Les corps aromatiques
Les matières albuminoïdes contiennent un groupement aromatique, c'est-à-diré un noyau de benzène, C*'H^ et il est même possible que ce groupement se répète plusieurs fois dans la molécule. Ce noyau aromatique est mis à nu et se détache à des états différents et très variés, lorsque Falbumine subit la décomposition bactérienne. Les produits aromatiques fournis par une semblable décomposition ont été rangés j)ar Salkowski (') en trois groupes :
P Le groupe phénol, qui comprend la tyrosine, les acides oxyaromatiques (acides hydroparacoumarique, paraoxyphénylacétique...), le phénol, le crésol ;
2*^ Le groupe phénylique, qui comprend les acides phénylacétique et phénylpropionique ;
5° Le groupe de VhuloU qui comprend l'indol, le scatol, les acides scatolacétique, scatolearljonique.
De toutes ces substances, la tyrosine est la seule dont on puisse dire avec certitude qu'elle j)rend naissance par un processus physiologique appartenant réellement à Forganismc, puisque ce couqiosé apparaît dans la digestion pancréatique des albuminoïdes. 11 est très probable que tous les autres dérivent de putréfactions post-digestives, c'est-à-dire de phéno-
(1) Yoy. l'art. Cystine du Dictionnaii^e de Wïwtz, 2" su])pl.
(2) Salkowskt, Zeitschrift f. physiol. Chemie, t. XII, p. 215, 1888.
mènes où interviennent des facteurs biologiques étrangers à l'organisme. A la vérité, on observe que, pendant l'inanition, les composés aromatiques de l'urine, s'ils diminuent en quantité, ne disparaissent jamais complètement, et l'on en a conclu que l'organisme est capable de séparer de J'albumine les mêmes décbets aromatiques que les micro-organismes. Baumann s'est efforcé de vérifier cette conclusion en étudiant l'excrétion des corps aromatiques chez le chien soumis, après un jeûne de plus de quinze jours, à l'action de doses répétées de calomel. Il a trouvé ainsi que l'urine ne contient plus de sulfo-conjugués aromatiques (pliénylsulfates, etc.), mais encore des acides oxyaromatiques qui proviendraient donc des tissus eux-mêmes, en dehors de tout travail de putréfaction intestinale. Mais il parait impossible de réaliser de la sorte une antisepsie complète du tube digestif, et la question reste par conséquent ouverte. Ajoutons que sa solution est proche, puisque récemment Nuttall et Thierfelder, reprenant un projet d'expériences jadis donné par Pasteur (^), ont réussi à faire vivre pendant un certain temps un cobaye nouveau-né, dans un état d'asepsie complet.
Ces composés aromatiques ainsi formés dans l'intestin sont en partie résorbés et subissent dans l'organisme des transformations que l'on connaît assez bien aujourd'hui. Cette étude a été le point de départ de recherches très intéressantes, qui ont consisté h suivre dans l'organisme les transformations de divers corps aromatiques, et, d'une manière générale, à étudier comment l'économie traite une molécule ou une fonction chimique données. Tout un ordre de recherches physiologiques nouvelles s'est ainsi créé dans ces dernières années ('). Notons seulement ici quelcpies faits particulièrement intéressants.
Le plus remanpiable de tous est certainement Voxydation directe de la benzine, CIF, que l'organisme transforme en phénol, C/IPO, et même, pour une petite partie, en deux diphénols isomériques, C*^H'^0-, la pyrocatéchineet l'hydroquinone. Une telle transformation ne peut être obtenue in vitro que par ces actions oxydantes très énergiques (ozone), et Nencki <ît Sieber ont proposé de mesurer la puissance oxydante d'un organisme par la quantité de benzine que cet organisme est capable de transformer de la sorte en phénol
(^) Pasteur, Comples rendus, t. C, p. 78. — Nuttall cl Thieiifeldlh, Zciischr. f. pitysioi fJiemie, t. XXI, p. 109, 1895.
('^) Pour les indications bibliographiques, vov.Neubauer et Vogel, Analyse des Harns, 9^ ciL, par Huppert cl Thomas. Wiesbaden, 1890, p. \\.% ei passim.
(^) Cette méthode ne paraît pas avoir donné les résultats que l'on pouvait en espérer de prime abord, bien que Nencki et Sieber aient constaté que dans les divers états pathologiques, l'organisme transforme en phénol des fractions très variables d'une même dose de benzine. iJornons-nous à noter ici ce phénomène très intéressant, mis en lumière à ce propos par Nencki et Sieber, à savoir que l'organisme du diabétique, qui est devenu incapable d'oxyder du glucose, n'en continue pas moins à exercer sur la benzine l'action oxydante de l'organisme normal, c'està-dire à accomplir une réaction d'oxydation, qui, in vitro, nous apparaît comme bien plus difficile que celhi du glucose (Nexcki et Sieber, Journal f. prakt. Cheniie, t. XXVI, p. 1, 1882, et Arch. f. die (jes PhysioL, t. XXXI, p. 519, 1883).
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NOTIONS GÉNÉRALES SUR LA NUTRITION A L'ÉTAT NORMAL
Une partie des groupements aromatiques que la putréfaction intestinale détache de la molécule albumine, phénol, crésol, indol, scatol, etc., sont en partie résorbés dans le tube digestif et s'éliminent par les urines à Tétat de dérivés sulfo-conjugués, c'est-à-dire de dérivés éthérés de Tacide sulfurique, phénylsulfates, crésylsulfates, indoxylsulfates, etc., de potassium. Ces composés sont d'autant plus abondants dans l'urine que les putréfactions intestinales post-digestives ont été ])lus actives, et l'on sait que le dosage de l'acide sulfurique de ces sulfo-conjugués constitue aujourd'hui un moyen précieux pour mesurer l'intensité de ces phénomènes de putréfaction, ou l'efficacité d'un antiseptique intestinal (Bouchard).
Lorsque l'acide sulfurique fait défaut, le phénol et ses homologues peuvent aussi se conjuguer avec l'acide glycuronique. Le na])htol, le camphre, s'éliminent toujours en coml»inaison avec cet acide.
Enfin les acides aromatiques tels que l'acide phénylpropionique sont en général oxydés, et transformés en acide benzoique, qui, comlnné au glycocoUe, s'élimine à l'état d'acide hippurique.
A. — Les déchets ne contenant ni azote, ni soufre, et appartenant à la série grasse.
Lorsque les copules azotées et sulfurées sont détachées de la molécule albumine (ou des fragments résultant de la décomposition de cette dernière), il reste des groupements qui ne contiennent plus que du carbone, de l'hydrogène et de l'oxygène. On a vu que, de cette partie non azotée de l'albumine, l'économie peut faire des graisses très probablement et du glycogène certainement. On ne reviendra donc pas ici sur cette question. Que ce reste non azoté de l'albumine prenne, dans sa destruction, ce chemin par les graisses et les sucres, ou qu'il se désagrège par des voies chimiques particulières, on conçoit que les déchets qu'il fournit ne peuvent pas, a priori, être distingués de ceux qui proviennent de la destruction des aliments gras ou sucrés primitivement apportés par l'alimentation ('). L'expérimentation peut seule renseigner sur Lorigine de ces déchets, et bien souvent le problème reste rebelle à toute solution.-
Ainsi l'acide glycuronique se rattache directement par sa constitution chimique au glucose, dont il représenterait un produit d'oxydation. D'autre part, connue on le trouve encore dans l'urine (du lapin), après ingestion de chloral, au cinquième ou sixième jour déjeune, c'est-à-dire à une époque où les réserves de glycose seraient entièrement consommées, Thierfeldcr a conclu de ce fait que cet acide dérive des matières albuminoïdes. Mais, au sixième jour de jeûne, la disparition totale des réserves de glycogène ne saurait être considérée comme certaine; la question
(1) En exceptant ici les déchets aromatiques de l'albumine qui, bien que ne contenant que <lu carbone, de l'hydrogène et de l'oxygène, portent la marque évidente de leur origine albu^ minoïde.
reste donc ouverte, d'autant ])iiis (jue des relations inattendues ont été établies dans ces dernières années entre l'acide <^lycuroni(|ue et certains principes contenus dans le tissu cartilai^ineux (/). De la uièuie manière, les acides ^^ras que l'on trouve dans les j)roduits d'excrétion se rattachent sans etîort aux graisses et aux hydrocarbonés, mais leiii' l'ormation aux dépens de l'allHunine apparaît aussi connue inliniment jU ()i)al)le, ])uisque ces acides se produisent dans la décomposition des matières albuminoides sous l'action d'un grand nombre de réactifs.
Tous ces produits de déchets présentent ce caractère commun d'être excrétés en quantités relativement très faibles. C'est que les graisses et les sucres, ainsi que les fragments de même nature fournis par l'albumine, aboutissent, pour la ])resque totalité de leur masse, jusqu'aux produits ultimes de la combustion, c'est-à-dire jusqu'à l'acide carbonique et l'eau De produits intermédiaires, on n'en saisit qu'en petites quantités et souvent seulement dans des conditions physiologiques particulières. Les acides gras inférieurs, acides formiqiie, acéfique, propionique, butijriqne, peuvent, à la vérité, prendre naissance dans le tube digestif en proportions notables, sous l'influence de divers micro-organismes, mais ce sont là des ])liénomènes qui se passent au seuil de l'organisme. Aux divers émonctoires, urine, sueur, lait (Wein), etc., on ne recueille jamais ces acides qu'en quantité très faible (^). L'organisme les a détruits par oxydation. 11 en va de même pour les autres composés gras, acide oxalique, acétylacétique (et acétone), <^-oxybuty7Hqiie, qu'on ne rencontre à Fétat normal qu'en quantités extrêmement faibles.
En ce qui concerne V acide oxalique, on ignore encore d'où proviennent les petites quantités (en moyenne 0^'',00*2 en 24 heures) qu'on en trouve dans l'urine ("), et l'on se demande même si ces traces ne sont |)as directement apportées })ar l'alimentation végétale. La formation de Vacide acétylacélique et de Vacétone aux dépens de l'albumine peut être considérée comme démontrée. Mais ces deux composés n'ap])araissent dans l'urine que lorsqu'il y a fonte d'albumine corporelle. Lorsque le besoin total de calories est couvert, on a beau enfler la ration d'albumine, l'urine n'élimine ni acétone (ou seulement des traces), ni acide acétylacétique. Ces deux déchets apparaissent, au contraire, en quantités considérables dans l'inanition ou dans l'alimentation insuffisante. Ainsi le jeûneiu- Cetti, observé à Berlin, élimina pendant l'inanition une quantité d'acétone qui s'élevait jusqu'à 48 fois la quantité physiologiqu(^ des 24 heures, laquelle est, d'après von Jaksch, d'environ 0^'',01 au maximum. L'urine contenait aussi de l'acide acétylacétique. Cette acé-
(M Voy. l'art. Chondrogène et chondrine du Dictionnaire de Wiirtz, 1" suppl.
(-) L'urine des vingt-quatre heures contient, d'après von Ilokitansky, environ 0s%054 d'acides gras volatils. — Le lecteur trouvera toute la bibliographie de cette question dans Neubauer e1 VoGEL, Analyse des Harns, éd., par Iluppert et Thomas. Wiesbaden, 1890. p. 104.
(^) Kossel a d'ailleurs isolé des produits de décomposition d'un acide nucléinique du thymus, de l'acide acétylpropionique, c'est-à-dire un homologue supérieur de l'acide acétylacétique.
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NOTIONS GÉNÉRALES SUR LA NUTRITION A L'ÉTAT NORMAL
toniiric et cette diacéturie disparurent aussitôt après le retour à raliirientation normale.
On ne discutera pas ici les conditions d'apparition de ces deux composés dans les urines pathologiques et leur signilication clinique. Notons seulement que l'acide acétylacétique ne paraît pas avoir d'autre pouvoir toxique que celui qu'il doit à sa fonction d'acide (von Jakscli), mais son produit de dédoublement, l'acétone, possède une toxicité très nette. Rappelons encore qu'on trouve souvent, à côté de ces deux composés, l'acide p-oxijbuiijrique, tant à l'état pathologique (diabète, etc.) quii l'état normal (inanition). 11 existe d'ailleurs les relations les plus étroites entre ces trois composés. L'acide ^-oxybutyrique donne, par oxydation, Tacide ^-cétonique correspondant, qui est l'acide acétylacétique, et ce dernier est très facilement dédoublable en acide carbonique et en acétone. 11 est donc fort possible que dans l'organisme l'acide p-oxybutyrique soit le précurscm^ et la substance mère de Tacétone et de l'acétylacétique. Aralvi. en empoisonnant des animaux (chiens, lapins, grenouilles) par de l'oxyde de carbone, de manière à ralentir leurs oxydations (voy. p. 176), a pu constater que l'administration de (i-oxybutyrate de sodium fait apparaître l'acétone et l'acide acétylacétique dans les urines.
Vacide lactique, qui est l'homologue inférieur de l'acide g-oxybutyrique, apparaît dans l'organisme sous deux modihcations isomériques. Dans le tube digestif, il peut se former aux dépens des hydrocarbonés, et surtout dans des conditions pathologiques, des quantités considérables d'acide lactique de fennentation (c'est-à-dire de l'acide inactif, qui résulte de l'union d'une molécule d'acide droit avec une molécule d'acide gauche). Les portions de cet acide qui arrivent à l'absorption sont sans doute oxvdées complètement, puisque l'ingestion des lactates alcalins est prompteinent suivie de l'émission d'urines alcalines, par suite de la formation de carbonates alcalins.
Dans les tissus et les organes, et principalement dans le muscle, on trouve Vacide sarcolactique ou paralactique, c'est-à-dire l'acide déviant à dj'oite le plan de polarisation. Cet acide n'apparaît pas dans les urines à l'état normal, sans doute parce que sa destruction complète est assurée d'une manière constante, mais on peut réaliser des conditions où cette oxydation ne se fait plus, et où l'acide lactique passe dans les urines.
D'une part, en effet, l'acide lactique a été trouvé dans l'urine des soldats qui avaient été soumis à des marches forcées (Colasanti et Moscatelli), et comme on constate en même temps, après un exercice musculaire prolongé, une diminution de l'alcalinité du sang et une augmentation de l'ammoniaque dans les urines, on peut conclure, sans trop dépasser les faits, que la contraction musculaire, en encombrant l'organisme de principes acides, détermine une véritable auto-intoxication acide. Ajoutons qu'on saisit ici entre l'organisme du Carnivore et celui de l'herbivore une différence remarquable. Chez le lapin tué par tétanos strychi-
nique, on trouve que le sang a perdu près de la moitié de son] alcalinité et les deux tiers de sa richesse en acide carbonique. Le Carnivore, au contraire, résiste beaucoup mieux à cette intoxication acide produite par des contractions musculaires exagérées. L'alcalinité du sang tombe rapidement à un minimum, puis se maintient à ce taux, sans doute parce que le mécanisme compensateur décrit plus haut (p. 155), c'est-à-dire la production d'aunnoniaque aux dépens de Turée, entre en jeu à ce moment.
D'autre pai't, Hoppe-Seyler et Araki se sont efforcés de démontrer que la destruction du sucre s'arrête au stade lacti(pu', chaque fois qu'il y a apport d'une quantité insuffisante d'oxygène, et que la production d'acide lactique, dans ces conditions, apparaît connue une propriété commune à tous les protoplasmes. L'acide lactique passe alors dans les urines, accompagné souvent de glucose et d'albumine. De tels accidents s'observent à la suite de dyspnées provoquées artiliciellement, de refroidissements prolongés du corps (jusqu'à '25-26 degrés), d'intoxications par l'oxyde de carbone, par le curare, le nitrite d'amyle, la morphine, la cocaïne, l'acide prussique, le phosphore, l'arsenic. Fréquemment le sang contient alors de grandes quantités de glucose {glijcérnie aspliyxique de Dastre) en même temps que de l'acide lactique. Les anémies provoquées par des saignées produisent le môme effet. L'alcalinité du sang est en même teuq)s diminuée. Ajoutons que, chez le chien, la dyspnée artificielle (par constriction du thorax) amène l'excrétion par les urines de quantités notables d'acide oxalique (^).
Toutes ces interventions expérimentales présenteraient, d'après Hoppe- Seyler, ce caractère commun, à savoir un ralentissement dans l'apport d'oxygène aux tissus.
11 serait trop long de discuter ici les conditions de toutes ces expériences. Nous ferons remarquer seulement combien le problème est complexe. D'une part, en effet, dans les cas de dyspnée intense chez l'homme, l'urine est loin de contenir d'une manière constante de l'acide lactique. 11 ne faut pas perdre de vue, d'autre part, que la lactacidurie expérimentale décrite plus haut ne se relie pas aux ])hénomènes de dyspnée aussi simplement qu'on pourrait le croire, et notamment en admettant que, par suite de l'apport insuffisant d'oxygène, les combustions fléchissent et aboutissent à des produits d'oxydation incomplète. L'expérience montre en effet que l'on peut réduire expérimentalement, par des mécanismes divers (respiration dans un milieu raréfié, saignées abondantes, dyspnée par section du nerf vague ou par pneumothorax artificiel), et dans des proportions considérables, l'apport d'oxygène aux tissus, sans que l'on constate une diminution de la quantité d'oxygène consommée. Un tel fléchissement ne s'observe que pendant la période agonique. On sait aussi que, contrairement à l'opinion encore très répandue, l'anémie intense, la
(1) Reale et BoERi, Wiener mrd. Woeïieiischrift, 1835, n" ")8.
PATHOLOGIE GÉNÉllALE. — IlL , 12
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NOUONS GÉNÉRALES SUR LA NUTRITION A L ÉTAT NORMAL
leucémie, les dyspnées pathologiques (par pleurésie, emphysème, tuberculose pulmonaire) ne s'accompagnent cFaucune diminution notable, par rapport à l'état normal, des quantités d'oxygène consommé et d'acide carbonique éliminé par kilogramme et par minute (voy. p. 68). Il convient d'ajouter cependant que lorsqu'on fait respirer des animaux dans un milieu rarélié, on constate que le <piotient respiratoire va en augmentant, ce (jui ne peut guère s'expliquer autrement qu'en admettant une comijustion incomplète d'une partie des matériaux de d('sassimilation (^).
Il est intéressant de constater que l'intoxication acide, une fois créée,, devient elle-même une cause de ralentissement des combustions, en ce sens qu'ici l'on voit réellement diminuer la quantité d'oxygène consommée par kilogramme et par minute. En donnant à des lapins de l'acide chlorhydrique (0^'',9 de IICI par kilogramme), Clivostek C*) a vu la consommation d'oxygène diminuer de 18,9-49,5 pour 100 de sa valeur à l'état normal. Comme Walter {^) a constaté que dans l'intoxication par les acides le sang conserve une richesse normale en oxygène ('), il faut conclure que ce sont les protoplasmes cellulaires qui ont perdu la faculté d'utiliser l'oxygène qui leur est offert. Il y a là, comme dans l'empoisonnement par l'acide })russique étudié par Geppert, une véritable asphyxie interne.
(') Pour les indiealioiis hililiogi-apliiques, comme aussi jiour de plus amples délails, yov. L\miJLi.xa, Le sang cl la rcspiralion, p. 565, 575 et 576 {Eiictfclopédie cliimique de F/e/nij).
(2) Chvostek, CenlrcUblalt fur klin. Med., t. XIV, p. 529, 1895.
(=5) Walter, Malijs Jahresb., t, VII, p, 124, 1877.
Il serait à la vérité plus important de constater, à l'aérotonomèlre, que la lension de roxygèiie est demeurée normale, car c'est elle qui règle l'intensité du coui-ant d'oxygène qui va du sang au lissu, c'est-à-dire la grandeur de l'olFre faite aux élémeu's cellulaires.
TROUBLES PRÉALABLES DE LA NUTRITION
Par M. CH. BOUCHARD