‹ Traité de pathologie générale [electronic resource] (volume 2)Chapitre 64 sur 221 · HYPERÉMIES LOCALISÉES : CŒUR, POUMONS · texte numérisé non relu

HYPERÉMIES LOCALISÉES : CŒUR, POUMONS

l'autre cède, grâce à quelques analogies fonctionnelles, a la genèse des pro-ferments, etc., la rate actionne le foie et le foie agit sur la rate.

La bacillose trouve sa place parmi les agents propres à faire naître ces hyperémies spléniquos, quelque peu en raison des lésions enregistrées chez l'adulte, mais surtout à cause des altérations présentées par le nouveau-né; dans les premiers mois de l'existence, à l'exemple de ce qui se passe chez le cobaye, chez une foule d'animaux, le bacille de Koch provoque de préférence des altérations abdominales. Plus tard on rencontre des splénomégalies mal connues dans leur genèse ; cependant certains faits sont acquis; à cet égard il n'est que juste de rappeler les augmentations indiquées par Charrin et Guillemonat chez des femelles pleines.

On est loin d'être absolument fixé sur les fonctions de cette pulpe de la rate; on lui confère des attributs hématopoïétiques ; quelques auteurs placent en elle le centre de formation de l'urée. — Il est reconnu aujourd'hui que ce corps prend naissance un peu partout, principalement dans le foie. Il est également reconnu que bien des éléments, la moelle osseuse est du nombre, ont action sur les globules rouges, sur les blancs, sur la composition du liquide hématique; néanmoins, les hyperémies de la gangue splénique, au cours de plusieurs états d'anémie, indiquent des relations entre ce tissu et la teneur du contenu vasculaire, surtout au point de vue de sa richesse en hémoglobine.

Si à une période avancée les fluxions sanguines en général entravent le jeu des appareils, au début une véritable excitation peut se produire. C'est ainsi que le parenchyme hépatique, dans ces conditions, tend à produire plus de sucre; c'est ainsi, d'autre part, que la glande thyroïde fait apparaître les phénomènes de l'affection de Basedow ou que les capsules surrénales élèvent la pression sans aucune mesure.

Le tube digestif peut être le siège de congestions actives ou passives, très variables en fréquence, en intensité, suivant les zones de cet appareil. — Au niveau de la cavité bucco-pharyngée, l'infection sous toutes ses formes, depuis les fièvres éruptives jusqu'à la syphilis, depuis les affections primitives jusqu'aux déterminations secondaires si communes dans ce territoire, amène la rougeur, le gonflement de la muqueuse, avec modifications thermiques, sensitives, motrices, calorifiques, sécrétoires, etc. ■ — Les agents innombrables, bactéries, champignons ou autres, parasites de ces surfaces, en pullulant, en fonctionnant, occasionnent des changements vasculaires ou cellulaires qui aboutissent aux stomatites, aux angines, à des pharyngites pourvues ou dépourvues d'exsudats, à des processus inflammatoires dont la congestion n'est que le premier stade. Ces désordres sont directs ou quelquefois réflexes, à la façon de ceux qui, d'après Goltz, engendrent les excitations du glossopharyngien.

D'un autre côté, les solides, les liquides, les aliments, les médicaments, les gaz, irritants ou trop chauds, provoquent également des acci-

[-4. CHARRIN.}

Page 1