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LES CONNEXIONS VASCUL AIRES

tissent forcément sur l'organisme entier. La pathologie cardiaque fournit les exemples les plus nombreux et les plus instructifs des processus patliogéniques de deuxième ordre.

Les lésions valvulaires, les mieux compensées en apparence, s'accompagnent d'un certain nombre de troubles vasculaires et consécutivement de troubles nutritifs; l'examen du faciès, chez l'aortique ou le mitral, suffit à démontrer le retentissement du cœur sur les parties éloignées. L'influence dystrophique des cardiopathies est surtout marquée, lorsque la lésion a débuté dans l'enfance : elle peut se traduire par l'infantilisme, comme nous l'avons observé à la suite de l'insuffisance aortique. Un exemple plus connu est fourni par Thistoire du rétrécissement mitral pur, donnant aux femmes qui en sont atteintes un aspect de chlol'otiques.

Où l'influence pathogénique des troubles circulatoires apparaît nettement, c'est dans les cas d'insuffisance cardiaque ou d'asystolie. L'insuffisance du cœur n'est pas toujours consécutive à une lésion antérieure de cet organe; elle peut survenir secondairement : des viscères plus ou moins éloignés provoquent des désordres qui deviennent le point de départ de nouvelles manifestations morbides. Avant d'étudier les conséquences de l'asystolie, il nous faut donc rechercher par quel mécanisme se produit l'insuflisance secondaire du cœur.

On peut admettre théoriquement (pie tout obstacle placé sur les vaisseaux elïérents du cœur retentit forcément sur cet organe, puisque son travail est proportionné à la résistance qu'il doit vaincre. Quand on comprime une artère, si petite qu'on la su])pose, on augmente le travail du cœur; mais les modihcations sont si légères que rien ne les révèle : c'est l'induction qui force d'admettre le fait, comme elle nous conduit à aflirmer que l'étoile la plus éloignée exerce une action attractive sur le moindre grain de sable de notre globe. Si Ton pratique la ligature de l'artère principale d'un membre, le cœur devra dépenser un surcroît d'énergie pour rétablir la circulation sur une nouvelle base et permettre le développement d'un réseau anastomotique : il n'est pas possible qu'il en soit autrement. Mais en pratique ces faits n'ont encore aucune importance.

11 n'en est plus de même lorsqu'une grande partie du système artériel se trouve altérée : l'artério-sclérose, par exemple, en abolissant l'élasticité des artères, augmente le travail du myocarde, provoque son hypertrophie et, plus tard, entraîne une série de troubles qui pourront à la longue aboutir à l'asystolie.

Les phénomènes sont semblables quand un anévrisme s'est développé sur un vaisseau très important, comme l'aorte ; tandis que si la dilatation porte sur une artère relativement peu volumineuse, sur la poplitée, par exemple, les troubles cardiaques ne seront pas appréciables.

Le même processus pathogénique est-il applicable aux viscères? Traube l'a soutenu; d'après lui, la néphrite interstitielle retentit sur le cœur

parce qu'elle restreint le champ circulatoii'e : l'explicatioii a été vivement combattue et Ton tend à admettre aujourd'hui que les troubles du cœur et du rein relèvent d'une cause plus généiale, de Tartério-sclérose qui agirait simultanément sur les deux organes. Cependant la conception de Traube contient, semble-t-iU une part de vérité : des lésions localisées (hi rein ou des altérations produites expérimentalement ont été suivies d'une hypertrophie du myocarde.

On conçoit que les troubles circulatoires des autres organes tributaires de l'aorte puissent avoir des conséquences analogues; mais le plus souvent ceux-ci retentissent sur le cœur, par un mécanisme différent, c'est-à-dire (pi'ils empruntent le concours du système nerveux. Ainsi se produisent les insuffisances cardiaques consécutives aux troubles du foie, et, plus rarement, des autres viscères abdominaux. Leurs affections, surtout celles (pii sont douloureuses, provoquent un réflexe qui suit le sympathique couuue voie centripète et connue voie centrifuge; il se produit une vasoconstriction des vaisseauxdu poumon et secondairement une augmentation de la pression dans l'artère pulmonaire, puis une insuffisance tricuspidienne; l'asystolie de la colique hépatique représente l'exemple le juieux connu de ce genre.

Les troubles de la petite circulation, qui expliquent l'action des divers organes abdominaux siu' le cœur, interviennent à chaque instant dans les cas de lésions pulmonaires. C'est surtout dans l'enq^hysème, la dilatation des l)ronches, les scléi'oses du j^oumon, la phtisie fibreuse, (pi'on voit survenii' des thlatations du c(rur droit se traduisant par des accès d'asystolie à caiactères un peu spéciaux : nous avons constaté dans un grand nondjre de cas que, malgré les œdèmes et les stases viscérales, le pouls reste h)ngteuq)s fort et régulier, la tension atteint son chiffre normal; il n'(;xiste, semble-t-il, qu'une insuffisance du cœur droit : le cœur gauche lésiste encore assez bien. On conçoit ainsi que les asystolies d'origine j)ulmonaire soient beaucoup plus difficiles à vaincre que les asystolies vulgaires; les médicaments cardiaques, cpii agissent surtout sur le ventricule gauche, auront dans ce cas beaucoup moins d'action.

Mais, sauf quelques détails d'importance secondaire, les elfets consécutifs aux insuffisances cardiaques sont identiques, quelle que soit la cause, et obéissent aux mêmes règles.

Ce qui caractérise essentiellement l'asystolie, c'est l'abaissement de la pression artérielle coïncidant avec une élévation de la pression veineuse. Il en résulte une série de congestions ])assives, entraînant à leur suite divers troubles viscéraux. Ceux-ci, d'abord peu marqués, peuvent se dissiper rapidement; si l'on parvient à rendre au cœur son énergie première, le foie reprend son Tolume normal, les reins cessent de laisser filtrer l'albumine, les râles disparaissent des poumons . Mais, si les accès d'asystolie se répètent ou se prolongent, il arrive un moment où la médication cardiaque ne réussit plus; sous l'influence de la digitale et de la caféine, les battements pourront reprendre leur force et leur régularité.

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