FLUXIONS HÉPATIQUES ET AUTO-INTOXICATIONS, MATHÈSES, ETC
part, nul n'ignore la stérilité relativement commune de ces suppurations du tissu hépatique, stérilité à la vérité qui peut s'expliquer par la disparition des germes sous l'influence soit de l'ancienneté, soit des matières empêchantes, des substances bactéricides ou du défaut partiel d'aliments, etc. ; nul n'ignore également que cette glande, en raison des origines intestinales de la circulation porte, est celle qui reçoit la plus grosse part d'éléments irritants : dans ces conditions, on se demande, si, en dehors des infiniment petits, en dehors des amibes, il ne se rencontrerait pas, parmi ces éléments irritants, quelque composé capable d'engendrer d'abord la phase hyperémique pour conduire ensuite à la purulence.
Les causes propres à déterminer dans cet organe un afflux sanguin par trop considérable sont véritablement et nombreuses, et, pour quelquesunes au moins, fort curieuses.
Au cours des infections ce parenchyme travaille à annuler une série de produits issus de la vie des microbes ou de celle des cellules; on connaît, depuis les recherches de Heger, de Schiff, recherches qui remontent à 1875, même au delà, ce rôle anti-toxique du foie. Aujourd'hui, à mesure que nos connaissances relatives aux processus toxiques se sont développées ou plutôt se développent, aujourd'hui nous voyons s'étendre l'importance de ces défenses anti-toxiques ; l'histoire des sérums, du corps thyroïde, des capsules surrénales, de l'épithélium intestinal, comme je l'ai prouvé avec Cassin et Levaditi, démontre clairement cette affirmation.
A elle seule, l'hyperthermie occasionne un mouvement fluxionnaire au sein de ce viscère. — On sait, depuis Cl. Bernard, que le sang le plus chaud, en dehors peut-être de celui qui circule dans les parois duodénales, n'est autre que celui des veines sus-hépatiques. Or, à l'état pathologique, on constate une simple exagération de ces données normales; des mensurations pratiquées par d'Arsonval et moi, à l'aide d'un appareil thermo-électrique, le prouvent nettement.
Il est plus que probable que notre ignorance relativement au rôle du foie dans l'histoire des infections est encore considérable; il est plus que probable que cette congestion si fréquente durant ces infections, si régulière au point d'être considérée comme une règle, reconnaît des motifs à peine soupçonnés. — J'ai pu réaliser l'immunité, à la suite de l'ablation de la rate, du corps thyroïde, de l'un des reins, etc. ; j'ai échoué, après avoir fortement lésé le parenchyme biliaire; d'autre part, l'énervation de cet organe, la ligature de ses lymphatiques, si j'en crois quelques essais rudimentaires, tendent à faire fléchir la résistance. — Ajoutons que les propriétés vaso-motrices des sécrétions microbiennes, propriétés mises en lumière par le professeur Bouchard, par Gley et Charrin, par Arloing et Couraient, par Boyon et Morat, etc., interviennent dans des mesures variables pour provoquer des flux sanguins.
A la suite des découvertes de Cl. Bernard on a fait jouer un rôle consi-