‹ Traité de pathologie générale [electronic resource] (volume 2)Chapitre 169 sur 221 · Y. — MÉCANISME DES SYMPTOMES LOCAUX ET GÉNÉRAUX · texte numérisé non relu

Y. — MÉCANISME DES SYMPTOMES LOCAUX ET GÉNÉRAUX

Les phénomènes locaux s'expliquent facilement par les connaissances acquises dans les chapitres précédents. La tumeur inflammatoire est le résultat de l'hyperémie, de l'exsudation et des proliférations cellulaires. La douleur est due à la compression des extrémités n3rveuses par la tumeur, et aussi, dans certains cas, à des altérations anatomiques ou physiologiques des nerfs. La rougeur est témoin de l'hyperémie .

On a discuté davantage sur l'origine de la chaleur locale. L'existence d'une élévation de température autour des foyers inflammatoires n'est pas contestable (r) ; le thermomètre en fait foi. Peter et bien d'autres ont insisté sur ce point, et l'on a même voulu en faire un moyen de diagnostiquer les inflammations profondes. Comment expliquer cette élévation delà chaleur locale?

limiter avait déjà conclu, d'observations faites sur l'homme et d'expériences exécutées sur l'animal, que la température locale s'élève dans le foyer inflammatoire, mais ne dépasse jamais la température du sang des viscères; elle serait due simplement à l'hyperémie, à un afflux abondant du sang chaud venu des organes centraux. C'était aller contre les idées du temps qui supposaient une production locale de calorique.

En 1838, Breschet et Becquerel introduisent dans l'observation des chaleurs locales l'emploi de l'exploration thermo-électrique. Simon, Weber, constatent que le sang veineux est plus chaud à la sortie du foyer inflammatoire que le sang artériel d'arrivée et que tout autre sang veineux ou artériel. C'était ruiner la théorie de Hunter. Mais, Laudier, Jacobson, Bernhardt, se servant de procédés plus perfectionnés, montrent que la température de la plèvre et du péritoine enflammés est toujours inférieure à celle du cœur, et que tout foyer d'inflammation est moins chaud que le sang qu'il reçoit. Les expérimentateurs ne sont pas d'accord. Roser continue à admettre une production de chaleur locale, Maximow la rejette. Si l'on coupe le grand sympathique cervical, la température de l'oreille du lapin monte considérablement ; elle monte encore plus si on l'enflamme ; cependant; si on lie une partie des artères afférentes, l'inflammation ne fait plus monter la température.

Nous conclurons d'après les grandes lois de la physiologie que la chaleur locale a une double origine : l'afflux exagéré du sang mais aussi l'activité cellulaire exagérée qui se passe dans le foyer inflammatoire.

Il est peu de lésions inflammatoires qui ne s'accompagnent pas de

(l) Nous ne parlons ici que des animaux à sang chaud.

Page 1