ROLE DE LA RATE
hable, a priori, qu'il s'agisse crime fonction exclusive à certains batraciens. Nous pensons qu'il est plus philosophique de voir dans ces faits une simple exagération d'une propriété générale. Peiit-être pourra- t-on un jour expliquer, par la connaissance plus approfondie de cette h)nction, la relation qui unit la pigmentation cutanée à certaines lésions hépatiques et comprendre ainsi le mécanisme de la mélanodermie dans les cirrhoses pigmentaires et le diabète bronzé.
Les processus de second ordre que nous venons d'indiquer s'expliquent par des modifications humorales d'origine hépatique. Mais il existe d'autres connexions entre le foie et le reste de l'organisme. Ce sont les connexions nerveuses que nous avons déjà étudiées à plusieurs reprises; il nous suffira de rappeler les faits les plus saillants. Les lésions du foie peuvent retentir directement ou indirectement sur le tube digestif. A peine si nous avons besoin de rappeler la gastralgie et les vomissements des coliques hépatiques. Dans certains cas, il se produira une sécrétion intestinale exagérée qui se traduira par un état cholériforme ; dans d'autres, ce sera un acte inliibitoire amenant l'arrêt des matières et des accidents de pseudo-étranglement, parfois mortels (Siredey, Ilutinel). C'est aussi par l'intermédiaire du système nerveux que les douleurs hépatiques produisent l'anurie passagère, les troubles pulmonaires et cardiaques.
Rôle du pancréas, de la rate et des glandes closes. — Comme le foie, \e pancréas représente une glande à conduit excréteur et une glande à sécrétion interne. Les recherches récentes, notamment celles de Carnot, Klippel, Lefîis, établissent la fréquence des altérations pancréatiques. Cette glande peut être atteinte à peu près dans les mômes circonstances que le foie, et souvent ses lésions coexistent avec des altérations de ce viscère. C'est assez dire qu'on observe des lésions pancréatiques tantôt au cours des affections du foie, du cœur, du rein, du tube digestif, tantôt à la suite des infections aiguës ou pendant l'évolution des infections chroniques, comme la tuberculose ou la syphilis, tantôt dans le cours des intoxications exogènes comme l'alcoolisme ou endogènes comme l'urémie. Si le pancréas est atteint en tant que glande sécrétoire, son insuffisance se traduira par une série de troubles digestifs et notamment par une suppression de la digestion et de l'absorption des graisses. S'il s'agit d'une suppression de la fonction interne, on observera la glycosurie ou plutôt une variété de diabète sucré, le diabète maigre. La lésion pancréatique retentit dans le premier cas sur l'intestin, dans le second cas sur l'économie entière.
On peut observer encore des accidents d'ordre mécanique qui sont fort intéressants : le cancer de la téte du pancréas, en comprimant le canal cholédoque, provoque un ictère chronique qui a pour caractère particulier de ne jamais rétrocéder et de s'accompagner d'une distension très marquée de la vésicule biliaire. Ces symptômes hépatiques doivent être
bien mis en vedette; ils jiossèdent une valeur sémiologique de premier ordre.
Le retentissement des lésions du foie sur la raie est connu depuis longtemps, mais diversement interprété. Un grand nombre de cirrhoses comptent l'hypertrophie splénicpie au nombre de leurs symptômes. Réciproquement, M. Chauftard pense que certaines cirrhoses hépatiques peuvent reconnaître pour cause une lésion antérieure de la rate.
Les autres relations qu'on a voulu établir entre la rate et certaines glandes sont loin d'être démontrées. La suppléance réciproque de la raie et de la glande thyroïde ne peut plus être admise. Mais rimportance du rôle hématopoiétique de la rate a pu faire penser que l'insuffisance de cet organe était compensée par une suractivité de la moelle osseuse. L'exj)érimentation ne confirme pas cette opinion. Ayant enlevé la rate à un certain nombre de lapins, nous avons constaté, avec M. Josué, que la moelle ne présentait aucune modification a])préciable. L'examen microscopique et l'analyse chimique ont été d'accord pour établir que, chez les animaux splénectomisés, la moelle osseuse conserve sa structure et sa composition normales.
Les lésions des autres glandes sans conduit excréteur provoquent dans l'organisme une série de modifications que Ton cogumence à connaître et qui relèvent, pour la plupart, d'une auto-intoxication. Après les détails déjà donnés à ce sujet dans le premier volume de cet ouvrage, il nous suffira de rappeler brièvement les faits principaux.
C'est surtout la glande thyroïde qui a été étudiée à ce point de vue. Sa suppression ou son insuffisance est suivie tantôt d'une intoxication rapide, variété de tétanie; tantôt de manifestations dystrophiqucs, lentes et progressives, caractérisées par des dépôts de mucine dans les tissus, c'est le myxœdème; tantôt d'une affection spéciale, l'endémie crétino-goitreuse. Réciproquement, la glande thyroïde peut être le siège d'ime suractivité fonctionnelle qui se traduit par un syndrome particulier, le goitre exophtalmique. Il suffit de réfléchir à la symptomatologie si riche de cette dernière affection pour comprendre que les troubles thyroïdiens retentissent sur toutes les parties de l'organisme; mais c'est surtout le système nerveux ([ui est frappé et ses modifications expliquent, non seulement le tremblement, mais la plupart des manifestations viscérales, tachycardie, diarrhée, troubles urinaires, etc.
Ce qui augmente l'intérêt qui s'attache à fétude de la thyroïde, c'est que cette glande est altérée dans un grand nombre de maladies. Les recherches que nous avons poursuivies avec M. Carnier, établissent la fréquence, pour ne pas dire la constance, des lésions thyroïdiennes dans les infections et les intoxications. A un premier degré, on constate une hypersécrétion glandulaire ; phis tard, la sécrétion s'arrête et les cellules dégénèrent. Ces altérations qu'on peut reproduire facilement chez les animaux, ont été observées chez l'homme dans la scarlatine, la rougeole, la diphtérie, la fièvre typhoïde, etc. Si l'on ajoute que les parathyroïdes sont