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VALEUR DIAGNOSTIQUE DE LA LEUCOCYTOSE

convalescence, et par la réascension de cette courbe dans les heures qui précèdent ou accompagnent la reprise de l'érysipèle (Ghantemesse etRey).

C'est surtout dans les maladies où il y a peu de leucocytose et même leucopénie et où l'état du sang se traduit par une mononucléose, comme dans la fièvre typhoïde, qu'une modification de la formule habituelle peut faire prévoir une complication; l'apparition d'une leucocytose polynucléaire est l'indice d'une infection secondaire.

Valeur diagnostique de la leueoeytose. — Les oscillations du nombre des leucocytes et de la formule leucocytaire, à l'état physiologique, sont contenues dans d'étroites limites. Chaque fois que le nombre des leucocytes s'élève au-dessus du taux physiologique, chaque fois surtout que l'une des variétés de leucocytes ne se trouve plus dans le sang dans les proportions habituelles, on peut dire qu'il existe un état pathologique. On considère aujourd'hui qu'une modification dans l'équilibre leucocytaires plus d'importance que l'augmentation ou la diminution globale du nombre des leucocytes. C'est l'ensemble des résultats fournis par l'étude quantitative et qualitative des leucocytes qui permet de caractériser certains états morbides.

11 ne faudrait pourtant pas croire (pie les formules puissent varier à l'infini et que chaque maladie possède sa formule hémoleucocytaire particulière. L'hématologie ne saurait h elle seule suffire à établir le diagnostic précis dune maladie infectieuse; on ne peut poser d'équation entre la formule sanguine et la maladie. L'étude des leucocytoses fournit seulement un symptôme de plus qui, bien interprété, apporte des indications pratiques utilisables pour le diagnostic et le pronostic des maladies.

C'est surtout dans les maladies infectieuses que l'étude quantitative et qualitative des globules blancs peut rendre service au clinicien. L'application des lois générales de la leucocytose dans les infections que nous avons exposées plus haut orientera le diagnostic dans une certaine direction. Chez un fébricitant avec état typhoïde, la constatation d'une leucocytose avec polynueléose sera en faveur d'une affection phlcgmasique de nature franchement inflammatoire, telle que la pneumonie, l'érysipèle, le rhumatisme articulaire aigu, d'une suppuration ou d'une septicémie streptococcique ou staphyiococcique, sans qu'on puisse dire d'ailleurs qu'il s'agit d'une de ces maladies plutôt que d'une autre; elle écartera, par suite, l'hypothèse de lièvre typhoïde ou de granulie.

Au contraire, la constatation d'une leucopénie, en particulier lorsque la diminution du nombre des globules blancs porte surtout sur les polynucléaires, sera en faveur de l'existence d'une fièvre typhoïde. On conçoit que, dans certains cas particuliers de fièvre typhoïde, où le séro-diagnostic n'est pas encore positif, l'étude de la formule leucocytaire puisse donner d'utiles renseignements.

Dans un état infectieux ou cachectique mal défini, la constatation d'une

[F BESANÇON et M. LABBÉ ]

DIAGNOSTIC DES MALADIES INFECTIEUSES

polynucléose intense a servi quelquefois à dépister une suppuration profonde. Ainsi, dans les cas d'abcès du foie, l'augmentation des globules blancs, bien qu'elle ne soit pas absolument constante, est en général, d'après M. Boinet, beaucoup plus considérable que celle qui existe dans l'anémie tropicale, la diarrhée des pays chauds, l'entérocolite, la dysenterie chronique et l'impaludisme, et permet de faire la distinction entre l'abcès du foie et les autres états morbides.

Au début des fièvres éruptives, lorsque le diagnostic est encore hésitant, on peut tirer parti de l'examen du sang pour reconnaître la nature de la maladie. Tandis que la scarlatine entraîne une réaction d'hyperleucocytose et de polynucléose intense, c'est à peine si, dans la rougeole, on verrait à la période d'incubation et au début de la maladie une hyperleucocytose polynucléaire insignifiante. La variole qui, à la période desrash, pourrait être confondue avec la scarlatine ou la rougeole, s'en distinguera facilement par sa formule leucocytaire; la constatation d une mononucléose avec formes anormales, telle que l'ont décrite MM. Roger et Weil, permettra de dépister la variole avant la période d'éruption et de ne pas confondre un rash searlatiniforme ou morbilliforme avec un exanthème scarlatineux ou morbilleux. A la période d'éruption, la variole pourra être de même distinguée de certaines formes boutonneuse ou vésiculeuse de la rougeole.

Comme la formule leucocytaire spéciale s'observe aussi bien dans la vaïioloïde que dans la variole suppurée, l'examen du sang pourra servir à distinguer les formes bénignes de la maladie d'avec l'acné varioliforme, les pustules de Colles, la syphilis secondaire enfin dans ses formes pustulo-crustacées.

L'examen du sang empêchera de confondre la variole hémorragique avec les autres états hémorragipares et les purpuras infectieux, dans lesquels on retrouve bien quelquefois des myélocytes dans le sang, mais en général une polynucléose, et jamais une formule aussi caractéristique que dans la variole (Lenoble)

La recherche de la formule sanguine peut être utilisée pour le diagnostic de la varicelle. Si cette maladie, comme Font montré Roger (2) et Weil, possède une formule leucocytaire comparable à celle de la variole (mononucléose, présence de myélocytes), elle s'en distingue cependant par le degré généralement très atténué de la réaction myéloïde et de la mononucléose, et surtout par l'absence d'hyperleucocytosc ou même par une légère hypoleucocytose. L'apparition d'une éosinophilie contemporaine de l'éruption nous a permis dans un cas de distinguer la varicelle de la varioloïde.

Dans les cachexies apyrétiques, la présence d'une leucocytose avec polynucléose peut faire penser à l'existence d'un néoplasme; mais il n'y

(*) Lexodle, Le sérum et le caillot des purpuras. Arch prov. de tnéd., sept. 900. (2) Roger, Presse médicale, 1002.

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