‹ Traité de pathologie générale [electronic resource] (volume 4)Chapitre 25 sur 166 · La dépense totale de calories · texte numérisé non relu

La dépense totale de calories

On a vu plus haut que l'organisme, mis brusquement à l'état d'inanition, continue à vivre sur le même pied qu'à l'état d'alimentation, et à maintenir, toutes choses égales d'ailleurs, sa dépense totale de calories au même niveau. Le même phénomène s'observe lorsque, dans une ration qui suffit à l'état d'équilibre, on supprime une certaine fraction des calories fournies. L'organisme emprunte simplement à ses propres tissus de quoi couvrir le déficit.

En va-t-il de même, lorsqu'on passe lentement à Tétat d'alimentation insuffisante? Les observations que nous possédons sous ce rapport tendraient cà faire admettre que, dans ce cas, il s'étabUt un régime plus économique, résultat d'une sorte d'adaptation lente et progressive de l'organisme aux conditions défectueuses de l'alimentation. Ainsi Pettenkofer et Voit ont mesuré chez un tailleur âgé de trente-six ans, mal nourri et de constitution affaiblie, une dépense totale de 1568 calories seulement, soit ^O'^^SS par kilogramme. Von Rechenberg a constaté une diminution analogue chez les tisserands saxons du bailliage de Zittau, populations pauvres, confinées dans des habitations basses et mal ventilées, et qui présentent un exemple remarquable des conditions d'extraordinaire bon marché auxquelles on peut arriver dans l'entretien de la vie, sous l'empire de nécessités extrêmes Chez ces ouvriers, von Rechenberg a trouvé parfois la dépense totale de calories abaissée jusqu'à 29 calories par kilogramme et par jour, alors que le travail mécanique, peu fatigant, il est vrai, du tisserand, faisait prévoir une dépense d'au moins 55 à 40 calories (Yoy. p. 82).

De telles observations demanderaient à être multipliées, car il serait d'un haut intérêt de savoir si réellement, sous l'influence de l'alimentation insuffisante, il peut ainsi se créer un régime de nutrition ralentie ^ différent par son bilan total du récjime de Vhomme normalement alimenté, ou soumis à Vinanition aiguë.

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