ESTIMATION DU CARBONE URINAIKE
action insiiffisantc du foie, cela caractérise la présence dans l'économie d'un corps beaucoup plus toxique que l'urée. Ce rapport = 0,4/) est d'ailleurs plutôt théorique, cai', le plus souvent, quand apparaît l'ammoniaque dans l'urine en quantité suffisante pour compenser l'excès de carbone des corps plus carbonés que l'urée, l'acide lactique, corps carboné non azoté, apparaît en même temps, ce qui relève le rapport.
En tout cas, à l'état normal, pour 6^'\7o6 d'albumine détruite dans le corps, il s'élimine par l'intestin 0^^051 d'azote et des quantités de carbone qui sont eu moyenne 1^',184, au minimum 0,954, au maximum 1,414. C'est, pour 1 d'azote, de 18 à 27 de carbone; en moyenne, pour
I d'azote, 23 de carbone. Or les corps azotés intestinaux les plus riches en carbone, les acides biliaires, renferment, pour 1 d'azote, 22,5 de carbone. Tout le carbone, dans la généralité des cas, pourrait donc presque trouver son emploi sur l'azote intestinal. Mais il y a des corps azotés plus pauvres en carbone ou même dépourvus de carbone comme l'ammoniaque. Il y a, par contre, des composés carbonés non azotés; les friandes versent dans l'intestin des graisses, de la cholestérine.
De tout cela il résulte que, même à l'état jiormal, il n'y a pas application par l'organisme d'une formule uniforme et invariable de la destruction de l'albumine ; que les phénomènes s'accomplissent autour d'un type dont la théorie chimique a pu donner Téquation, mais que les dissociations ne vont pas toutes et toujours jusqu'au bout; que, sans compter les oxydations terminales dont l'intensité est variable, Tazote peut se débarrasser plus difficilement ou plus lentement de son carbone et que l'urine peut emporter des quantités de ces corps imparfaits plus grandes qu'à l'état normal. On peut dire aussi que l'économie, même saine, surtout saine, peut dépouiller plus vite l'azote du carbone qui ne doit pas nécessairement y rester fixé, que l'économie fait effort pour expulser tout l'azote urinaire à l'état d'urée, qui est précisément l'un des corps les moins toxiques. N'est-on pas frappé de ce fait que, parmi les sujets normaux qui figurent au tableau, c'est le plus jeune, l'adolescent de quinze ans, qui a la moindre proportion de carbone urinaire 0,64 au lieu de 0,87, et n'est-on pas tenté de rapprocher ce fait de cette autre particularité que les urines des enfants sains sont à peine toxiques ? La proportion du carbone à l'azote entre 15 et 42 ans est 0,76; entre 42 et 70 ans, elle est 0,91 (\).
(') Il va longtemps que les cliniciens emploient un procédé cpii trouve aujourd'hui son explication et qu'ils considéraient comme l'indice de l'insuffisance des oxydations, en quoi leur erreur était peu considérable et tout à fait vénielle. Quand on verse dans la liqueur de Fehling chauffée de l'urine diabétique, la liqueur bleue se décolore, passe au rouge et il se fait un précipité. Le sel de cuivre s'est réduit partiellement en employant une portion de son oxygène pour oxyder le sucre. Si l urine contient très peu de sucre, la décoloration se fait encore, mais le précipité d'oxydule est tardif. Mais il arrive souvent que des urines décolorent la liqueur et ne renferment pourtant pas de sucre. On dit alors qu'elles contiennent d'autres corps réducteurs; elles contiennent des corps où le carbone est en état de s'emparer d'une partie de l'oxygène fixé sur le cuivre. On en concluait que ces urines renfermaient cles corps non oxydés ou trop peu oxydés.
II est certain que ces urines qui décolorent la liqueur de Fehhng sont fournies par des hommes
Le Ibie, qui exerce sur plusieurs des stades de la destruction de Talbu mine une action si manifeste, est de toutes les glandes dont le contenu est déversé dans la cavité intestinale, celle qui agit avec le plus d'intensité pour détourner le carbone des reins vers le tube digestif. En augmentant la formation des matériaux azotés et non azotés de la bile, il diminue d'autant la teneur en carbone des urines. A l'activité de la fonction hépatique doit donc correspondre une moindre proportion du carbone urinaire; et à cette activité correspond certainement une moindre toxicité des urines.
Dans un cas où le dosage comparatif de Tazote et du carbone urinaires a été fait isolément pour les heures de la matinée, pour les heures de l'après-midi et pour les heures de la nuit, j'ai obtenu les quantités suivantes par heure et par kilogramme d'albumine fixe :
Azote total. Carbone totaL lîapport
Az
Mgr. Mgr.
Heures de nuit 51,5 44,1 0,85
Heures de matinée. . • . . 47,0 41,4 0,88
Heures d'après-midi .... 55,1 50,0 ' 1,42
Il n'est pas permis de conclure d'après une seule expérience-, mais je ne puis me défendre de rappeler que j'ai établi, il y a bientôt quinze ans, que la toxicité urinaire croît graduellement à partir du réveil et qu'elle diminue pendant la nuit.
De même que l'action du foie, le mécanisme encore obscur des oxydations concourt à détourner vers les poumons une partie du carbone des composés azotés capables de subir une combustion tardive. J'ai établi aussi qu'un des effets de ces oxydations est de diminuer d'une façon très notable la toxicité urinaire.