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FIÈVRES INFECTIEUSES OU TOXI-MICROBIENNES

La fièvre infectieuse est de beaucoup la plus commune et sa pathogénie a subi tous les progrès et toutes les variations de nos notions sur l'infection (voy. Charrin, t. II). Quand la théorie microbienne fut établie, on attribua la fièvre à la pénétration et à l'envahissement de l'organisme par

PATHOGÉNIE DE LA FIÈVRE

les microbes. Mais quand on eut reconnu l'existence des produits toxiques dans les cultures, quand on put les isoler, on vit que la fièvre, comme la plupart des autres troubles causés par l'introduction de ces produits dans l'organisme était identique à celle qu'entraîne l'inoculation des microbes eux-mêmes. La fièvre n'était donc plus purement microbienne, mais toxique ou toxi-infectieuse. Et, en effet, comme le dit M. Bouchard, la maladie n'est fébrile que parce qu'elle est toxique.

Ce progrès si considérable était un retour à d'anciennes idées dont les expériences de Seybert (1758), de Gaspard (1822), de Panum (1874), de Bergmann et Schmiedberg sur les produits de la putréfaction avaient fait la base. Biilrotb et Husschmidt, 0. Weber (1864) obtenaient la lièvre eu injectant aux animaux du liquide ieboreux ou du pus; Chauveau produisait les mêmes effets au moyen de liquides putrides, stérilisés par réchauffement à 100 degrés, mais non filtrés.

Parallèlement, la nature toxique de la maladie infectieuse pressentie par Toussaint (15 avril 1878), Chauveau (10 novembre 1879), recevait un commencement de preuve des expériences de Pasteur sur le choléra des poules (7j mai 1800) et une démonstration indubitable des recherches de M. Bouchard (novembre 1884) sur l'urine des cholériques, de Charrin (5 mars 1887) sur la pyocyanine, de Roux et Chamberîand (25 décembre 1887) sur le vibrion septique. Les recherches de Gautier, de Selmi, de Brieger avaient préparé l'étude des toxines microbiennes. Gianetti et Corona constataient la propriété thermogène des ptomaïnes cadavériques, solubles dans l'éther. Brieger avait produit la fièvre avec un alcaloïde retiré des viandes putréfiées, la mydaléine (dont l'origine microbienne n'est cependant pas certaine).

Serafini, en 1887, établit que les cultures stérilisées du bacille de Friedlander déterminent l'hyperthermie chez le chien. Gamaleia fait la même observation pour le bacille de la morve, le bacillus prodigiosus; dans leurs expériences, ils introduisaient à la fois les bactéries mortes et leurs produits.

La première démonstration précise est donnée par Charrin et Ruffer (26 janvier 1889). Ils reconnaissent d'abord que les extraits de viande et. les bouillons de culture sont pyrétogènes. « On ne saurait en être surpris, puisqu'ils contiennent des substances chimiques de l'ordre de celles que produit la cellule bactérienne anaérobie, leucomaïnes, produits de combustion incomplète, matières extractives, etc., aptes, en atteignant les cellules normales ou le globule blanc, à faire déverser dans le sang les ferments pyrétogènes que ces cellules tiennent en réserve. » (A. Gautier.)

Quand les bouillons ont servi à la culture de certains microbes, ils produisent une hyperthermie plus durable. Les expériences de Charrin et Ruffer ont porté sur quatre séries de lapins, chaque série comprenant trois animaux; ceux de la première série ont reçu, en injection souscutanée, le bouillon pur stérilisé semblable à celui dans lequel avaient été faites les cultures du bacille pyocyanique ; ceux delà deuxième série,

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