LES TROIS PARTIES DU REIN
cipes colorants, le chlore, l'acide pliosphorique assez souvent varient ; le sang, l'hématurie s'ajoutent de temps à autre à ces variations; par-dessus tout la perméabilité du tissu appréciée en examinant la sortie de médicaments ou des couleurs d'aniline, en mesurant la toxicité de cette sécrétion, se trouve compromise.
En me basant sur l'embryogénie, sur le développement, sur l'anatomie comparée, sur l'histologie, sur la physiologie, j'ai montré qu'on pouvait distinguer dans le rein trois parties : en premier lieu les tubes collecteurs, sortes de canaux excréteurs rappelant le cholédoque, le conduit de Stenon, de Wirsung, en second lieu les tubuli contorti, véritable réseau glandulaire, enfin les glomérules organisés en vue de la filtration facilitée et par l'enroulement des anses et par le double système porte environnant. Or, on conçoit sans peine combien les fluctuations de la pression, de la vitesse, résultats de l'encombrement hématique, sont capables d'influencer l'osmose dans les bouquets glomérulaires, même dans la zone des tubes à épithélium de Malpighi, attendu que nul n'ignore la part qui revient ordinairement à la vaso-dilatation, à l'afflux sanguin dans le fonctionnement des glandes; à ne considérer que le seul facteur rapidité ou lenteur du courant, Runeberg a mis en lumière sa haute importance vis-à-vis du phénomène de l'albuminurie.
Dès lors, comme telles hyperémies modifient le jeu de l'organe dans le sens de l'affaiblissement, comme ordinairement elles créent un obstacle propre à s'opposer dans une mesure variable au passage des poisons multiples que l'urine conduit à l'extérieur, on entrevoit de suite à quel point ces hyperémies favorisent les accidents autotoxiques ; ces accidents se traduisent par des troubles respiratoires, nerveux, digestifs, cutanés, circulatoires, par des bronchites, des œdèmes, des congestions pulmonaires, par du délire, du coma, des convulsions, des paralysies, par des entérites parfois ulcéreuses, par des éruptions, par des épanchements dans les séreuses ; ils déterminent aussi soit des élévations de pression que la rétention de l'urée, corps éminemment vaso-constricteur, d'après Munk, Stefani, Cavazzani, Chiarruttini, explique en partie, soit des hypertrophies, des dilatations, des dégénérescences du myocarde, etc. Tous les appareils, l'organisme entier, les tissus solides ou liquides, les humeurs, le sang, la lymphe, les sécrétions, peuvent subir les effets de ces principes nuisibles, dont un afflux hématique trop abondant empêche, partiellement au moins, le passage au travers du rein.
A ces mécanismes pathologiques s'ajoutent d'autres perturbations qui dérivent de l'insuffisance de certaines fonctions de ce viscère rénal ; ce viscère, comme tendent à l'établir des recherches récentes de Brown- Séquard, de Meyer, etc., semble, en effet, devoir prendre place au rang des glandes internes.
Néanmoins, en dépit de ces troubles, les inconvénients, conséquences des congestions du foie, sont assurément plus considérables que ceux qui reconnaissent pour base des apports sanguins trop intenses au sein du
HYPERÉMIES DU FOIE; LEUR IMPORTANCE. — TOXINES, ETC. — PUS STÉRILE. 217
parenchyme urinaire ou des départs trop restreints du liquide hématiquc collecté dans ce parenchyme. A elles seules, la fréquence, la durée de ces congestions du foie, leur assurent une prééminence marquée, sans parler de la haute dignité physiologique de cette glande abdominale.
L'infection est de beaucoup la cause la plus fréquente de ces hyperémies; elle intervient par des procédés multiples, dont à coup sûr plusieurs demeurent inconnus. — On peut invoquer, en premier lieu, ce fait, à savoir que dans le foie, ainsi que tendent à l'établir des expériences de Charrin et Duclert, existent des principes favorables à l'évolution des germes; ces principes sucrés ou autres sont recherchés et par les bactéries et par des parasites plus élevés, les coccidies, les grégarines, les amibes, etc., qui acquièrent en pathologie une place de plus en plus étendue. On peut invoquer, en second lieu, cette donnée qui nous apprend que les fermentations intestinales sont généralement accrues durant les pyrexies; or, les produits de ces fermentations, qui échappent à l'action de la muqueuse, se déversent avant tout dans le tissu hépatique destiné à subir leur influence irritative.
À l'aide des toxines, il est, du reste, aisé de réaliser ces congestions, d'actionner la sécrétion biliaire, de faire varier la teneur en glycogène, généralement dans le sens de la diminution, comme l'ont constaté d'Àmato, Yiolla, Charrin, etc. Si ces modifications sont quelque peu intenses ou durables, si ces toxines interviennent d'une manière marquée, à l'hypcrémie fait suite la dégénérescence.
Des parasites plus élevés que les bactéries, tœnias, psorospermies, etc., sont capables de troubler la circulation hépatique, pour une part, directement, à la façon de corps étrangers; moins souvent que les microbes ces êtres, si on ne les éduque pas, agissent indirectement, par leurs sécrétions; c'est là, d'ailleurs, ce qui distingue la pathogénie des perturbations qui leur sont dues du mécanisme des processus qui relèvent de l'intervention de ces microbes : avec Ostrowsky, j'ai clairement établi et les différences rapprochant et les analogies séparant cette pathogénie de ce mécanisme.
Le foie, au cours des fièvres, reçoit en général une série de germes, plus encore d'éléments toxiques issus de l'intestin, phénomène plus manifeste encore sous certaines latitudes, dans les pays chauds, que dans nos régions; dans le vomito negro, dans le choléra, dans la dysenterie, ces accidents conduisent à des désordres qui dépassent assez fréquemment le stade de congestion pour aboutir à la dégénérescence, parfois à l'abcès. — Il serait facile de faire intervenir, à propos de ces acuons climatériques, le rôle de la lumière, de la température, de l'aération sur l'évolution des cellules; nul n'ignore que ces agents atmosphériques sont aptes à influencer la karyokinèse, la disposition, les mouvements des granulations, etc.
On sait qu'il est possible de créer des collections purulentes, tout au moins expérimentalement, sans le secours d'un agent vivant; d'autre
PATHOLOGIE GENERALE. — III, 2e p. 15
[A. CHARRIN!