‹ Traité de pathologie générale [electronic resource] (volume 4)Chapitre 156 sur 166 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

ROLE DES PRINCIPAUX ORGANES DANS LE DÉVELOPPEMENT DES PROCESSUS PATHOLOGIQUES DE DEUXIÈME ORDRE

Nous avons essayé d'analyser les procédés par lesquels une lésion locale retentit sur les diverses parties de Torganisme. Il nous faut maintenant faire l'application de ces données générales à chaque organe et à chaque tissu. On verra ainsi que dans la plupart des cas, plusieurs procédés sont mis en œuvre et qu'il n'est pas toujours facile de déceler par quel mécanisme se produisent les troubles successifs dont l'organisme est le siège.

Processus pathogéniques d'origine gastro-intestinale. — Envisageons d'abord le tube digestif. Nous pouvons, au point de vue qui nous occupe, le diviser en deux portions : l'une, la supérieure, sert simplement de voie de passage aux aliments ; ses altérations agissent par action mécanique sur les parties voisines, par action réflexe sur les parties éloignées. La portion inférieure est bien plus importante : elle est le siège d'actes chimiques destinés à assurer la rénovation de l'organisme. Les troubles qui peuvent s'y produire aboutissent à des auto-intoxications dont on commence maintenant à saisir tout l'intérêt.

Aussi, quand il s'agit d'altérations de la bouche, de la gorge, de l'œsophage, on peut, comme toujours, observer des accidents réflexes. S'il se produit une sténose, l'alimentation devient difficile, parfois impossible. L'obstacle mécanique entraine une insuffisance alimentaire, un trouble profond de la nutrition générale qui met l'économie entière en état d'opportunité morbide, prédispose au développement de complications infectieuses, notamment à la gangrène pulmonaire.

L'importance de la deuxième portion du tube digestif est bien plus considérable.

Au point de vue de la pathologie générale, nous devons envisager simultanément l'influence de l'estomac et de l'intestin. Il est démontré, en effet, que les troubles gastriques ne restent pas longtemps isolés. A échéance assez brève, ils provoquent dans l'intestin une série de manifestations secondaires. Un estomac malade livre au duodénum des aliments mal élaborés, qui seront difficilement ou insuffisamment digérés dans l'intestin et ne tarderont pas à altérer la muqueuse. C'est un nouvel exemple d'une synergie fonctionnelle. La pathologie établit l'unicité ou, du moins, la solidarité des parties que l'anatomie et même la physiologie considèrent comme distinctes.

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