ACTION DES CENTRES
tion qui s'ouvre ou se ferme, analogue k ces sortes de réservoirs que fournissent le territoire mésentérique, les reseaux périphériques, etc.
On conçoit sans peine que le volume du sang devenu trop considérable encombre les artérioles alvéolaires; dès lors, la vitesse, la tension subissent des oscillations; dans le système artériel la pression baisse, comme, du reste, chaque fois que le poumon est encombré ; à elles seules ces oscillations, en dehors des interventions nerveuses, cardiaques, globulaires ou bronchiques, suffisent pour faire apparaître des accidents dyspnéiques.
Ces accidents sont surtout accentués au cours des congestions passives qui accompagnent les affections valvulaires, le rétrécissement, l'insuffisance mitrales, les myocardites, les dégénérescences du muscle ; une impulsion insuffisante, une vis a tergo défaillante, un obstacle placé sur le trajet du liquide sanguin, etc., expliquent ces stases qui ont leur maximum aux bases, qui parfois engendrent des foyers d'apoplexie plus ou inoins étendus; ces foyers réunissent dans quelques cas deux états différents nettement opposés, L'état d'anémie clairement marqué dans la zone privée de circulation, l'état congestif développé latéralement ou au delà.
Comme tout organe vasculairc, le cerveau est soumis aux oscillations circulatoires, d'autant plus que les recherches de Donders, d'Ehrmann, etc., ont atténué la portée du théorème de Monro et Kellie. L'équilibre hématique parfois se rompt, au sein des hémisphères ou de la moelle allongée, sous l'influence des agents physicpies, des décompressions, des altitudes, des systoles trop intenses; il peut faire défaut à la suite des excès de travail, d'activité intellectuelle ou sensitive, comme aussi grâce à l'intervention des poisons dilatateurs, des sécrétions microbiennes, des processus de l'infection, de préférence quand ces processus touchent aux méninges, aux espaces sous-arachnoïdiens, etc., etc.
Le centre intéressé varie, partant la symptomatologie ; aussi a t-on décrit des formes vertigineuse, aphasique, comateuse, convulsive, paralytique, délirante, etc. D'un autre côté, on sait l'influence des lésions de ces centres sur les hypefémies des divers tissus, des différents viscères, des appareils respiratoire, digestif, génito-urinaire, cutané, etc. ; plus d'une fois, par une sorte de réciprocité, ces lésions entrent en jeu surtout à l'aide des réflexes.
Un des plus physiologiques pour ainsi dire, parmi ces effets, n'est autre que celui qui régit la congestion menstruelle utéro-ovarienne, bientôt suivie d'hémorragie; l'accumulation de certaines substances toxiques, en altérant le sang, parvient à mettre en jeu les cellules vasomotrices. — Au cours d'essais qui réclament de nouvelles recherches pour acquérir quelque valeur, la toxicité du sérum, à la veille des règles, m'a paru plus marquée que dans la semaine qui les suit; à la vérité ces composés agissent peut-être directement sur les centres, à la façon de l'ipéca injecté dans les capillaires.
Les irritations aptes à actionner le névraxe sont, du reste, innombrables ; elles peuvent partir de la peau, des organes des sens, des muqueuses, des viscères, des endothéliums, des éléments les plus profondément situés.
[A. CHARRIN.]