STASES THORACIQUES; MÉCANISME RÉFLEXE ; CAUSES DIVERSES
foule d'actions dont le point de départ est dans le névraxe, le cœur, les vaisseaux, la peau, les poumons, l'appareil urinaire ; il est, en retour, le territoire d"où proviennent une infinité d'effets nerveux ou toxiques, amenant des hyperémies cérébrales, bronchiques, alvéolaires, etc.
Quiconque étudie les variations de la masse sanguine des viscères de la cavité thoracique s'aperçoit que ces variations sont naturellement beaucoup plus accentuées dans le système respiratoire que dans l'appareil cardiaque.
Au point de vue congestif le myocarde assurément a sa part, surtout à l'heure des fatigues, des intoxications, des infections, des influx bulbaires ou médullaires excessifs, surtout à la suite des lésions du péricarde ou de l'endocarde, surtout au début des inflammations générales. Il est, en effet, certain qu'un fonctionnement trop accentué, qu'un travail trop prolongé, que des échanges trop marqués, qu'une influence rhumatismale, etc., agissent sur ce muscle plus que sur l'ensemble des faisceaux striés ; d'autre part, nul n'ignore le nombre, la portée des changements vasculaires placés sous la dépendance de cet organe.
Le médecin sait la fréquence des congestions du poumon, peut-être parce que les symptômes, point de côté, dyspnée, submatité, râles, etc., qui les traduisent, sont relativement aisément appréciables. — Les maladies de l'organe lui-même occasionnent ces congestions, telles la tuberculose, la pneumonie, la gangrène, etc.; mais, quelquefois ces fluxions purement idiopathiques surviennent sous l'action d'un choc, du froid, etc., tel le type décrit par Woillez.
Le nodule bacillaire agit à titre d'irritant, à la manière d'un corps étrange^ en revanche, les foyers voisins ou quelques-uns de ceux qui su ( viennent à distance sont, pour une part, sous la dépendance de la tuberculine, principe chimique éminemment vaso-dilatateur. Qu'est-ce, en effet, que la réaction de Koch, sinon un ensemble de processus hyperémiques, se développant un peu partout, de préférence là où existent soit des capillaires néoformés ou des tissus enflammés, soit déjà accumulée une dose variable du produit propre à élargir les voies circulatoires?
D'autres composés microbiens, ainsi que l'ont prouvé Buchner, Bouchard, Char r in, Arloing, etc., jouissent d'attributs plus ou moins analogues : c'est là ce qui explique, à quelques égards, les afflux qui accompagnent la pneumonie, les bronchites capillaires, les sphacèles, etc. Les pneumocoques, les streptocoques, les staphylocoques, etc., donnent naissance à des toxines capables de dilater les artérioles, tandis que d'autres germes fabriquent des matières qui les resserrent.
Assurément, ces mécanismes d'ordre toxique ne doivent pas conduire à la négation des pathogénies réflexes ; toutefois, si, pour expliquer certains accidents tels que l'hémiplégie pneumonique, qui se développent au cours de ces fluxions thoraciques, on est en droit d'invoquer ces pathogénies réflexes, il est aussi permis de supposer que les sécrétions microbiennes sont aptes à congestionner ou à anémier une zone déterminée de l'encéphale. Même pour des afflux dont l'origine nerveuse exclusive