‹ Traité de pathologie générale [electronic resource] (volume 2)Chapitre 183 sur 221 · II. — GANGRÈNE · texte numérisé non relu

II. — GANGRÈNE

Certaines inflammations se compliquent assez fréquemment de gangrène: toute gangrène n'est pas fatalement la conséquence d'une inflammation. La gangrène n'est donc pas une inflammation comme la suppuration, mais bien un processus spécial, non inflammatoire, se surajoutant parfois aux lésions inflammatoires. Je ne devrais donc étudier ici qu'une assez faible partie des gangrènes, mais le plan de l'ouvrage nous impose de traiter à cette place la gangrène en général, inflammatoire ou non.

Disons de suite que le chapitre Gangrène tel qu'il est délimité aujourd'hui est destiné à être démembré dans les traités de pathologie générale. On classe sous la dénomination de gangrène les phénomènes les plus disparates; de simples troubles nutritifs, trophiques, y coudoient des inflammations ; un spasme vaso-constricteur se rencontre avec une septicémie gangreneuse. Aussi la seule définition possible est-elle la suivante : on désigne sous le nom de Gangrène la mortification limitée de tissus vivants, s' accompagnant ou non de putréfaction. Cette définition a ie seul avantage d'éliminer les phénomènes de cadavérisation (mortification de la totalité des tissus morts). Nous allons passer en revue les différentes gangrènes, en laissant de côté les problèmes anatomo-pathologiques dévolus à Letulle.

Nous serons brefs sur l'histoire des nombreux travaux ayant trait aux gangrènes. A la fin du xvie siècle, Fabrice de Hilden publie un traité fort

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