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THÉRAPEUTIQUE GÉNÉRALE

quinine dans les névralgies, étudie l'emploi des solanées vireuses, etc. ; il écrit avec Pidoux son traité classique de thérapeutique. Il combat le dogmatisme philosophique dans ses exagérations et se rattache à l'empirisme thérapeutique. 11 inaugure une ère nouvelle qui est continuée par Gubler, Dujardin-Beaumetz, G. Sée, pour ne parler que des maîtres qui ne sont plus.

Dans une dernière période, la tradition des grandes indications maintenue et accrue par les travaux de l'Ecole française est un peu délaissée. La multiplicité des nouveaux produits chimiques (dont la valeur thérapeutique repose moins sur la clinique que sur une expérimentation hâtive) donne naissance à des tendances de polypharmacie chimique. Parmi tous ces corps récemment préconisés, on chercherait en vain un véritable spécifique. Le salicylate de soude fait peut-être exception. D'autres médicaments, tels que l'antipyrine, l'exalgine, la phénacétine, l'aspirine les cacodylates, l'arrhénal, n'ont guère qu'une action symptomatique.

Phase pasteurienne. — Les remarquables découvertes de Pasteur sont le point de départ d'une véritable renaissance thérapeutique. A elles se rattachent les vaccinations, la sérothérapie, la bactériothérapie, la toxibactériothérapie, l'antisepsie et l'asepsie en chirurgie et en obstétrique. Elles révèlent la pathogénie des maladies infectieuses, elles créent Ehumorisme moderne scientifique. Enfin, comme le dit si bien le P' Landouzv : « 11 suffirait à l'impartiale histoire, pour marquer les vraiment fécondes et décisives époques de la médecine, de proclamer que ces époques — nous les dénommerons, époques symptomatique, diagnostique ou hippocratique ; pathogénique ou pasteurienne — appartiennent aux temps hippocratiques et au siècle de Pasteur. »

C'est à Yisopathie que l'on doit la plus grande partie de ces conquêtes thérapeutiques ; c'est l'organisme animal lui-même qui fournit des remèdes actifs élaborés par le protoplasma de la cellule sous l'influence de certains germes pathogènes. L'animal se transforme ainsi en une sorte d'officine d'agents médicamenteux.

Signalons encore la sérothérapie anticancéreuse, préconisée par Richet et Héricourt, qui, sur 40 de nos malades, n'a donné que quelques améliorations symptomatiques f1).

Enfin, l'opothérapie (2) mérite une mention à part; elle complète avec avantage le traitement des maladies par altération de la nutrition et des affections dans lesquelles l'insuffisance fonctionnelle des organes joue un rôle prépondérant.

Ce long historique montre que la médecine tout entière a pour but la thérapeutique, que la clinique et le laboratoire peuvent se concilier; puisque, comme l'a si bien dit Cl. Bernard, l'expérimentation n'est que de l'observation provoquée, et la physiologie est la base de la médecine

(*) Boinet, Des sérums anticancéreux. Traité de thérapeutique appliquée de Robin, ch. XIV, fasc. VII, p. 152.

(2) Gilbert et Carnot, L'opothérapie, dans Vœuvre médico-chirurgical de Critzmann.

LES DIVERSES MÉTHODES THÉRAPEUTIQUES

scientifique; il fait voir aussi que la vérité scientifique est « fille du temps et non pas d'un cerveau » : temporis, non autem ingenii humant filia (Bacon) ; que la thérapeutique doit se garder de ces doctrines systématiques qui ne sont ni inspirées, ni consacrées par une saine observation; enfin, il prouve que l'opportunité domine la thérapeutique; nec recentioribus, nec veteribus, disait sagement Baglivi; « les systèmes sont périssables, Fart est éternel, » ajoutai! Hufeland. « La médecine, d'après Sydenham, consiste plus à connaître les véritables indications qu'à inventer de nouveaux remèdes pour les remplir. » C'est la paraphrase de l'aphorisme de Galien : ïndicatio est agendi irttimatio.

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