CHAPITRE
LA RATION D'ENTRETIEN CHEZ L'HOIVIIV^E
Des notions qui ont été exposées précédemment, il ressort que nos aliments doivent répondre à deux ordres de besoins :
1" Ils doivent apporter avec eux la somme d'énergie suffisante pour couvrir, pendant un temps donné, les dépenses en chaleur, travail mécanique, etc., effectuées par Torganisuie.
'2° Ils doivent contenir un ensemble de substances chimiques déterminées, dont la machine animale a besoin pour Tentretien et le fonctionnement de ses organes, sans qu'elle puisse remplacer Tune de ces substances par aucune autre, ni la fabriquer aux dépens d'aucune autre.
Le premier de ces besoins pourrait être exprimé par un certain nombre de kilogrammètres. On le représente plus simplement par un chiffre de calories, unité très commode, d'abord parce que l'énergie chimique de nos aliuients est pratiquement évaluée au calorimètre en unités de chaleur, et ensuite parce que c'est surtout sous la forme de chaleur que l'organisme dépense l'énergie qui lui est fournie par ses aliments.
Le second, comme le dit très bien Lapicque, devrait, pour être exprimé d'une façon adéquate, être représenté par une liste de substances, avec un certain poids en regard de chaque nom de cette liste.
Lorsque ces deux ordres de besoins sont exactement couverts, l'organisme est dit en état d'entretien : il équilil)re alors ses recettes et ses dépenses, et la ration alimentaire cpn le maintient dans cet état s'appelle une ration cV entretien ou cVéquilibre. Au contraire, lorsque les matériaux fournis sont insuffisants à l'un ou l'autre des deux points de vue qu'on vient d'établir, l'organisme vit en partie aux dépens de ses propres tissus, dont il détruit la quantité nécessaire pour couvrir le déficit en énergie, ou bien auxquels il enq)runte le complément des substances qui lui font défaut.
De ces deux besoins, le premier est assez bien connu. On sait, au moins dans certaines conditions physiologiques, quelle est la quantité totale d'énergie dépensée par notre organisme. Mais le second constitue un chapiti'c de physiologie générale à peine entamé. L'étude qualitative des aliments vient de nous montrer, en effet, combien nous sommes loin encore de pouvoir dresser une liste complète des aliments simples, à la fois nécessaires et suffisants ; nous ne savons pas mieux quel poids il faudrait inscrire à côté de chacune des substances portées sur cette liste, puisque même le besoin d'albumine — cet aliment par excellence — est
[r. LAMBLING ]
NOTIONS GÉiNI^RALES SUR LA NUTRITION A L'ÉTAT NORMAL
nussi mal connu clans sa grandeur (|u"il reste encore niysléi ieiix dans sa cause.
Étudions donc successivement ces deux ordres de besoins, et soit :
1° La grandeur du besoin total de calories chez riiomme, c'est-à-dire
la somme totale d'énergie nécessaire à Tentretien de la vie |)endanl un
laps de temps donné (vingt-quatre heures) ;
2° La grandeur du besoin de substances chimiques déterminées, ])en-
dant la même période.
§ I — LE BESOIN TOTAL DE CALORIES CHEZ L'HOMME PRINCIPE DES ALIMENTS ISODYNAMES