‹ Traité de pathologie générale [electronic resource] (volume 4)Chapitre 162 sur 166 · ROLE DE L'APPAREIL IRLNAIRE ET DE L'APPAREIL GÉNITAL · texte numérisé non relu

ROLE DE L'APPAREIL IRLNAIRE ET DE L'APPAREIL GÉNITAL

quelle que soit la partie qu'on examine, on peut être à peu près certain cFy trouver des altérations. Celles-ci varient seulement suivant la nature des substances retenues, c'est-à-dire suivant la nature, la profondeur et l'étendue des lésions rénales et suivant la prédisposition, innée ou acquise, de l'individu.

Rôle de l'appareil urinaire et de l'appareil génital. — La distension de la vessie, le développement de l'utérus ou des ovaires, les déviations utérines, en refoulant les organes abdominaux, en repoussant le diaphragme, en comprimant les organes thoraciques, exercent des actions mécaniques bien connues depuis longtemps.

Les lésions de l'appareil génito-urinaire peuvent être encore le point de départ de divers réflexes que nous avons déjà étudiés. Ce qui est plus intéressant, c'est que les glandes génitales retentissent facilement sur la nutrition. X peine si nous avons besoin de rappeler l'influence bien connue de la castration dans les deux sexes, influence d'autant plus marquée que l'opération a été faite sur des sujets plus jeunes. C'est sans doute par suite de la suppression d'une sécrétion interne que se développe une série de troubles dans les organes et les tissus les plus divers, dans le larynx, le cerveau, le système pileux, etc. 11 faut remarquer encore que l'appareil génital de la femme est lié par une synergie fonctionnelle à la glande mammaire. Le développement de celle-ci s'observe dès le début de la grossesse et peut même survenir dans certains cas de lésions irritatives de l'appareil génital.

Les glandes sexuelles ont donc la propriété de sécréter des substances destinées à régler la nutrition et à stimuler le système nerveux. Mais, organes indispensables au maintien de l'espèce, ces glandes sont sans importance pour la vie individuelle. Aussi leur suppression ne retentitelle pas sur les fonctions primordiales; elle agit seulement sur les parties qui sont les plus différenciées dans les deux sexes et tend, par conséquent, à faire perdre à l'être ses caractères sexuels.

Les processus pathogéniques de deuxième ordre interviennent fréquemment dans les cas de grossesse. Ils sont trop connus pour que nous ayons besoin de les rappeler. Leur patliogénie est fort complexe : il faut faire une part à la compression mécanique exercée par l'utérus gravide, une part aux modifications circulatoires et aux réactions nerveuses. Mais il faut surtout tenir compte des phénomènes d"auto-intoxication mis en évidence par de nombreuses recherches expérimentales et cliniques. Les altérations du foie et du rein chez la femme enceinte expliquent l'autointoxication de la grossesse. Il résulte des travaux de M. Pinard et des recherches de M. Bouffe de Saint-Biaise que le rôle du rein doit être placé au second plan : rall)uminurie gravidique ne serait souvent qu'une complication ou même un signe de l'hépato-toxémie. Aux altérations du foie se rattachent la plupart des troubles de la grossesse : dyspepsie, vomissements, ptyaUsme, œdèmes, ictère, accidents nerveux, éclampsie.

LES PROI^ESSIS PATIIOGÉ.MOLES DE DEUXIÈME ORDRE,

Processus pathogéniques d'origine cardiaque. — Après les détails ((lie nous avons donnés sur les connexions vascnlaires, il est inutile d insister sur les lésions secondaires aux troubles cardiaques. Nous avons montré coninient rinsuftisance du cœur modifie la nutrition dans tous les organes et aboutit à des dégénérescences et à des scléroses qui peuvent devenir prédominantes. Chez bien des cardiaques, les symptômes sont ceux d'une cirrhose, d'une néphrite ou d'une lésion pulmonaire. A coté du pseudo-asthme urémique, existe un pseudo-asthme cardiaque. Dans certains cas, c'est sur le système nerveux que le cœur retentit: il y a une folie cardiaque, comme il y a une folie rénale ou une folie hépati(pie. Il existe également une épilepsie cardiaque, relevant probablement de manifestations réflexes.

Enfin, le cœur peut agii' sur les autres organes par le mécanisme de l'embolie; il en résulte des foyers dans le rein, la rate et surtout les poumons. L'embolie pulmonaire est, comme on sait, extrêmement fréquente dans ces conditions; elle se traduit tantôt par les grands phénomènes d'apoplexie avec crachats hémoptoïcpies, tantôt par de simples accès dyspnéiques. Voilà encore un cas où la lésion du cœur se révèle simplement par des manifestations pulmonaires.

Ainsi le cœur agit surtout mécaniquement par ses connexions vascnlaires et dynamiquement par ses connexions nerveuses. Cependant, il ne faudrait pas croire ({u'il ne met pas en œuvre les procédés des autointoxications. Seulement son influence est indirecte : l'insufflsance de la circulation entrave le fonctionnement du poumon, puis des viscères abdominaux : la dépuration ne pouvant plus s'acconq)lir, le cardia([ue linit par être int(^xiqué.

Les lésions des autres portions de l'appareil circulatoire peuvent exercer une action marquée sur les organes lointains. Elles agissent de trois fayons : tantôt en comprimant les parties voisines, c'est le cas des anévrismcs; tantôt en gênant le cours du sang, comme le font les artérites et les phlébites; tantôt enfin en lançant des embolies dans la circulation.

Rôle de l'appareil respiratoire. — Les parties supérieures de l'appareil respiratoire servent surtout de point de départ à des accidents réflexes : on connaît notamment les syncopes d'origine nasale ou laryngée. En rétrécissant les conduits aériens, certaines lésions peuvent retentir sur l'organisme entier. On explique ainsi l'influence des végétations adénoïdes dont l'existence se traduit par un défaut de développement de l'individu qui en est atteint. Les rétrécissements du larynx et de la trachée retentissent surtout sur le poumon et y provoquent de l'emphysème.

Or, les lésions pulmonaires peuvent être suivies de nombreux troubles secondaires. L'action mécanique est négligeable; l'emphysème le plus marqué peut amener des déformations thoraciques, mais il ne gêne guère le fonctionnement des organes voisins.

Les lésions pulmonaires peuvent être des points de départ de quelques

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