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DIAGNOSTIC DE LA TUBERCI LOSE PAR LA TUBERCUL1NE

La tuberculine, discréditée comme a^ent thérapeutique de la tuberculose, es! restée, tant eu Allemagne qu'eu France, un moyen de diagnostic de la tuberculose donl on peut tirer parti dans certains cas difficiles : nous rétudierons à ce seul point de nie.

Le bacille tuberculeux sécrète des pro luit- toxiques extrêmement variés : les uns, à la manière des poisons soluble-. diffusent dans le milieu de culture et peuvent en être séparés par la fîltration; les autres, et ce sont précisément ceux que Kocb i'i a étudiés sous le nom de tuberculine. restent adhérents au corps du microbe.

Pour les extraire, la mort du bacille est nécessaire, que le microbe soit tué par la chaleur et que I extraction soit faite au moyen de la glycérine à chaud (ancienne tuberculine), que le microbe soit soumis à une véritable trituration qui en détruit l'enveloppe protectrice et met la toxine en liberté i nouvelle tuberculine T. R. .

Tuberculine ancienne. — La préparation de la tuberculine ancienne de Kocb est très simple : on prend une culture de bacille tuberculeux en bouillon glycériné à 4 pour 100, vieille de six semaines, donnant un voile à la surface du milieu; cette culture est stérilisée à l'autoclave à 110 degrés, puis concentrée au 1 10 au bain-marie par évaporation; le liquide brunâtre, sirupeux, d'odeur pénétrante, est filtré sur papier et recueilli; c'est lui qui constitue la tuberculine brute.

On se sert ^différemment de cultures de tuberculose humaine ou aviaire pour la préparation de la tuberculine. on emploie même de préférence la tuberculose aviaire dont les cultures ont été longtemps les seules qu'on maniât d'une façon courante dans les laboratoires.

11 semble cependant qu'il y ait de grandes différences dans l'action de la tuberculine. selon la virulence du bacille tuberculeux. Krompecher a même vu que la tuberculine tirée de bacilles tuberculeux avirulents ne détermine pas de réaction appréciable lorsqu'on l'inocule à un animal tuberculeux. Il en serait de même de la tuberculine extraite de la tuberculose des poissons, d'après le même auteur: il faut rappeler cependant que MM. Ramond et Ravaut(2 . au moyen de I centimètres cubes de cette tuberculine, ont pu dans un cas provoquer chez un lapin tuberculeux une ascension thermométrique de 2 degrés; la dose employée par les expérimentateurs enlève d'ailleurs une partie de sa valeur à l'expérience.

1 Koch, Congrès de Berlin, 1900.

(2) Ramo.nd ot Ravaot, Soc. de bioL, 28 mars 1898.

[F. WIDAL et F. BEZAIfÇON.]

DIAGNOSTIC DES MALADIES INFECTIEUSES

Malgré de nombreuses tentatives, on n'est pas parvenu à extraire de la tuberculine le principe actif; l'extrait alcoolique, l'extrait alcalin (obtenu à l'aide d'une solution de soude caustique à 10 pour 100) se sont montrés entre les mains de Koch inférieurs à la tuberculine brute, qui est la seule qu'on emploie encore aujourd'hui.

La tuberculine doit être conservée à l'état brut à l'abri de l'air et de la lumière, et n'être diluée qu'au moment de l'inoculation. Cette dilution est toujours nécessaire, les doses de tuberculine que l'on emploie dans un but diagnostique étant des doses infinitésimales. Koch se sert comme liquide de dilution de la solution de sérum physiologique ; Nocard, Grasset et Wedel, Hutinel, d'eau phéniquée à 1/500 ou à 1/1000.

Reche?xïies expérimentales. — Le cobaye sain est très peu sensible à la tuberculine, une injection de 2 centimètres cubes reste sans effet appréciable, le cobaye tuberculeux succombe, au contraire, à l'inoculation de 1/2 centimètre cube.

L'homme est beaucoup plus sensible que le cobaye à la tuberculine ; chez Thomme sain, indemne de toute tuberculose, une dose de 1 centigramme suffit déjà à provoquer une réaction thermique. Une dose de 25 centigrammes, que Koch s'était inoculée à lui-même, produisit les effets suivants : trois ou quatre heures après l'injection, des tiraillements dans les membres, de la fatigue générale, de la tendance à la toux, de la dyspnée; vers la cinquième heure, un frisson très intense qui dura près d'une heure, des malaises, des vomissements ; la température s'éleva à 59°, 6; au bout de douze heures les phénomènes s'amendèrent, la température s'abaissa et revint à la normale le jour suivant; il ne persista pendant quelques jours qu'un peu de lourdeur dans les membres, et de fatigue générale, de la rougeur et de la douleur légère au point d'inoculation.

Chez les tuberculeux, une dose de 1 centigramme détermine toujours la réaction, il est inutile d'ailleurs d'employer des doses aussi fortes; Grasset et Wedel utilisent des doses de 2 à 5/10 de milligramme pour une première injection et de 5/10 de milligramme pour une seconde, si la première n'a pas été suivie de réaction.

Celle-ci consiste en un accès de fièvre accompagné de frisson, et d'ascension de la température à 59, 40 et même 41 degrés. Le malade éprouve des douleurs dans les membres, de la toux, des malaises et des vomissements, parfois de l'ictère léger ou un exanthème rubéoliforme localisé au cou et à la poitrine. Le début des manifestations a lieu de quatre à cinq heures après l'injection, il peut être exceptionnellement retardé jusqu'à trente-six heures ; la durée de l'accès est de douze à quinze heures.

Cette réaction générale traduit la réaction locale qui s'accomplit au niveau du territoire tuberculeux, congestion pérituberculeuse avec augmentation de la toux et de l'expectoration, s'il s'agit de tuberculose pulmonaire; gonflement, rougeur au niveau des tuberculoses locales.

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