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FORMULE HÉMOLEUCOCYTAÏR E DE LA CONVALESCENCE

cavernes. L'hyperleucocytose serait en rapport, d'après M. Hayem, avec l'intensité des suppurations; les infections secondaires jouent sans doute un rôle très important dans sa production. Expérimentalement, Achard et Lceperont observé la polynucléose au début de l'infection tuberculeuse ; elle fait défaut dans la suite et reparaît quand la caséifîcation se produit.

Pour la syphilis, l'hyperleucocytose ne se produit qu'au moment des accidents; elle n'a guère d'importance qu'à la période des accidents secondaires.

Dans la fièvre intermittente paludéenne, la leucopénie, qui est la règle d'après tous les auteurs, est cependant interrompue par des poussées d'hyperleucocytose passagère qui se produisent au début de l'accès fébrile pendant la période de frisson (Vincent).

La convalescence des maladies infectieuses est marquée, au point de vue hématologique, par la disparition de la leucocytose et le retour du chiffre des leucocytes à la normale. Cette modification se produit brusquement dans les maladies qui, comme la pneumonie, s'accompagnent d'une sorte de crise leucocytaire comparable à la crise fébrile, urinaire, etc.; progressivement dans les maladies à défervescence irrégulière ou en lysis, comme le rhumatisme articulaire aigu, la scarlatine, la diphtérie, etc.; très lentement dans certaines maladies, comme la fièvre typhoïde, la variole, où le sang met parfois plusieurs mois avant de reprendre ses caractères normaux.

Le passage de l'hyperleucocytose ou de la leucopénie à l'équilibre physiologique ne va pas sans une certaine perturbation de la formule hémoleucocytaire. On voit souvent apparaître des formes cellulaires anormales dans le sang ; leucocytes mononucléaires à protoplasma basophile, myélocytes granuleux. On peut voir aussi une modification de la formule leucocytaire caractérisée par une mononucléose plus ou moins intense; ainsi, dans l'érysipèle, comme l'ont montré Chantemesse et Rey, les leucocytes polynucléaires subissent une diminution de nombre progressive, au point qu'ils peuvent devenir moins abondants que dans le sang normal; par contre, les lymphocytes, qui étaient rares dans la période fébrile, augmentent de nombre au moment de la chute de la fièvre et surtout quand la guérison se confirme. Le même phénomène se produit à un degré plus ou moins marqué dans toutes les maladies qui s'accompagnent de leucocytose polynucléaire.

Dans les maladies à mononucléose, comme la fièvre typhoïde, le fait, pour être moins saillant, n'en est pas moins réel; c'est à la période de convalescence de la fièvre typhoïde que le sang contient la proportion la plus élevée de mononucléaires; il y a même inversion complète de la formule leucocytaire. L'augmentation porte particulièrement, d'après Chantemesse et Millet, sur les grands leucocytes mononucléaires qui peuvent atteindre le chiffre de 20 à 50 pour 100.

Mais le caractère le plus constant, commun aux maladies à polynu-

[F BEZANÇON et M LABBE ]

DIAGNOSTIC DES MALADIES INFECTIEUSES

cléose et à mononucléose, est la réapparition et souvent même l'augmentation au moment de la convalescence du nombre des leucocytes éosinophiles qui avaient diminué ou disparu pendant la période d'état de la maladie. Cette réapparition peut se faire sans augmentation appréciable du nombre des éosinophiles, comme dans la pneumonie, ou bien, au contraire, elle peut s'accompagner d'une véritable crise éosinophilique, comme dans l'érysipèle, la rougeole, la scarlatine, le rhumatisme articulaire aigu, la lièvre typhoïde, la variole, les crises d'appendicite, etc. Ainsi l'éosinophilie peut, être considérée comme un véritable stigmate de la convalescence des maladies infectieuses. Les chiffres les plus élevés ont été observés dans la scarlatine (8 à 15 pour J OU, selon Kotschetkoff). Cette crise éosinophilique, particulièrement marquée dans une maladie où la détermination cutanée est très intense, doit être rapprochée des leucocytoses éosinophiliques qui sont la caractéristique d'un grand nombre de manifestations cutanées.

De l'étude qui précède, il ressort qu'à révolution naturelle d'une maladie correspond une formule sanguine qui se modifie depuis le début jusqu'à la terminaison, en suivant une courbe assez régulière. Toute modification à cette courbe implique une complication dans révolution de la maladie. La modification peut être quantitative ou qualitative. L'augmentation anormale du nombre des leucocytes dans une maladie qui s'accompagnait déjà d'hypcrleucocytose indique l'extension des foyers morbides, ou la création de foyers secondaires; ainsi, dans la pneumonie, la production d'un second bloc pneumonique se traduit par une exagération de l'hyperleucocytose.

Lorsque, au moment de la période critique d'une maladie, le chiffre des leucocytes, au lieu de retomber au taux physiologique, se maintient élevé, celte anomalie est l'indice, soit d'une complication, soit d'une rechute de la maladie. Ainsi, dans la pneumonie à rechute, on n'assiste pas au retour à l'état normal de la leucocytose au moment de la résolution du premier foyer pneumonique; il en est de même dans les cas où une autre détermination pneumocoecique (pleurésie, abcès du poumon, etc.) doit se produire. Dans une observation de pneumonie à rechute rapportée par Chauffard ('), le nombre des leucocytes, au lieu de revenir à la normale pendant la période d'apyrexie de la maladie, ne fit que diminuer pour remonter rapidement à un taux élevé lors de la reprise de la fièvre.

L'érysipèle nous offre des exemples analogues : l'ascension brusque de la courbe des polynucléaires trahit l'imminence d'une rechute ; de même dans les érysipèles à poussées successives, l'apparition d'une plaque nouvelle se traduit, avant tout phénomène clinique, par la constatation d'un arrêt dans la descente régulière de la courbe des polynucléaires, telle qu'elle se voit dans les formes régulières au moment de la

(') Chauffaiid, Pneumonie franche à rechutes. Presse médicale, 18 janv. 1809.

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