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LES RÉACTIONS DE DÉSHYDRATATION ET DE SYNTHÈSE

Nous réunissons sous une rubrique commune ces deux réactions, non seulement parce que la déshydratation est le mécanisme de beaucoup de synthèses, mais parce que ces deux ordres de réactions se distinguent

(1) BuxGE, Zeilschrift fùv phijsiol. Chimie, t. YIII, p. 48; t. XII, p. 565, et t. XIV, p. 318.

(-) Voy. BuNCE, Phijsiol. Cheni., ¥ édit. Leipzig-, 1898, p. 585.

(^) A. Gautier, Chimie de la cellule vivante. Encyclopédie Léaiitc, p. 87.

[E. LAMBLING.I

NOTIONS GÉNÉRALES SUR LA NUTRITION A L'ÉTAT NORMAL

profondément des précédentes par leur caractère endotliermique. Elles coûtent du travail à l'organisme, et l'énergie nécessaire à leur accomplissement doit être fourni par des réactions exothermiques concomitantes, oxydations, hydratations, dédouhlements. On reviendra sur ce point quand on étudiera le mécanisme de ces phénomènes dans l'organisme. Notons ici quelques réactions de déshydratation et de synthèse.

Le glucose est transformé en glycogène dans le foie par une déshydratation qui est en même temps un phénomène de complication moléculaire, puisque le glycogène résulte de la condensation de plusieurs molécules de glucose. Un phénomène analogue se produit au moment de la recombinaison des acides gras libres et de la glycérine avec formation de graisses neutres, telle qu'on l'observe au niveau de la muqueuse intestinale, ou dans la combinaison de l'acide benzoïque et du glycocolle avec formation d'acide hippurique ou encore dans la formation des dérivés conjugués de l'acide glycuronique, etc.

L'organisme effectue encore d'autres synthèses d'un ordre de complication plus élevé encore, ainsi qu'on l'a montré déjà au chapitre consacré à l'étude des transformations réciproques des aliments (^). Bien que le mécanisme de ces transformations reste pour nous entièrement mystérieux, on peut dire, d'une manière générale, que sans doute ces synthèses sont souvent précédées de décompositions assez profondes. L'organisme jette à bas un édifice moléculaire pour le reconstruire dans un sens différent.

La production des nombreuses matières protéiques que l'on rencontre dans nos tissus implique des opérations du même ordre. Il est probable qu'au niveau de l'intestin, l'organisme ne reçoit que de l'albumine et des globulines. Avec ces matériaux, les cellules élaborent des nucléo-albumines telles que la caséine, des protéides, telles que riiémoglobine ou les mucines, des albumoïdes, tels que l'élastinc, la kératine, etc. Parmi ces matières, les unes apparaissent directement comme des produits de synthèse ; telle est par exemple l'hémoglobine dans laquelle une matière albuminoïde est unie à une copule colorée, l'hémochromogène. Les autres, comme l'élastine ou la gélatine, paraissent a priori assez semblables à l'albumine, mais tout ce que l'on sait aujourd'hui sur la constitution des matières protéiques démontre qu'une pareille transformation n'est possible qu'au prix d'un remaniement profond de la molécule (voy. p. 20).

Souvent ces réactions de reconstruction représentent probablement des moyens de défense, l'organisme immobilisant des déchets toxiques sous la forme de combinaisons plus complexes, mais inoffénsives. Ainsi il est probable qu'une partie de l'azote des matières albuminoïdes est ramené dans le procès de désassimilation jusqu'à l'état d'ammoniaque, mais cette ammoniaque, en présence de l'acide carbonique, est sans cesse transfor-

{}) Voy. p. 115. ~ Voy. aussi p. 56, note 5, les curieuses observations de Miescher.

mée en urée par un phénomène de déshydratation et de synthèse. Les phénols, corps toxiques, sont transformés en phénylsulfates inoffensifs, et par cette opération Forganisme assure en même temps la neutralisation de la moitié de l'acidité sulfurique (voy. p. 175). On conçoit encore que des déchets normaux de Torganisme, peu soluhles, soient engagés par voie de synthèse dans les combinaisons complexes, ])lus soluhles, et dont l'élimination sera plus facile.

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