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DIAGNOSTIC DE LA TUBERCULOSE PAR LA TUBERCULINE

pyocyanique stérilisée (Charrin), protéines provenant du bacille pyocyanique, du prodigiosus ou du pneumobacille (Buchner et Rœmer) ; cantharidine, d'après Liebreich; extrait glycérine préparé comme la tuberculine avec des cultures d'actinomycosc en bouillon glycérine (F. Bczançon et V. Griffon).

Quoi qu'il en soit, en pratique, la constatation d'une réaction thermique après injection de tuberculine chez un individu suspect, jusque-là apyrétique, a une réelle valeur diagnostique et peut même contribuer à déceler ,une infection tuberculeuse latente. 11 en était ainsi dans certaines observations d'adénolipomatose cervicale d'origine tuberculeuse, de néphrite parenchymateu.se, de chlorose rapportées par M. M. Labbé, dans lesquelles la tuberculine révéla une infection tuberculeuse latente, bientôt confirmée par l'évolution clinique subséquente.

Les recherches de M. Nocard permettent bien d'ailleurs de se rendre un compte exact de la valeur diagnostique de la tuberculine : l'inoculation de 30 à 40 centigrammes de tuberculine provoque chez les bovidés tuberculeux une élévation de température comprise entre 1°,5 et 5 degrés, la réaction apparaît le plus souvent entre la douzième et la quinzième heure après l'injection, quelquefois après la neuvième heure. On ne doit considérer comme valable que les réactions supérieures à 1°,4; une élévation de température inférieure à 0°,8 est en particulier sans valeur, les animaux pouvant présenter à l'état normal dans un nyclémère des oscillations thermiques analogues.

Grâce à la tuberculine on peut, d'après M. Nocard, poser un diagnostic précoce dans 96 pour 100 des cas; c'est surtout dans les cas où il y a des lésions insignifiantes, quand il existe, par exemple, des nodules isolés dans les ganglions lymphatiques que la tuberculine possède la plus grande valeur. La réaction serait si sensible qu'elle pourrait exister alors que l'autopsie ne montrerait aucune lésion tuberculeuse ; il s'agirait alors de petites lésions tuberculeuses, qui passent inaperçues, la réaction manquerait aussi lorsqu'il s'agit de tuberculose avancée, ou bien de vieux foyers en partie calcifiés.

La méthode serait cependant en défaut dans 15 pour 100 des cas d'après Frœhner, dans 10 à 15 pour 100 d'après Mouton f1) .

Les causes d'erreur seraient plus considérables encore d'après MM. Arloing, Rodet et Courmont qui, tout en admettant que les bovidés tuberculeux sont particulièrement sensibles à la tuberculine, ne considèrent pas la tuberculine comme un moyen certain de faire le diagnostic de la tuberculose des bovidés, puisqu'ils ont vu des génisses qui avaient présenté l'élévation thermique de indemnes de tuberculose et des bovidés atteints d'échinocoques des poumons réagir à la tuberculine.

MM. Arloing, Rodet et Courmont, après avoir constaté que le lapin

(4) Semaine médicale, 1897^ p. Ô67.

[F WIDAL et F. BEZANÇON.]

DIAGNOSTIC DES MALADIES INFECTIEUSES

tuberculeux ne réagit pas à la tuberculine, considèrent que même les expériences faites sur le cobaye au point de vue diagnostique sont sans valeur, puisque le cobaye sain présente après l'injection de la fièvre au même titre que le cobaye tuberculeux.

Mode (Faction de la tuberculine. — Introduite par le tube digestif, la tuberculine reste sans effet, elle ne produit de réaction que si elle est inoculée sous la peau et dans les veines : son action, la question de dose mise à part, est la même chez l'individu sain que chez l'individu tuberculeux ; elle détermine dans les deux cas les symptômes d'un véritable empoisonnement, mais le sujet tuberculeux présente une sensibilité telle qu'il réagit à des doses 100 fois plus faibles que l'homme sain. Chez le tuberculeux, en effet, en plus de l'action générale, existent des réactions locales qui sont la caractéristique même de l'action de la tuberculine ; ces réactions qui, au niveau des lésions pulmonaires, se traduisent par une congestion intense, sont surtout faciles à étudier dans les cas de lupus : la plaque se tuméfie, rougit, puis se nécrose par place, laissant après la chute des escarres une cicatrice.

Les réactions qui se produisent dans l'intimité des tissus ont été bien étudiées par M. Cornil, qui a montré que les phénomènes qui accompagnent l'injection de tuberculine sont surtout des phénomènes d'ordre congestif ; il se fait un énorme afflux sanguin au niveau du tissu malade, puis une diapéclèse active avec envahissement du tubercule par les cellules migratrices.

Si la dose de tuberculine est plus élevée, il y a un véritable état inflammatoire, la lésion tuberculeuse primitive gagnant à la fois en étendue et en profondeur.

Pour la plupart des auteurs, la tuberculine agit non sur les bacilles tuberculeux, mais sur les tissus qui ont subi l'action nécrosante de la toxine tuberculeuse. Son action nécrosante vient en effet se porter sur les tissus déjà atteints de nécrose et en favorise ainsi l'élimination, ainsi que celle des bacilles qui y sont contenus. Pour Frcenzel, les bacilles tuberculeux subiraient aussi une certaine altération.

M. Bouchard a beaucoup insisté sur l'action vaso-dilatatrice de la tuberculine; celle-ci agit en excitant le centre vaso-dilatateur comme on peut facilement l'observer en examinant le fond de l'œil d'un lapin auquel on a injecté cette substance, les vaisseaux subissent une dilatation active qui persiste plusieurs jours; ces phénomènes congestifs sont au maximum chez les animaux qui ont succombé h la suite de l'inoculation de tuberculine.

Nouvelle tuberculine (T. R.)(1). — On sait quelle est l'idée directrice qui a présidé à la préparation de la nouvelle tuberculine par R. Koch. L'immunité acquise contre un microbe ou une toxine n'apparaît dans un organisme que si cet organisme a eu à réagir contre ce microbe ou

(*) R. Koch, Deutsche medtJ Wochenschrift, 1er avril 1897, n° 14.

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