‹ Traité de pathologie générale [electronic resource] (volume 2)Chapitre 95 sur 221 · LÉSIONS HISTOLOGIQUES. — MODIFICATIONS DU DERME · texte numérisé non relu

LÉSIONS HISTOLOGIQUES. — MODIFICATIONS DU DERME

ne se trouve nullement en rapport avec certaines données relatives à la structure des capillaires lymphatiques du derme; une semblable disposition paraît surtout répondre à la description faite par Ranvier de l'état du tissu conjonctif infiltré ; tout porte à croire que ces cavités ne sont que des mailles fibreuses du chorion dissociées par l'accumulation de la sérosité. — Les notions histologiques possédées à l'époque où Young publia son travail étaient telles que l'œdème ne pouvait s'expliquer ni par la théorie de Virchow, ni à l'aide de la conception peu différente de Recklinghausen : il fallait nécessairement admettre des dilatations des canaux. Les modifications observées sont analogues soit à celles que revêt le tissu conjonctif, quand on sépare artificiellement ses éléments par une injection interstitielle, soit à l'aspect qu'il acquiert naturellement, lorsque cette séparation est effectuée par du liquide. — Ajoutons que ces recherches, que ces examens révèlent aussi des lésions des nerfs, des ganglions, des artérioles.

Si on fait une coupe de la peau après une longue durée de ces infiltrations, on voit que l'épaisseur est légèrement augmentée; les vaisseaux sont apparents, gorgés de sang. Dans le derme on décèle, entre les faisceaux fibrillaires, un certain nombre de globules blancs plus ou moins abondants, plus nombreux que les cellules mobiles; ils forment des amas ou des îlots irrégulièrement disséminés.

Toutefois, ce sont les capillaires lymphatiques qui semblent présenter les modifications les plus marquées. — Leur section ne se montre nullement sous la forme de cavités cloisonnées par des filaments, mais bien sous l'apparence de lacunes revêtues intérieurement d'un endothéîium continu, formé d'éléments à gros noyaux vésiculeux, reposant sur une mince couche de fibres élastiques ; leur dilatation, dans ces conditions, parait sensiblement constante ; elle fait acquérir à ces vaisseaux des dimensions considérables dépassant de beaucoup celle des plus gros troncs sanguins du tégument; de proche en proche, comme l'ont vu Boddaert, Lederrhose, la lésion s'étend aux ganglions.

Lorsque ces détériorations existent depuis un certain temps, le derme s'épaissit de plus en plus ; on le voit s'hypertrophier, en particulier au niveau des membres inférieurs, chez des malades atteints d'une enflure des jambes entretenue pendant des mois, des années, par une affection cardiaque ancienne ou développée au cours de certaines cachexies.

Les modifications qui surviennent dans ces circonstances sont bien connues; il se forme des indurations, de préférence autour des malléoles, sur la face dorsale du pied, sur les parties latérales de l'abdomen; ces indurations intéressent à la fois la peau, le tissu adipeux sous-cutané qui dans ces cas prend toujours un développement assez considérable. L'œdème dur est dès lors constitué ; il devient difficile de déprimer l'épidémie, qui ne reçoit plus l'empreinte du doigt comme une cire molle, mais donne lieu à une sensation de résistance élastique. En même temps, la surface, de lisse, de polie qu'elle était, devient rugueuse; les

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