LES VARIATIONS DE QUALITÉ DE L'HISTOLYSE
La destruction de ralbiiinine peut être plus ou moins abondante, elle peut aussi être plus ou moins parfaite. Les faits particuliers ne se soumettent pas invariablement à la formule de la métamorphose régressive de l'albumine . La formule n'est que Lindication générale de l'état vers lequel tendent les molécules en dissociation, elle n'indique pas le mouvement qui les y entraîne ni les étapes de ce mouvement. Dans les phases initiales, l'urée n'est pas encore produite, ni le glycogène, etc. ; il y a des substances instables qui par des métamorphoses successives s'acheminent vers les formations stables, vers les substances excrémentitielles qui sont l'aboutissant tardif des substances de désassimilation. La matière peut s'attai'der dans ces stades intermédiaires, ces corps à existence d'ordinaire fugitive peuvent, en durant un peu plus longtemps, manifester leur présence réelle dans les humeurs ou apparaître aux émonctoires. Ils sont toxiques en général, quelques-uns à un haut degré, mais leur molécule encore très compliquée est destinée à se morceler, à se simplifiei-, à s'oxyder, à brûler une partie de son carbone. Il en résulte que, si ces transformations terminales se font trop lentement ou insuffisamment, l'individu pourra souffrir de la présence en excès dans le sang des produits intermédiaires de la désassimilation; il en résulte que leur appal ition dans les urines pourra augmenter la toxicité de ce liquide excrémentitiel, diminuer la prédominance normale des corps azotés pauvres en carbone et relever dans l'urine le chiffre du carbone.
Benecke le premier a eu la notion si juste de ce trouble particulier de la nutrition qui, en laissant persister plus longtemps les degrés intermédiaires de la matière en destruction, leur permet d'apparaître ou d'augmenter dans les urines. Ce qu'il signalait, c'était l'excès des urates, c'était l'abondance de l'acide oxalique; il ne connaissait pas les toxicités et ne soupçonnait pas ce qui a trait à l'augmentation du carbone urinaire, mais il avait eu la notion du trouble nutritif, et du trouble nutritif par ralentissement.
A cette imperfection par trop grande lenteur des métamorphoses qui permet à des corps intermédiaires de s'accumuler ou de s'éliminer, on peut opposer cette transformation plus parfaite où l'urée apparaîtrait comme l'unique principe azoté des urines, où la toxicité urinaire disparaît en ce qui concerne sa condition organique, ne laissant subsister que la toxicité minérale, celle de la potasse principalement, où le carbone urinaire atteint son minimum.