‹ Traité de pathologie générale [electronic resource] (volume 4)Chapitre 161 sur 166 · ROLE DU REIN · texte numérisé non relu

ROLE DU REIN

également atteintes, on arrivera à conclure que rinikiencc pathogène de l'appareil thyroïdien doit se faire sentir heaucoup plus souvent qu'on ne l'avait cru tout d'ahord.

Peut-être laut-il aussi attrihueranx scléroses thyroïdiennes, qui, d'après nos recherches, semblent constantes chez les tuberculeux, certains symptômes présentés par ces malades et notamment la tachycardie. D'un autre côté, les observations de Thibierge, de Gilbert et Castaigne établissent que le myxœdème et le goitre exophtalmique peuvent se développer à la suite des infections : ce résultat démontre bien Fimportance des lésions que nous avons décrites et éclaire singulièrement l'étiologie, jusqu'ici si obscure de ces affections

Des considérations analogues peuvent s'appliquer aux glandes surrénales. Elles sont fréquemment lésées, notamment dans les infections et les intoxications ; de nombreuses recherches cliniques et expérimentales ne laissent aucun doute à cet égard. Or, leurs altérations peuvent retentir sur le système nerveux et sur la nutrition. Tout le monde connaît la fatigue, l'asthénie, l'amaigrissement des individus atteints de maladie bronzée. D'un autre côté, par un mécanisme assez ol)scur, peut-être par l'intermédiaire des plexus nerveux qui les avoisinent, ces glandes provoquent des troubles pigmentaires abondants et étendus. Quel (pie soit du reste le procédé mis en œuvre, la mélanodermie constitue un bel exemple du retentissement d'une lésion locale sur tout un système anatomique.

(rest à une lésion de la glande pituilaire qu'on tend à attribuer aujourd'hui l'acromégalie. S'il se conlirme, ce fait établira une fois de plus la multiplicité des organes ]>ouvant inlhiencer la nutrition des diverses parties de l'organisme.

On connaît moins l'influence du thymus; il semble cependant résulter de recherches encore inédites, poursuivies actuellement dans notre laboratoire, ({ue cette glande joue un rôle important dans la nutrition, et qu'elle subit de notables modifications histologiques dans les infections les plus diverses.

Processus pathogéniques d'origine rénale. — Il n'est peut-être pas d'organe, le foie excepté, qui ne ressente plus fortement que le rein les lésions des autres parties et qui ne provoque plus souvent des troubles secondaires.

Le rein peut exercer une action mécanique, comme dans les cas d'ectopie et surtout d'hydronéphrose. 11 peut troubler la circulation et, quelle (jue soit la théorie qu'on adopte, on doit reconnaître que ses lésions retentissent facilement sur le cœur dont elles provoquent l'hypertrophie. Mais c'est surtout (piand est entravée sa fonction dépuratrice que de nombreux troubles apparaissent. Nous avons déjà insisté sur ce fait à pro})Os des auto-intoxications ; il nous suffira de rappeler que rarement les néphrites, au moins les néphrites chroniques, débutent par des manifes-

LES PROCESSUS PATHOGÉNIQUES DE DEUXIÈME ORDPxE.

tations iirinaires. Sauf la polyiirie et la pollakiurie qui sont inconstantes et souvent peu marquées, les symptômes portent sur des appareils lointains; sans une oljservation attentive, on risquerait fort de les mal interpréter. Ce sont en elï'et des manifestations cardiaques, palpitations ou mèmeasystolie passagère, des accès astinnatiformes, de la dyspepsie, des migraines, parfois des troubles intellectuels ou de Tamblyopie. Un observateur attentif ne se laissera pas prendre à ces manifestations protéiformes et se méliera des migraines et des asthmes qui connuencent à un âge un peu avancé. 11 fera un examen plus minutieux du malade et arrivera à l'inter- |)rétation exacte, parfois en décelant un peu d'albumine dans l urine, plus souvent en constatant un troul)lc assez particulier portant sur le cœur, nous voulons j)arler du bruit de galop. Ainsi c'est encore par un signe extra-rénal qu'on aflirnu^ le diagnostic.

Si Ton fait Tautopsie d'im individu ayant succombé à une affection rénale, on trouve également des altérations profondes dans les divers organes. L'hypt-rtrophie du ventricule gauche, l(>s lésions pulmonaires, r(e(b''me cérébral et, dans quelques cas plus rares, les ulcérations gastroinlestinah's constituent des lésions bien connues. Dans ces derniers temps, on a sigiudé (b's altérations dans d'autres viscères. Fleischer a observé une congestion liépati([ue intense chez les chiens dont il avait lié les uretères. Mais c'est à Gaume que revient le mérite d'avoir décrit les lésions microscopiques du foie brigbti(pie (pi'on peut opposer au rein hépatique. Plus récemment, Lefas a montré la fréquence des altérations du pancréas doirt les cellules sont néci'osées et graisseuses. Peut-être les lésions de ces deux viscères abdominaux jouent-elles un rôle inqjortant dans les manifestations gastro-intestinales de l'urémie.

Il nous seiid)le inutile d'insisler sur la pathogénie de ces troubles et de ces lésions. 11 s'agit, à n'en |)as douter, d'une auto intoxication : le rein insuflisant a été inca[)able de rejeter les poisons qu'il doit éliminer par burine, p(Mit-étie même d'exercer la fonction antitoxique (pi'on lui attribue (le|)uis Hiown-Séipiard . Il faut remar({uer cependant que l'urémie, du uioins dans ses formes cbroniques, ne semble pas résulter d'une sim[)le rétention des substances que le rein doit rejeter au debors. Si l'on peut admettre que, dans les cas aigus, les accidents relèvent de l'accuuuilalion des poisons urinaires, dans les néphrites chroni(jues, le |)rocessus nous paiait beaucoup plus complexe. Suivant la théorie (pie nous avons développée dans le premier volume de cet ouvrage, les poisons de l'urine, incomj)lètement éliminés, modifient la nutrition et eujpéchent la régularité des échanges. H en résulte une auto-intoxication par les substances colloïdes qui ne peuvent plus subir leur évolution normale. L'expérience démontre, en eHet, que les albumines du sang son extrêmement toxiques dans l'urémie chronique, tandis (pi'ellesne le sont pas toujours dans l'urémie aiguë. Mais, dans les deux cas. les cellules baignent dans des i)lasmas adultérés; on conçoit donc qu'elles soient toutes atteintes. Aux lésions dc-jà décrites, il serait facile d'en ajouter d'autres :

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