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DIAGNOSTIC DE LA TUBERCULOSE PAU LA TUBERCULINE

contre cette toxine; or pour le bacille tuberculeux, par suite de la constitution môme du bacille, il est extrêmement difficile à F organisme d'englober le bacille, de se l'assimiler et par suite d'acquérir une immunité suffisante pour enrayer la maladie on rendre l'organisme réfractaire à une inoculation ultérieure.

Koch a cherché, pour rendre le bacille assimilable, à le débarrasser de la couche de matières grasses qui semble le protéger contre l'absorption des macrophages. Après avoir essayé l'action de la soude caustique, Koch s'est adressé à des procédés mécaniques.

Le bacille provenant d'une culture virulente de bacilles tuberculeux est desséché dans le vide, puis trituré dans un mortier d'agate au moyen d'un pilon de môme substance jusqu'à ce qu'on obtienne une masse qui ne contienne plus qu'une petite quantité de bacilles colorables.

Cette masse émulsionnée dans de l'eau distillée et triturée est soumise à la centrifugation exercée pendant trente ou quarante-cinq minutes au moyen d'une machine faisant 4000 tours à la minute ; au bout de ce temps elle se trouve divisée en deux couches : la couche supérieure T. 0. (obère) composée d'un liquide blanchâtre opalescent, transparent ayant à peu près les mômes propriétés que la tuberculine ancienne ; la couche inférieure T. R. ou résiduelle, constituée par un précipité boueux adhérent au vase. Cette tuberculine résiduelle est séchée à nouveau, triturée et centrifugée, à plusieurs reprises jusqu'à ce qu'il n'y ait presque plus de précipité. Ce sont les liquides résultant de ces diverses centrifugations qui ont à peu près tous la même action et qui diffèrent complètement de T. 0., que Koch désigne sous le nom de T. R. La tuberculine résiduelle est additionnée de k20 pour 100 de glycérine pour assurer sa conservation.

Nous n'avons point à discuter ici la valeur thérapeutique de T. R., nous rappellerons seulement que la plupart des auteurs, tant en Allemagne (Yesely, Baumgarten, Huber) qu'en France, Letulle et Péron, Arloing, Nicolas, Courmont), n'ont pu vérifier les résultats expérimentaux annoncés par R. Koch, que T. R. est capable d'immuniser les animaux sains contre la tuberculose et de guérir les animaux infectés.

La nouvelle tuberculine, comme il ressort de la thèse de Bounhiol ('), ne peut remplacer l'ancienne tuberculine au point de vue diagnostique, la réaction fébrile après l'injection est fréquente mais non constante et ne se manifeste en général qu'après plusieurs injections; elle ne semble pas sous la dépendance de la dose, mais de la susceptibilité individuelle. Il ne se produit pas d'accoutumance.

La réaction est assez comparable à celle que détermine l'inoculation de la tuberculine ancienne : ascension de la température le plus souvent le soir même de l'injection, quelquefois le lendemain ou le surlendemain seulement, fièvre entre 38 à 40 degrés, persistant un, deux à trois jours, puis disparaissant.

{') Bodnhiol, Thèse de Lyon, 1900.

DIAGNOSTIC DES MALADIES INFECTIEUSES

L'injection est accompagnée de réaction locale assez vive allant jusqu'à la lymphangite et à l'adénite; elle peut enfin déterminer une réaction générale, parfois dangereuse et peut occasionner une hémoptysie; elle peut déterminer encore la suppuration des lésions tuberculeuses, mais à un degré moindre que la tuberculine ancienne.

Si intéressants que soient au point de vue scientifique, l'épreuve de la tuberculine, le sérodiagnostic de la tuberculose, la réaction de fixation, ils sont loin d'avoir, au point de vue diagnostique, la même valeur que la constatation du bacille tuberculeux dans les crachats.

En admettant ces méthodes comme rigoureusement exactes, ce qui n'est pas absolument démontré, elles sont susceptibles seulement de mon l ier qu'il existe ou non dans une région quelconque de l'organisme des bacilles tuberculeux. Les lésions déterminées par ces bacilles sont par contre très variables; ou bien ce sont des foyers tuberculeux avérés; ou bien, comme l'expérimentation Ta maintes fois montré, les bacilles existent seulement à l'état erratique dans certains organes, dans les ganglions lymphatiques du médiastin par exemple et ne donnent aucune lésion tuberculeuse appréciable (Arloing et Courmont), ou seulement quelques nodules tuberculeux isolés (Nocard).

La constatation de ces réactions ne permet donc jamais à elle seule de porter le diagnostic de tuberculose en évolution, mais dans certains cas de diagnostic difficile elle apporte un argument sérieux en faveur de la nature tuberculeuse de la maladie.

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