ROLE DES DIVERS AGENTS MORBIFIQUES
paraissait indéniable, pour ceux en particulier qui font suite aux obstructions intestinales, en matière de mécanisme rinfluence toxique entre quelquefois en jeu : établissons cette donnée en rappelant que Grossmann fait apparaître la vaso-dilatation en injectant la muscarine retirée d'un iléon étranglé.
A vrai dire, l'irritation de l'utérus, des ovaires, celle du foie, du rein traumatisé par un calcul, celle de la muqueuse digestive excitée par un taenia, etc., engendrent également des stases qui ne se produisent pas si on sectionne le sympathique ou le pneumogastrique; Arloing, Morel ont nettement démontré cette notion, en agissant sur le revêtement interne de l'estomac des Solipèdes; ils ont ainsi mis en évidence la pathogénie de la maladie de Potain.
On sait que ces encombrements vasculaircs, comme parfois des néoplasmes, en modifiant la pression élevée en amont, abaissée en aval, conduisent à des dilatations du cœur droit fatigué, à des insuffisances tricuspidiennes fonctionnelles, sans lésion véritable de l'orifice. Il est important de dépister de telles insuffisances capables de déterminer des asystolics plus ou moins ébauchées, des lluxions viscérales, digestives, urinaires, etc. ; nul n'ignore, en effet, le pronostic habituel de pareils désordres, quand ils dépendent d'une myocardite; ici, pourtant il suffit de supprimer le point de départ, la colique hépatique, entre autres, pour que tout rentre dans l'ordre.
Les épanchements pleuraux refoulent le contenu alvéolaire dans un territoire donné, souvent au sommet; ils déterminent ainsi des hyperémics mécaniques qui enlèvent quelque valeur aux déductions que Ton lire de l'état de ces sommets chez ces pleurétiques.
L'évacuation trop brusque de ces épanchements, une thoracentèse trop rapide, à la façon d'une paracentèse trop soudaine, trop abondante, entraînent des hyperémies passives.
Les adhérences provoquent fréquemment du surmenage, en s'opposant à la liberté dès mouvements respiratoires; le poumon est, pour ainsi dire, obligé de faire un effort, d'exercer une traction; il en résulte des stases localisées, dont le siège est en rapport avec ces adhérences. En outre, la nutrition du tissu sous-jacent est bientôt en souffrance, attendu qu'une foule de lymphatiques vont de la séreuse aux alvéoles, apportant un suc que les travaux d'Heidenhain et de son école ont montré pourvu de qualités nutritives indéniables. Or, les inflammations chroniques, les scléroses de cette séreuse obstruent une série de ces canaux: on constate, à titre de conséquence, un véritable abaissement du pouvoir trophique de la plèvre. — Ces remarques s'appliquent au péritoine, au péricarde, aux synoviales, aux méninges, etc. ; ces membranes devenues peu perméables occasionnent dans les tissus voisins des détériorations fréquemment accompagnées de désordres circulatoires.
Les localisations de ces détériorations, de ces désordres circulatoires, œdèmes ou hyperémies, dépendent du siège de ces zones sclérosées; pour
IA. CHARRIN.]
228 INFECTION ; AUTO -INTOXICATIONS ; RÉACTIONS NERVEUSES. — LA PRESSION.
des motifs analogues, d'autres congestions partielles sont en rapport avec des foyers de gangrène, de bacillose, de pneumonie, avec la situation superficielle ou profonde des infarctus, des embolies, des thromboses, des apoplexies, des kystes, des néoplasmes, des corps étrangers ; il existe également des poussées fïuxionnaires qui dépendent de l'intensité de certains réflexes obéissant aux lois de Pflùger, provoquant, par exemple, une vaso-dilatation dans un lobe gauche, lorsque le bloc hépatisé se trouve à droite.
L'infection a sur ces perturbations vasculaires une part des plus notables; il n'est pas habituellement de pyrexie, de virus, qui primitivement ou secondairement ne soient capables de les engendrer; on sait, à cet égard, le rôle des nerfs, plus encore celui des toxines. — L'incessant apport des germes extérieurs introduits par la respiration explique en partie la fréquence de ces processus bactériens ; ces modifications fïuxionnaires facilitent la greffe de quelques agents pathogènes, alors que les voies bronchiques saines ne permettent pas aux parasites d'évoluer.
Les poisons nés à l'intérieur agissent de temps en temps sur la petite circulation; lesdiâthèses en font autant. D'une part, en effet, nul n'ignore les troubles produits par l'urémie, le rhumatisme, la goutte; d'un autre côté, l'histoire de la muscarine place en lumière la part à réserver aux autointoxications.
Quant aux influences du froid, des variations brusques de la température, des vapeurs irritantes, des traumatismes, des efforts respiratoires, des atmosphères confinées ou contaminées, etc., on les retrouve à chaque instant à titre de causes occasionnelles; desimpies odeurs, des émotions, engendrent quelquefois des poussées d'urticaire sur la peau, jusque sur les muqueuses, comme aussi des crises d'asthme, des syncopes, etc.
Les réactions nerveuses exercent sur ce territoire une action marquée : chacun sait que les lésions des centres cérébraux, bulbaires ou médullaires supérieurs, provoquent des hyperémies thoraciques; on connaît, en outre, la fréquence des hypostases chez les hémiplégiques, leur localisation prédominante du côté paralysé. — Les effets réflexes n'épargnent pas ce réseau pulmonaire; toutes les affections abdominales peuvent retentir sur ces capillaires; le pneumo-gastrique, le sympathique servent de conducteurs à ces processus.
En irritant l'endocarde, l'endartère, la muqueuse de Schneider, celle du pharynx, on arrive également à faire varier la masse sanguine des poumons, le plus souvent dans le sens de l'augmentation; on a même basé sur ces attributs du revêtement des fosses nasales certaines pathogénies relatives aux asthmes secondaires : des travaux de Heger, de François- Franck, etc., ont mis en lumière ces influences vasculaires.
Les impressions ressenties par la tunique interne des vaisseaux semblent rétentir sur les branches de l'artère pulmonaire; ces relations existent pour le plus grand bien de la circulation générale; la pression, accrue ou abaissée avec excès, trouve dans ce diverticulum une zone de compensa-
CONGESTIONS ET NÉVRAXE. —