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L'ÉVOLUTION DE LA FIÈVRE

c'est une diaphorèse chaude, congestive, bien différente des sueurs froides et visqueuses qui présagent l'agonie (À. Chauffard).

On voit aussi des éruptions, dont la plus fréquente est l'herpès, des hémorragies, des épistaxis.

La diarrhée signalée par les anciens est plus une complication fâcheuse qu'un phénomène critique. Alais les éléments vraiment caractéristiques du syndrome critique, sont la débâcle urinaire ou polyurie critique, la crise hématique et la perte de poids.

La polyurie critique est parfois très considérable, elle est courte dans la pneumonie, se prolonge jusqu'à quinze jours dans la lièvre typhoïde; la densité augmentée (1025-1050) indique bien qu'il ne s'agit pas d'une simple hydrurie mais d une élimination abondante de matériaux. Bien que les recherches ne concordent pas absolument sur leur nature, elles affirment au moins un fait constant, c'est la proportion considérable de matières solides que contient l'urine des convalescents (proportion qui, d'après A. Robin, atteint jusqu'à 65 et 89 grammes par vingt-quatre heures, dans les jours qui précèdent la défervescence de la fièvre typhoïde) . L'urée atteint parfois des proportions considérables dans la crise pneumonique (Parker, Lecorché et Talamon) et surtout dans les jours suivants (Jaccoud); les chlorures augmentent aussi particulièrement dans la pneumonie. Mais on constate surtout une décharge énorme de matériaux extractifs comme dans la lièvre typhoïde (A. Robin). Le coefficient urotoxique des urines augmente parallèlement dans des proportions considérables, puis il décroît les jours suivants (Bouchard, Roger et Gamne).

La crise urinaire rejette au dehors tous les produits inutiles ou nuisibles que le trouble de la nutrition, la sécheresse de la peau, la paresse de l'intestin, l'insuffisance du rein ont retenus dans le corps (1).

Le sang présente pendant ce temps des modifications importantes qui tendent à renouveler les globules et à leur donner leur valeur normale. On sait, en effet, que pendant la fièvre, le nombre des hématies diminue beaucoup ; au moment de la défervescence, on voit les hématoblastes se multiplier brusquement et atteindre, quand la température est devenue normale, une proportion considérable, 1 hématoblaste pour 6 ou 8 hématies au lieu de 1 pour 20, chiffre normal. Quand la défervescence est brusque, la poussée hématoblastique se fait en deux ou trois jours ; elle se prolonge plus longtemps dans les défervescences graduelles ou chez les sujets affaiblis (Hayem).

Enfin la crise terminale des fièvres se complète par l'amaigrissement qui résulte de l'élimination violente des déchets ; la perte de poids atteint plusieurs kilogrammes chez l'adulte ; Lorrain a vu un pneumonique perdre 4 kilogrammes en vingt-quatre heures.

(') On peut modifier la crise éliminatoire de certaines pyrexies, parle traitement, en augmentant l'élimination toxique pendant la maladie, comme le font les bains froids dans la fièvre typhoïde (Roque et Weill). Par ce moyen, le coefficient urotoxique est élevé pendant l'hyperthermie, la quantité d'urine est abondante, mais, au moment de l'apyrexie la polyurie est modérée ou égale à celle de la période fébrile, et le coefficient urotoxique redevient normal.

[L. GUINON 1

DE LA FIÈVRE

Tous ces phénomènes ne sont pas les agents de la guérison, comme on l'a cru autrefois; ils ne la préparent pas, ils raccompagnent, la manifestent et la complètent.

Les phénomènes critiques mériteraient donc beaucoup mieux le nom

de post-critiques.

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