FERNAND BEZANÇON MARCEL LARBÉ
Professeur agrégé de la Faculté. Ancien interne, médaille d'or.
Médecin des hôpitaux. Médecin des hôpitaux.
Le grand nombre des travaux publiés en France et à l'étranger dans ces dernières années sur la formule hémoleucocytaire des diverses maladies infectieuses nous oblige à revenir sur cette étude bien qu'elle ait déjà fait l'objet d'un chapitre de ce traité (t. IV).
Nous ne rappellerons d'ailleurs que les notions ayant trait à la valeur diagnostique et pronostique de la leucocytose. Les modifications apportées par les états infectieux dans le nombre des globules rouges, dans la teneur du sang en hémoglobine, clans les propriétés du sérum, ont déjà été mises en relief dans le chapitre cité plus haut.
L'étude moderne des leucocytoses ne repose pas seulement sur la recherche du nombre global des leucocytes contenus dans le sang, mais sur l'analyse précise des caractères de ces leucocytes, et sur l'appréciation du nombre relatif de chacune des variétés leucocytaires : elle ne nécessite pas seulement l'analyse quantitative, mais l'analyse qualitative des leucocytes du sang.
Il n'entre pas dans notre sujet d'exposer en détail la technique qui permet de différencier les leucocytes en plusieurs espèces; nous indiquerons seulement les principes de cette technique qui est basée sur l'emploi de méthodes de fixation et de coloration permettant d'étudier non seulement les caractères du noyau, mais les réactions du protoplasma et surtout de déceler dans celui-ci les granulations spéciales décrites par Ehrlich.
Il ne suffit plus aujourd'hui pour caractériser un leucocyte de reconnaître s'il est petit ou gros, mononucléé ou polynucléé; il faut encore préciser les réactions colorantes de son protoplasma, chercher si celui-ci se teinte uniformément, ou s'il apparaît chargé de granulations colorées. Le protoplasma et les granulations qu'il peut contenir présentent en
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[F BEZANÇON et M. L4BBÉ ]
DIAGNOSTIC DES MALADIES INFECTIEUSES
effet, selon la nature des leucocytes, des affinités pour telle ou telle variété de teinture.
On a divisé les couleurs d'aniline qui servent à la technique histologique en deux catégories : les couleurs basiques et les couleurs acides, sans qu'il faille du reste attacher à ces appellations la signification précise (ju'clles ont en chimie.
Dans la première catégorie rentrent le bleu de méthylène, le vert de méthyle, la thionine, etc. ; dans la seconde, les couleurs telles que l'éosine, l'aurantia, la fuchsine acide, etc.
Les noyaux des leucocytes se colorent toujours, plus ou moins fortement, par les couleurs basiques. Les protoplasmas, selon la variété cellulaire, ont une tendance à fixer tantôt les couleurs acides, tantôt les couleurs basiques ; en général ils prennent une teinte neutre sous l'action combinée des deux colorants. Les granulations protoplasmiques sont au contraire beaucoup plus électives et fixent, soit les couleurs acides (granulations acidophiles ou éosinophiles), soit les couleurs basiques (granulations basophiles), soit enfin un mélange de ces couleurs (granulations neutrophiles); la spécificité chromatique de ces granulations a, par suite, une très grande importance pour la différenciation des leucocytes.
Pour obtenir de bonnes préparations de sang, il faut : 1° sur une lame rodée bien nettoyée, étaler une très petite goutte de sang en couche mince et uniforme au moyen du bord d'une autre laine rodée;
2° Agiter à l'air la préparation afin d'obtenir une dessiccation rapide;
5° Fixer le sang par l'un des procédés suivants : a. Tremper la préparation pendant quelques secondes dans un mélange d'alcool absolu et d'éther à parties égales (Nikiforoff) ou dans du chloroforme (Josué), et laisser ensuite évaporer le fixateur;
j3. Tremper la préparation pendant quelques secondes dans une solution aqueuse d'acide chromique à 1 pour 100 (Malassez) et laver ensuite à l'eau ;
y. Exposer la préparation pendant quinze secondes aux vapeurs d'un mélange fait dans les proportions suivantes ; solution saturée de sublimé dans l'alcool absolu, 20 grammes; teinture d'iode fraîche, 5 grammes (Dominici et Lenoble) ;
o. Exposer la préparation pendant quelques minutes à une température de 110 à 115 degrés, au moyen de la platine d'Ehrlich, chauffée par les vapeurs de toluène (Ehrlich).
4° Colorer les préparations par l'un des procédés suivants : a. Hématéine (formules de Bôhmer, de Mayer, etc.); colorer 1 à 5 minutes, laver soigneusement à l'eau. Puis éosine en solution aqueuse ou hydroalcoolique à 1 pour 100 durant 1 à 2 minutes; laver à l'eau;
[j. Triacide d'Ehrlich, durant 10 à 15 minutes; puis laver soigneusement à l'eau ;
y Thionine phéniquée de Nicolle durant 5 minutes; ou bleu polychrome de Unna en solution étendue durant 2 minutes.