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ÉVOLUTION DES INFARCTUS. — IMPORTANCE DE L'EMBOLIE

uniformément, il n'est pas à gauche ce qu'il est à droite; chez ces malades les broncho-pneumonies sont plus fréquentes du côté paralysé. D'autre part, agissez sur la circulation du rein, en irritant tels ganglions sympathiques de l'abdomen, à la manière de Trambusti, de Comta : vous verrez les germes affluer de préférence dans le territoire atteint.

La configuration vasculaire des zones, sièges de ces infarctus, a une importance considérable sur le degré d'anémie réalisée; on peut même dire que ces territoires, totalement privés de sang à l'heure de ces obstructions, ne se rencontrent que dans les tissus munis d'artères terminales. Il est clair, en effet, que les anastomoses périphériques pallient à une foule de lésions de cet ordre, à moins de thromboses, d'embolies énormes, fermant un vaisseau de large calibre.

Les destinées de ces départements anémiés sont des plus variables; elles dépendent pour une grande part des qualités, des propriétés des agents générateurs de ces perturbations. — Si ces agents ne sont autres que des fragments fibrine ux, calcaires, fibreux, que des œufs de taenia, que des parasites d'une certaine catégorie, en particulier des hydatides, le tissu malade se résoudra en fines granulations, plutôt en granulations protéiques qu'en éléments graisseux; les voies lymphatiques, parfois les canaux sanguins du voisinage, plus encore les leucocytes, les phagocytes, absorberont ces éléments, ce deliquium; une cicatrice le plus ordinairement en dépression demeurera la trace de ce département jadis privé de sang; sur ses côtés les bourgeons des capillaires voisins, d'ailleurs congestionnés, assureront la nutrition.

Dans le cas où des infiniment petits entourés de globules et de fibrine ferment le vaisseau, les attributs de ces infiniment petits gouvernent l'évolution de cet infarctus qui suppure, devient le siège de processus putrides, gangréneux, suivant que ces parasites appartiennent aux bactéries génératrices de pus, de nécrobiose, etc. ; en outre, de ce foyer peuvent partir de nouvelles embolies, allant occasionner ailleurs des perturbations analogues.

Ainsi s'expliquent, pour une part, les processus métastatiques demeurés jusque-là si obscurs; il existe des métastases cellulaires, puisque Lubarsch, Maximow, Charrin et Levaditi ont retrouvé dans les capillaires des poumons ou du myocarde des cellules du foie, delà moelle osseuse, du placenta, des débris de fibres cardiaques ; il existe des métastases infectieuses, correspondant à ces embolies bactériennes; il existe des métastases chimiques, tels les dépôts d'urate de soude ; il existe des sortes de métastases nerveuses qui ne sont pour ainsi dire autre chose que des transports d'influx.

Les symptômes, surtout les symptômes généraux, la fièvre, les frissons, l'hyperthermie, etc., sont en rapport direct avec la nature de ces agents; il en est de même de la durée, de la marche des accidents ultérieurs. — Le siège, l'étendue de ces anémies locales ont leur part d'influence dans la genèse de ces désordres.

Les causes de ces obstructions appartiennent au groupe des éléments

ISCHÉMIE DES MEMBRES. — ISCHÉMIE DES VISCÈRES.

mécaniques ; toutefois, il se peut que des influences spasmodiques s'ajoutent à ces processus; c'est ainsi qu'un rétrécissement vaso-constricteur facilite l'oblitération occasionnée par des germes que la fibrine mélangée à des leucocytes englobe bientôt, de façon à supprimer tout apport sanguin dans un territoire qui pâlit, se refroidit, et par suite à compromettre les fonctions physiologiques. Si, par exemple, il s'agit d'un muscle, la contractilité s'atténue; s'il s'agit d'un nerf, la neurilité fléchit; s'il s'agit de la peau, d'une glande, du cerveau, la sensibilité, les sécrétions diminuent, le tissu se ramollit, etc. — Des modifications fonctionnelles, anatomiques, morbides, peuvent venir compliquer ces désordres cellulaires, dont la genèse à la fois mécanique et spasmodique, vasculaire et nerveuse, etc., est souvent elle-même complexe : il importe de développer ces notions.

On connaît l'histoire Je la claudication intermittente, claudication souvent douloureuse que l'exercice exagère; les travaux de Marey, de Chauveau, de Bouley, de Charcot, de Vulpian, etc., ont mis en lumière le mécanisme de cet accident; il dérive d'une vascularisation insuffisante, d'une anémie de la cuisse, de la jambe, du pied; il dépend d'un rétrécissement spasmodique ou autre de la fémorale ; la contractilité des masses musculaires se ressent de ce défaut de circulation.

Ces perturbations varient naturellement avec la physiologie du viscère altéré. Liez, avec Max Hermann, Zielonko, l'artère rénale, l'artère hépatique ; vous enregistrerez des modifications urinaires, biliaires, glycogéniques, modifications qui quelquefois persistent au delà de ces oblitérations, il est également clair que les résultats de ces processus d'anémie, que les phénomènes qui en sont la conséquence oscillent avec la cause, avec la distribution, avec l'intensité, etc., de ces détériorations.

La privation de sang dans un membre fait naître de la douleur, du refroidissement, des troubles sensitifs, parfois de la gangrène sèche ou humide : la voie est préparée pour les infections. — Dans le rein, ce défaut d'irrigation peut occasionner des hématuries par fluxion collatérale, plus encore de l'albuminurie; dans la rate, dans le foie, il provoque la formation de points de côté, de tuméfactions compensatrices en rapport avec les dimensions, avec le nombre des infarctus développés ; il détermine des désordres fonctionnels relatifs à la glycogénie, à l'uréopoïèse, à l'hématopoïèse, à la production de la bile, etc.

Au niveau des hémisphères, en raison de l'exquise sensibilité, de la haute dignité des cellules, on enregistre fréquemment des perturbations motrices, sensitives, du délire, des convulsions, des troubles du langage, etc. Cette anémie cérébrale n'est point uniquement la conséquence des thromboses, des embolies génératrices des foyers de ramollissement; des affections cardiaques, les myocardites chroniques, les dégénérescences des muscles, des dilatations des ventricules ou des oreillettes, des lésions valvulaires, principalement celles de l'aorte, sont aptes à l'engendrer ; des dyscrasies, des réflexes, des spasmes, des in-

\A. CHARRIN.]

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