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LE ROLE DE LA FIÈVRE DANS LA MALADIE

L'étude précédente a suffisamment montré que la fièvre est constituée par une élaboration anormale de la matière, par la combustion d'une plus grande quantité de matériaux, avec oxydation incomplète; il y a accélération dans la destruction et dans la désassimilation suivant un type anormal. Ce travail produit l'hyperthermie qui, à son tour, trouble ta nutrition.

« C'est par son action sur la vie des tissus qu'il faut juger la signification de la fièvre, son utilité et ses dangers. Notre époque ne voit que les inconvénients de la fièvre; les anciens, au contraire, sans méconnaître ceux-ci, entrevoyaient dans la fièvre son utilité; c'est qu'ils prenaient et jugeaient la fièvre en bloc. » (Bouchard.)

La Doctrine hippocratique y voyait un effort de la nature médicatrice , un phénomène réactionnel et curât if qui en activant la respiration et le mélange du sang avec l'air, facilitait la coction, destinée à modifier la substance morbifique. Cette coction elle-même facilitait l'élimination des matières peccantes par les émonctoires (Cheinisse). Mais on oublia ce rôle d'ailleurs hypothétique ; l'Ecole organicienne ne vit plus dans la fièvre qu'un effet de l'inflammation; et tous les efforts se portèrent sur celle-ci.

Pendant quelque temps donc (courte période, il est vrai) la fièvre devint, dans la préoccupation des médecins, un élément négligeable. Avec l'usage de la thermométrie clinique, elle reparut au premier plan de l'étude de la maladie, mais sous les espèces nouvelles de la température. Alors, on ne vit plus que le niveau de la colonne thermométrique; les statistiques de Liebermeister y contribuèrent en identifiant le pronostic à l'élévation thermique. Par une conséquence naturelle la fièvre perdit aux yeux des médecins son rôle réactionnel et combatif (en quelque sorte) el il vint un moment où Hirz put dire que « loin d'être un bienfait elle est toujours un mal, souvent un danger, et quelquefois la seule cause de la mort ».

N'y a-t-il pas là quelque injustice? Tout en faisant la part des dangers incontestables des hautes températures prolongées, et des lésions destructives qu'elles engendrent, n'y a-t-il pas dans la fièvre quelques éléments utiles? Les changements profonds qu'elle apporte à la nutrition n'ont-ils pas d'heureux résultats? C'est ce qu'il s'agit de détermine]', et pour cela.

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