles prennent donc une part certaine à la formation des cellules très jeunes, presque uniquement composées d'un noyau, qui encombrent le foyer inflammatoire et qui ne sont pas toutes des lymphocytes. Ce sont elles qui forment la charpente du tissu de granulation, ce sont elles qui font le tissu de cicatrice, qui engendrent les scléroses, etc. On verra plus loin le rôle considérable des cellules conjonctives clans la production des globules du pus. Les cellules endothéliales prennent également part aux phénomènes anatomiques de l'inflammation. Pour certains auteurs, il y aurait même de véritables inflammations parenchymateuses auxquelles prendraient directement part les cellules les plus différenciées des parenchymes.

Au point de vue spécial qui nous occupe, rappelons que plusieurs cellules fixes sont douées de propriétés phagocytaires (macrophages), qu'elles sont peut-être, tout au moins en succombant, l'origine d'un? partie du fibrinogène des exsudats. Nous ne sommes pas bien au courant des substances qu'elles peuvent sécréter et déverser dans le foyer inflammatoire; il est fort probable néanmoins qu'elles fabriquent une partie des substances bactéricides ou antitoxiques ; nous sommes sûrs qu'elles peuvent être l'origine de produits solubles pyrétogènes et chimiotactiques.

DE L'INFLAMMATION

Le rôle des cellules fixes des tissus est donc considérable dans le foyer inflammatoire.

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