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LES CO^WEXKINS VASCULAIRES

plus complexe à la suite des recherches récentes, la loi posée autrefois par M. Renaut reste vraie : tout œdème viscéral, sanjjjnin ou lymphatique, ahoutit à la longue à la sclérose. Nous ajouterons aujourdluii que cette sclérose est en quelque sorte un processus cicatriciel, venant remplacer les éléments nohles qui dégénèrent : autrement dit, nous pouvons conclure encore que toute sclérose est d'origine épithéliale.

Ce que nous voulons surtout retenir des faits que nous avons exposés, c'est qu'une affection primitive ou secondaire du cœur devient presque constamment le point de départ de lésions viscérales multiples. Dès lors la cardiopathie est rejetée au second plan ; elle a servi de cause à de nouveaux trouhles ou à de nouvelles lésions qui vont évoluer pour leur propre compte. On est donc conduit à une distinction très importante et souvent négligée par les auteurs, entre l'asystolie proprement dite et la cachexie cardiaque; dans le premier état, tous les trouhles disparaissent quand le cœur reprend son énergie ; il n'en est plus de même dans le second cas, où prédominent les lésions des viscères, frappés secondairement.

Rien d'instructif à cet égard comme l'histoire de ces sujets atteints d'ascite et chez lesquels le foie, souvent volumineux, fait penser k une cirrhose. Il n'y a pas d'œdème, pas d'arythmie, il existe simplement un souffle systolique à la pointe ; et cependant ces malades sont des cardiaques ; c'est Tinsuffisance mitrale qui a été le point de départ de la cirrhose, mais celle-ci a pris une place dominante, et, si l'on ne possède pas de renseignements sufhsants, si l'on n'a pas suivi l'évolution morhide, on éprouve de grandes difficultés à reconstituer la hliation. De même, en présence d'un alhuminurique, on ne doit jamais se hâter de conclure au mal de Bright; examinant le cœur, on y trouve souvent la lésion qui a causé l'altération rénale.

Des connexions établies par les vaisseaux périphériques. — Les

vaisseaux ])ériphériques étahlissent encore de nomhreuses connexions entre les diverses parties de l'organisme et expliquent un grand nomhre de trouhles secondaires.

Des organes peuvent être mis en relation par un système sanguin particulier; c'est ce qui existe entre le poumon et le cœur. Laissant de côté cette disposition spéciale dont nous avons déjà étudié les conséquences, nous voyons que plusieurs organes peuvent être réunis par un système porte qui les rend trihutaires les uns des autres. Dans le système porte hépatique, le seul qui existe chez l'homme, on conçoit que des altérations portant sur la rate, l'estomac ou l'intestin puissent à la rigueur gêner la circidation dans le foie; mais presque toujours c'est l'inverse qui a lieu. Une cirrhose hépatique a pour effet d'amener la stase dans les organes situés en amont : de là les congestions du tuhe digestif, l'hypertrophie de la rate, le développement d'une circulation collatérale, la production de l'ascite.

l'ATIIOLOGIE GÉNÉRALE.

— in.

Dans craiitres cas, beaucouji plus nombreux, les troubles secondaires résultent d'une compression exercée sur les vaisseaux d'un organe par les parties avec lesquelles ceux-ci sont en rapport.

Les résultats varient évidemment suivant que la compression porte sur les vaisseaux afférents (artère ou système porte) ou efférents (veines ou lymphatiques). Dans le premier cas, il y a ischémie ou anémie complète; dans le second cas, il se ])roduit de la stase veineuse ou lymphatique. A la suite de ce premier stade, on voit survenir des modifications circulatoires qui tendent h rétablir le cours du sang et peuvent ainsi remédier aux premiers accidents. Sinon, la compression a pour effet d'entraîner des modilications d'ordre trophique : tantôt la dystrophie portera sur le vaisseau lui-même et produira l'hémorragie ; tantôt l'ischémie persistante aboutira à la nécrobiose, au ramollissement; tantôt enfin la stase veineuse ou lymphatique engendrera la sclérose. Dans ce dernier cas, il faut peut-être, comme nous l'avons fait à projios des insuffisances cardiaques, invoquer l'intervention d'un élément surnjouté, c'est-à-dire des microbes ou de leurs toxines. La sclérose résulterait donc d'une origine infectieuse, mais l'infection serait atténuée, incapable de susciter des manifestations appréciables.

11 n'en est pas toujours ainsi : les troubles vasculaires, en favorisant le développement des agents microbiens, jouent un rôle important dans la patliogénie des phlegmons diffus, des gangrènes sèches ou humides; ils interviennent à chaque instant dans la localisation des processus même spécifiques; telle est la pneumonie caséeuse, dans les cas où l'artère pulmonaire est comprimée par une tumeur ou un anévrisme de l'aorte.

Ainsi une lésion quelconque, gênant la circulation d'un organe, produit une série de modifications consécutives qu'on peut résumer de la façon suivante : troubles initiaux de la circulation, anémie ou hyperémie, rétablissement plus ou moins complet de la circulation, parfois développement de réseaux collatéraux, ou bien troubles dystrophiques consécutifs, nécrobiose, ramollissement, sclérose; possibilité d'infections secondaires, inflammatoires, pyogéniques, gangreneuses, tuberculeuses.

Rôle et importance des embolies. — Le système vasculaire peut encore jouer un rôle important dans la propagation ou la diffusion des processus morbides en servant de vecteur à des corps étrangers, issus d'un foyer primitif. Lancé dans la circulation sanguine ou lymphatique, le corps étranger cheminera sans entrave, puis il s'arrêtera brusquement en un point, suscitant une série de phénomènes morbides dont l'ensemble constitue le processus désigné, depuis Virchow, sous le nom d'embolie. Parfois l'embolus, c'est-à-dire le corps étranger qui va déterminer l'embolie, oblitère plus ou moins complètement le vaisseau où il s'arrête; parfois il est assez petit pour le traverser, s'il s'arrête c'est par suite d'une sorte d'adhérence moléculaire, (;oiume le microbe qui ne peut traverser les pores d'un filtre de porcelaine plus larges que lui.

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