MALADIE DE RAYNAUD
asphyxique ; bientôt survient une période de réaction, accompagnée de fourmillements insupportables ; la pigmentation se modifie aussi bien au centre, où apparaissent des plaques moins livides, qu'à la périphérie, où se montre une zone vermeille. — Ces différentes parties se rejoignent assez vite ; l'extrémité seule des doigts demeure rouge foncé ; enfin cette coloration elle-même disparait : l'aspect normal se rétablit. — Dans l'intervalle des crises les régions atteintes ne présentent aucune altération ; il peut cependant à la longue s'y produire une accumulation de graisse amenant une sorte de faux œdème.
Cette description tant de la syncope que de l'asphyxie locales ne s'applique qu'aux cas typiques. Fort souvent ces deux états s'associent; ils alternent dans les mêmes territoires ou s'observent simultanément sur un doigt déterminé, qui en certains points présente une pâleur absolue, tandis que dans d'autres la teinte est noirâtre.
En dehors de ces types, il existe des formes atténuées caractérisées par des souffrances très légères, par des troubles circulatoires peu marqués.
Quand les accidents de gangrène doivent se montrer, les extrémités d'abord pâles prennent rapidement une nuance lilas ou bien elles présentent d'emblée une rougeur livide analogue à celle des engelures; le bout des doigts offre une coloration violacée, perceptible par transparence sous les ongles. — Des fourmillements, puis des élancements, enfin de pénibles sensations se font sentir dans ces territoires frappés ; ces sensations ne restent, d'ailleurs, pas constamment limitées; elles peuvent irradier dans tout le membre ; leur violence arrache parfois des hurlements aux malades qui cherchent un soulagement en plongeant leurs tissus dans l'eau froide ou en les enveloppant de linges glacés. — Ces processus procèdent par des accès interrompus par des périodes d'un calme relatif.
Au moment des paroxysmes la teinte cyanique de ces extrémités s'exagère; cette intensité de la douleur forme contraste avec la disparition complète de la sensibilité dans les parties atteintes. — L4s téguments paraissent gelés; l'exploration thermométrique dénote à ce niveau un abaissement de la température de plusieurs degrés par rapport aux parties saines; la colonne mercurielle peut ne pas dépasser 18 ou même 15; par contre, il y a parfois une légère augmentation de la chaleur aux poignets, à la paume des mains, c'est-à-dire immédiatement au-dessus des zones atteintes, comme dans les cas de gangrène par oblitération vasculaire. — Au bout de quelques jours, les doigts deviennent presque complètement noirs; des marbrures livides se dessinent sur le trajet des veines collatérales, elles remontent plus ou moins haut sur le membre correspondant. A ce moment, on voit les accidents aboutir soit à la production de phlyetènes, soit au parcheminement des extrémités, soit à la formation d'escarres.
Ces phlyetènes se développent au bout de la phalangette; ordinairement petites, plus ou moins nombreuses, elles ne tardent pas à se