L'OPOTHÉRAPIE
Cette dénomination créée par M. Landouzy désigne la thérapeutique par extraits d'organes animaux. La sérothérapie et l'opothérapie sont, d'après M. Bouchard, deux procédés d'une même thérapeutique naturiste, empruntant à l'organisme vivant les agents médicamenteux destinés à solliciter et à « soutenir l'effort de la vieille nature médicatrice ». L'utilisation thérapeutique des tissus animaux, disent Gilbert et Carnot, doit être mise en parallèle avec celle des végétaux. C'est la difficulté de conservation des extraits animaux qui a retardé la mise à exécution de l'idée développée par Brown-Séquard.
Historique. — L'emploi dans un but thérapeutique des divers organes, qui date de la médecine hippocratique, est continué par les médecins de l'École d'Alexandrie, par Galien et ses disciples, par l'École de Salerne, et on trouve encore, dans le Codex de 1758, la façon de préparer l'huile de crâne humain employée dans le traitement de l'épilepsie et de l'apoplexie. Au xviie siècle, les médecins prescrivaient encore les excréments d'animaux, la mumie, liqueur odorante recueillie dans les anciens tombeaux d'Egypte, la graisse humaine, du bouillon de vipère, de la salive contre la morsure de cet animal, de la bile d'ours contre le haut-mal et la jaunisse, de la pierre de fiel, pour favoriser l'expulsion des calculs vésicaux. En 1685, Mme de Sévigné écrivait à sa fille : « J'ai pris huit gouttes d'essence d'urine pour mes vapeurs », et elle n'avait eu, dit-elle, qu'à s'en louer. La première application vraiment scientifique de l'opothérapie date de 1858, époque à laquelle Brown-Séquard constata que la transfusion du sang d'animaux sains à un animal décapsulé, à l'agonie, peut le rappeler à la vie. Dès 1869, ce savant affirme que toutes les glandes, « qu'elles aient des conduits excréteurs ou non, donnent au sang des principes utiles dont l'absence se fait sentir quand elles sont extirpées ou détruites par une maladie ». Ce n'est qu'en 1889 que ces constatations physiologiques reçoivent leur application pratique. Brown-Séquard
(*) Voy. Marmorek, Du rôle des immunisines (fixateurs) dans la phagocytose. Ann. de Vlnst. Pasteur, 1902, p. 108. — Rordet et Dengou, Sur l'existence de substances sensibilisatrices dans la plupart des sérums antimicrobiens. Ann. de Vlnst. Pasteur, 1901, p. 289.
(-) Gilbert et Carnot, Uopothérajne UOEuvre médico-chirurgicale, n° 10, juin 1898. — Gilbert et Carnot, Mossé, de Cérenville, Rapports au quatrième Congrès de médecine interne tenu à Montpellier le 14 avril 1898. — Regnault, L'opothérapie en Chine et en Indo-Chine. Ilevue de Médecine. Paris, 1. XX, 1028-1038. — Arnozan, L'évol. des doctrines opoth. Thèse de Bordeaux, 1901, XXXI, 450-432. — Gilbert et Chassevabt, Op. gastr. XIIIe Gong. int. M. Sect. thér. et pharm. 1900. Paris, 1901, 573-377. — Mathieu et Leboulais-Soupault, Le Gendre, Rendu, Gastein, B. et M. Soc. des hop. Paris, 1901. — Gilbert, Opot. hépat. À7//" (long, inter. de méd. Paris, 1901.
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THÉRAPEUTIQUE GÉNÉRALE
s'adressa au testicule et il est curieux de voir que, quinze à dix-huit siècles avant, l'emploi thérapeutique* des organes génitaux dominait aussi. C'est ainsi que, sans insister sur l'historique de l'opothérapie si complètement étudiée par Lépinois ( 1 ), nous rappellerons que Dioscoride, en 75, conseillait l'usage de testicules de plusieurs animaux, en particulier du chien et du loup, pour exciter au coït. Pline, contemporain de Dioscoride, affirme également que les testicules de Fàne, du cerf, sont aphrodisiaques pour l'homme et que les parties sexuelles de l'hyène femelle ont les mêmes propriétés pour la femme. Albert le Grand, moine dominicain du xiif siècle, préconisait dans un but aphrodisiaque les testicules de porcs aux hommes impuissants et la matrice de lièvre aux femmes qui veulent concevoir. Dans les formules proposées par Oribase, Sextus Placitus, Papyriensis, Avicenne, Thésué le jeune, Jean de Cuba, Paracelse, Van Helmont, Lémery, l'emploi des organes génitaux prédomine. Facit appetiturn coitus. Cette propriété était universellement attribuée à l'absorption de testicules provenant surtout du renard (Avicenne), du sanglier et du coq (Schrôder, 1698). Au xvnf siècle, l'organothérapie décline rapidement, mais on admet toujours que les « parties des animaux conviennent aux mêmes parties de l'homme ». Au début du XIVe siècle, les formulaires ne mentionnent plus guère que le bouillon et le sirop de mou de veau.
L'opothérapie génitale préconisée par Brown-Séquard ne brilla que (1*011 éclat éphémère, mais elle ouvrit l'ère de la renaissance organothérapique. Néanmoins ce fui l'empirisme qui guida Constantin Paul lorsqu'il employait de l'extrait de substance nerveuse dans les affections du système nerveux, Dieulafoy quand il administrait la néphrine dans le mal de Bright. D'après Mossé (loc cit.), l'histoire récente de l'opothérapie peut être divisée en trois périodes :
1° Période de début, d'installation (de 1889 à 1895). — Elle s'étend de la communication de Brown-Séquard à l'époque où les injections d'extraits organiques sont remplacées par leur ingestion. Elle confirme les idées de Brown-Séquard et de Cl. Bernard sur les sécrétions internes, elle montre l'efficacité des extraits organiques (Schilf) dans l'insuffisance fonctionnelle des organes similaires. Les avantages de cette opothérapie directe ou de substitution éclatèrent dans la médication thyroïdienne et sauvèrent ainsi l'opothérapie, compromise par les excès de la médication orchidienne, d'un abandon discret et môme d'une faillite prochaine.
2° Période d 'extension (de 1895 à 1898). — L'ingestion alimentaire du corps thyroïde, recommandée par Ilowitz, puis par Fox, Mackensie, donna, dans certaines affections, de si bons résultats thérapeutiques, que ce
f1; Lépixois, Étude historique, chimique et pharmacologique des principales préparations organothérapiques. Paris, 1809. — Voy. Vaquez, Les étapes historiques de l'opothérapie. Presse médicale, 10 mars 1900. — Faisans, A propos des médications opothérapiques. Bull, cl mémoires de la Soc. méd. des hôpitaux de Paris, 1901, 5e s., XVIII.
LES AGENTS THÉRAPEUTIQUES
mode d'administration des organes remplaça les injections médicamenteuses exclusivement pratiquées dans la période précédente et généralisa l'emploi de la médication organothérapique. Elle fut employée, parfois, sans mesure. Cependant, l'opothérapie substitutive est définitivement consacrée, et l'organothérapie ovarienne, surrénale, hépatique, commence à rendre d'incontestables services. On a recours aussi à l'opothérapie indirecte ou de corrélation, dont l'application la plus heureuse est la médication thyroïdienne.
5° Période actuelle. — Elle est inaugurée par les travaux de Wassermann, Taktiki, Metchnikoff, A. Marie. L'atténuation de la toxine tétanique mélangée à de la substance nerveuse est une donnée qui permet d'espérer l'utilisation de l'organothérapie dans les maladies infectieuses. Les recherches de Metchnikoff qui pense que la neutralisation de cette toxine tient à une excitation spéciale de l'organisme (réaction générale, phagocytisme) montrent encore les rapports de l'opothérapie et de la sérothérapie.
Actuellement tous les efforts doivent tendre à isoler de ces organes des extraits bien définis, à en rechercher les propriétés pharmacodyna iniques, enfin à préciser les indications thérapeutiques exactes de ces nouveaux agents médicamenteux. C'est ainsi que l'on arrivera à créer une méthode thérapeutique féconde, susceptible de résister aux engouements passagers. Mais, d'ores et déjà, on peut appliquer à l'opothérapie la conclusion qui terminait le rapport de Roger sur la sérothérapie : « Nous ne croyons pas que cette méthode doive complètement bouleverser l'art de guérir. Elle a fourni un nouveau moyen de défense et un nouveau moyen de succès. N'essayons pas d'en dénigrer la portée en exagérant les autres méthodes. 11 faut fixer les indications de l'opothérapie, etc. » C'est, du reste, le but de la thérapeutique générale, c'est sur ce dernier point que nous insisterons tout particulièrement.
I. Voies d'introduction. — Le principe actif des organes à sécrétion interne peut être introduit à titre médicamenteux, soit par greff e péritonéale ou sous-cutanée, soit par injection intra-veineuse ou hypodermique des extraits, soit par ingestion alimentaire
Greffe. — Au début, elle n'a guère été utilisée qu'au point de vue expérimental. C'est ainsi que Cristiani a obtenu une greffe glandulaire du corps thyroïde chez les animaux. D'après Horsley, elle pourrait réussir chez l'homme à condition que le myxœdème ait disparu au moment où cette opération serait faite. Lannelongue, Jaboulay^) ont encore pratiqué la greffe de corps thyroïde et de capsules surrénales dans les maladies de ces glandes. Elle a été inspirée par les expériences de Schiff, qui greffait du corps thyroïde dans le péritoine d'animaux thyroïdectomisés. C'est encore dans le but de diminuer l'insuffisance de ces organes que l'on a traité le myxœdème par la greffe thyroïdienne ou mieux par l'ingestion de
(M Jaboulày, Chirurgie du grand sympathique et du corps thyroïde, 1900.
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corps thyroïdes d'animaux. Jaboulay a remplacé par une greffe directe de corps thyroïde d'agneau une portion de goitre hypertrophique. Cette grelïe s'est résorbée, mais les parties latérales du goitre Mit diminué de volume. Cette méthode directe hâterait donc la rétrocession et l'atrophie goitreuse. Les goitres cancéreux n'ont naturellement pas été modifiés à la suite de cette implantation directe de corps thyroïde d'animal. Dans la maladie d'Addison, la greffe des capsules surrénales de chien est très dangereuse. Les deux opérés de Jahoulay ont succombé au bout de vingt-quatre heures avec de l'hyperthermie, de la prostration et des phénomènes d'intoxication. L'un de nous a constaté, au point de vue expérimental, les bons résultats fournis par la greffe intra-péritonéale ou sous-cutanée de capsules surrénales fraîches de rats pratiquée sur les animaux de la même espèce préalablement privés de leurs capsules au moyen d'un procédé spécial ( ').
Injection*. — Elles ont été faites soit dans les cavités naturelles (rectum, péritoine), soit dans les veines, soit de préférence dans le tissu cellulaire sous-cutané.
Ingestion alimentaire. — C'est la voie d'absorption qui est employée depuis que Howitz, Fox, Mackensic, ont démontré que l'ingestion du corps thyroïde avail les mêmes effets que son injection sous la peau.
La voie rectale peut être utilisée surtout dans les cas de dégoût ou d'intolérance gastrique. On doit alors ou bien donner des extraits déjà solubilisés (par la pepsine, la tripsine, la papaïne, les sels minéraux), ou bien faire une véritable digestion rectale en ajoutant de l'extrait aqueux de pancréas.
11. Nous serons bref sur la technique de la préparation des extraits organiques^). Il faut tenir compte du choix des animaux (espèce, âge). On éliminera le cheval, qui est, en général, trop vieux lorsqu'il est abattu; on se servira du corps thyroïde de mouton, on emploiera les ovaires de brebis, les capsules surrénales de veau ou de mouton, le foie de porc. On prélèvera ces glandes sur de jeunes sujets. Il convient, en outre, d'obtenir une préparation physiologique des animaux, soit en hypertrophiant la glande, soit en exaltant sa fonction au moyen de glucose pour le foie, ou d'injection de sérum d'animal décapsulé pour les capsules surrénales, soit en recueillant les organes en état d'activité. Il est encore avantageux de rechercher un accouplement fonctionnel des glandes ou de leurs extraits en injectant des extraits de pancréas aux animaux dont on veut utiliser le foie; des extraits de rate à ceux dont le foie est destiné à des usages opothérapiques. Enfin, il est utile de recourir à Yopotltérapie associée
(') E. Boinet, Congrès de médecine interne de Lyon (1894, p. 006), de Bordeaux (1895, ]). 099), de Montpellier (avril 1898). Congrès des Sociétés savantes tenu à la Sorbonne (Paris, 1897, p. 200). Société de biologie de Paris (1895, p. 162, 273, 325, 498, 646; 1890, p. 164, 364; 8 et 15 mai 1897; 22 juillet 1899). Revue de médecine, Paris, 1897, p. 136. Thèse de doct. de Beuf faite sous notre inspiration (Montpellier, mai 1899), et Congrès international de médecine (Section de pathologie interne). Paris, août 1900).
(2) Voy. Gilbert et Carnot, loc. cit.
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(mélange des extraits de pancréas et de foie, digestion d'extrait de foie dans de l'extrait de pancréas).
III. Parmi les méthodes de conservation, nous citerons : 1° la stérilisation par lachaleur qui, au-dessus de 70 degrés, diminue l'activité thérapeutique des glandes desséchées; 2° la filtration sur bougie, de préférence à une température de 40 degrés ; 5° la stérilisation par Y acide carbonique sous pression; 4° l'addition dlICl jusqu'à réaction acide, puis la neutralisation de l'acide resté libre avec de la soude. On métamorphose ainsi un antiseptique dangereux en un sel marin inoffensif; les extraits conservent leurs propriétés et l'asepsie est absolue si la dose d'IIGl est suffisante (Gilbert et Carnot).
IV. Pharmacologie. — On peut employer : 1° les extraits complets, soit frais, soit conservés par la dessiccation dans le vide à la température de 20 degrés: 2° les extraits partiels (aqueux, alcooliques, glycérinés, éthérés, chloroformés, salés, alcalins), ou obtenus par la méthode de Baumann (acide sulfurique, puis alcool). Ce dernier procédé a permis d'obtenir la thyroïdine, l'iodothyrine, l'hépatéine; 3° on solubilise les glandes par digestion artificielle pour obtenir des extraits desséchés peptiques, triptiques, pancréatiques, papaïniques.
L'isolement chimique des principes actifs n'est pas encore réalisé et l'on est obligé d'utiliser l'extrait total. Quant à l'étude chimique des organes, elle a été soigneusement exposée par Lépinois (loc. cit.).
OpOTHÉKAPIE DANS LES MALADIES INFECTIEUSES ET DANS LES TROUBLES DE LA.
nutrition. — Les organes à sécrétion antitoxique jouent non seulement un rôle de protection contre les auto-intoxications, mais paraissent encore augmenter la résistance de l'organisme aux maladies microbiennes et constituer, comme les humeurs antiloxiques, des facteurs d'immunité. C'est ainsi qu'en dehors de l'organisme, certains organes à sécrétion interne peuvent modifier les agents virulents ou leurs* toxines. On a prétendu que l'extrait orchidique a donné des résultats dans la tuberculose, la morve, le charbon, le choléra. De plus, certains extraits organiques (de foie, d'intestin de chien, de thymus de veau) augmentent la résistance des chiens, auxquels ils sont injectés, contre le colibacille, le streptocoque, le bacille de Lœffler. Les recherches de Wassermann et Takaki, de Pfeiffer et Marx, permettent d'espérer que l'opothérapie des maladies infectieuses sera susceptible de fournir des résultats pratiques.
Opothérapie spéciale des organes. — Mais le plus souvent l'organothérapie convient aux troubles fonctionnels dus à l'insuffisance des organes intéressés, aux auto-intoxications, aux maladies par ralentissement de la nutrition et aux troubles nerveux. Elle établit, pour ainsi dire, une sorte de transition thérapeutique qui permet h ces agents biologiques d'être utilisés dans la plupart des troubles morbides.
I. Corps thyroïde. — ■ L'extrait thyroïdien a dans la méthode opothérapique la même importance que le sérum antidiphtérique dans les maladies infectieuses. Ses applications thérapeutiques sont nombreuses. La
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médication thyroïdienne (') a été employée : dans les cas d'âthyroïdisme* de dysthyroïdisme (opothérapié directe), dans l'obésité, la non-consolidation des fractures, les fibromes {opothérapié indirecte) et empiriquement (tétanie, selérodermie, psoriasis).
I. I. Dans les maladies du corps thyroïde. — a. Dans le myxœdème de l'adulte, on observe, à partir du quatrième jour, une amélioration uôtable qui ne se maintient pas, si l'on cesse le traitement; après la dose active, on doit continuer assez longtemps la dose d'entretien.
I>. Dans le myxœdème opératoire (accidents aigus et chroniques) survenanl après une ablation trop large du corps thyroïde.
c. Dans le myxœdème infantile. Ici l'ingestion du corps thyroïde favorise la démyxœdémisation, la croissance, l'augmentation de la taille, mais n'augmente guère l'intelligence de ces malheureux.
d. bans le crétinisme sporadique, l'amélioration est rapide, mais les enfants ont une sensibilité particulière à l'égard de cette médication, qui les expose à des accidents (mort subite, etc.).
e. Dans le crétinisme endémique, les résultats thérapeutiques sont plus lents.
/'. Dans les goitres : s'ils sont kystiques, ils ne sont guère influencés; s'ils sont charnus, l'amélioration se produit, surtout lorsque le sujet est jeune el le traitement précoce.
g. Goitre exophtalmique : tantôt il survient une amélioration symptomatique caractérisée par l'atténuation des troubles nerveux, la diminution de la tachycardie, des tremblements et, plus lentement, du volume du goitre, (les laits sont en contradiction avec la théorie de 1 nyperthyroïdation. Tantôt la médication thyroïdienne n'apporte aucune amélioration; parfois elle amène une exagération des symptômes. L'un de nous (-) a observé ces trois éventualités thérapeutiques; elles peuvent s'expliquer soit par la variété du goitre exophtalmique, soit par la durée, l'intensité, l'opportunité, la persistance ou l'exagération de la médication thyroïdienne. Les faits cliniques et les résultats de l'examen histologique légitiment cette interprétation. L 'opothérapié thyroïdienne convient plutôt aux faux goitres exophtalmiques ou goitres basedowfiés.
c2. La médication thyroïdienne est encore utile dans les cas d'arrêt de croissance (nanisme, infantilisme). Cependant l'un de nous n'a obtenu aucun résultat chez un petit sujet de sept ans, qui avait absorbé pendant assez longtemps soit de la glande thyroïde fraîche, soit de l'extrait thyroïdien. Elle est avantageusement appliquée dans Yathrepsie, le rachitisme, les retards dans la consolidation des cals (Hanau, Gauthier) (3). Cepen-
(*) Lépine, De la médication thyroïdienne. Semaine méd., 1806, p. 57; La thyroïdine. Ibidi, 1896, p. 553; Mode d'action de l'opothérapie thyroïdienne. Ibid., 1897, p. 469. — Briquet, De la valeur comparée des médications thyroïdiennes. Presse méd., 1902, p. 885.
(-) Boinet, Recherches sur le goitre exophtalmique. Revue de méd., 10 juillet 1898 et 10 décembre 1899.
(5i Sée, Médication thyroïdienne dans les retards de consolidation. Thèse de Lyon, 1900, n° 71.
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dant les communications récentes à la Société de chirurgie (r) montrent que l'importance de ces derniers résultats a été exagérée, et des recherches expérimentales faites sur des cohayes et présentées récemment à la Société de hiologie (2) prouvent que la thyroïdine n'a pas accéléré la consolidation. Cependant les observations de Quenu, Reclus, paraissent assez probantes. En tous cas, la médication thyroïdienne bien surveillée reste toujours indiquée clans les retards de consolidation des cals. Il est indispensable de ne pas dépasser certaines doses sous peine de provoquer les accidents de thyroïdisme aigu sur lesquels F. Franck a appelé l'attention dans une communication à l'Académie de médecine (1899).
L'extrait thyroïdien a encore été employé contre. V hypertrophie de la prostate. Cette tentative a été à peu près infructueuse.
II. Dans les maladies par ralentissement de la nutrition, Popothérapie thyroïdienne est encore applicable, puisqu'elle a une influence excitatrice sur la nutrition.
a. Dans Yobésité, elle entraine une diminution assez rapide de poids, qui ne tarde pas à s'atténuer ; parfois elle échoue complètement. C'est une médication à surveiller à cause des troubles nerveux, cardiaques, qu'elle peut provoquer. Dans un cas publié par Ferrarini (3), en 1889, la thyroïdine ingérée en excès par une femme obèse a déterminé des palpitations, un délire continu avec prédominance de phénomènes hallucinatoires et illusionnels de l'ouïe et de la vue, de la confusion mentale hallucinatoire, du tremblement, en un mot une partie du syndrome basedowien. L'un de nous a observé un cas inédit analogue.
b. Dans le diabète, on a constaté tantôt une diminution réelle de la glycosurie, tantôt une augmentation de sucre. Ce traitement peut parfois donner une glycosurie passagère ou permanente ; aussi a-t-on proposé la thyroïdine comme réactif d'épreuve dans les cas de diabète fruste. En résumé, Popothérapie thyroïdienne ne doit pas être employée dans le diabète, car les résultats observés par Schmoll, Fontana et Grasselli, Martin, ont été peu encourageants.