INDIVIDUS NORMAUX
Poids moléculaires. ... 82
Poids de la molécule élaborée moyenne 70. 2
MALADES FÉBRICITANTS
Poids moléculaires. . . . 1)2 Tuberculose pulmonaire.
82 id.
114 id. .
94 id.
86 id.
151 Tuberculose pulmonaire el néphrite.
151 Pleurésie tuberculeuse.
TROUBLES PRÉALABLES DE LA NUTRITION
Poids moléculaires. ... 87 Tuberculose pulmonaire
m id.
80 id.
67 Tuberculose pulmonaire avec 40% 2.
97 Tuberculose pulmonaire.
65 Tuberculose pulmonaire avec 59%6.
65 Tuberculose pulmonaire avec 58°, 5.
9! Tui)erculose pulmonaire.
91 id.
96 id.
87 id.
68 Infection purulente avec 40".
69 Fièvre typhoïde au déclin.
404 Fièvre typhoïde en activité.
58 Fièvre typhoïde et parotide T. R. 41", 8.
75 Cirrhose du foie.
65 Rhumatisme articulaire aigu.
65 Diabète, début de pneumonie.
84 Diabète, pneumonie en augment.
] 00 Néphrite a frigore.
MALADES APYRETIQUES
Poids moléculaires. . . . 74 Tuberculose pulmonaire.
65 id.
78 id.
85 id.
108 id.
84 id.
82 id.
145 Tuberculose pulmonaire. Néphrite.
86 Tuberculose pulmonaire.
1 19 Pleurésie guérie.
77 Congestion pulmonaire.
107 id.
95 Emphysème pulmonaire.
115 id.
104 Asthme.
115 Insuffisance aortique.
80 Myocardite chronique.
64 Lésion mitrale compensée.
91 Néphrite chronique.
96 id.
102 id.
92 id.
61 Néphrite chronique, urémie.
55 id.
,81 Hydarthrose.
81 Sciatique.
65 Rhumatisme articulaire aigu convalescent.
Poids moléculaires , . ,
VHi
(lOUttC.
Diabcto sucre.
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Cirrhose du loie.
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SsVlih 1 1 1<
Syphilis, sciatique.
Saturnisme, hystérie màle.
Hystérie.
(^Idorose.
Goitre exophtahuiquc.
Purpura.
Fièvre typhoïde convalescente
Les personnes qui ont lu mes notes préalables de janvier 1899 remar- (pieront que tous les nombres attribués comme poids à la molécule élaborée moyenne sont plus élevés que ceux que j'avais donnés. Cela tient à ce que le multiplicateur que j'avais adopté pour établir la part imputable au cblorure de sodium dans rabaissement du point de congélation était trop faible. N'ayant pas les renseignements sous la main, j'avais (b'terminé dans mon laboratoire de la campagne, au mois de septembre 1 898 , c'est-à-dire au début de mes recherches, le point de congélation du chlorure de sodiimi. Le sel que j'avais à ma disposition et qui ne contenait ni potasse, ni chaux, ni magnésie, était cependant impur; il renfermait de l'iodure de sodium en quantité notable, ce qui me lit adopter un chiffre trop fail)le pour l'abaissement du point de congélation attribuable au chlorure. J'ai dû refaire tous les calculs.
J'arrive aujourd'hui, pour l'état normal, à un chiffre de 68 à 8*2, moyenne 76. Si l'on reconstitue l'urine normale, en lui attrilmant la quantité de chaque substance qu'elle doit contenir, moins le chlorure de sodium, on arrive par le calcul à un chiffre très voisin de celui que m a donné la détermination directe.
On remarquera que l'état pathologique augmente presque toujours le poids de la molécule moyenne, mais que, dans deux cas d'urémie, il est tombé au-dessous de la normale; que, cependant, les néphrites, même apyrétiques, tant que le rein est perméable, donnent une grosse molécule. On retrouve, pour le reste, les conclusions inscrites dans ma note à l'Académie des sciences.
TROUBLES PRÉALABLES DE LA NUTRITION
Ce qui augmente le poids moléeulaire, c'est la maladie et non la fièvre; et même, quand la température est très élevée, le poids moléculaire peut se réduire. C'est ce qu'on peut voir pour un cas d'infection purulente et pour deux cas de tuberculose pulmonaire où des poids moléculaires faibles correspondent aux températures les plus élevées. Cependant la règle a ses exceptions et chez un phtisique, dont la température était seulement 58°, 5, le poids moléculaire est très élevé, même après guérison apparente, après résolution et disparition de la fièvre.
Les maladies compliquées de néphrite voient leur poids moléculaire s'élever.
Les troubles de la fonction respiratoire augmentent très notablement le poids de la molécule élaborée moyenne.
Le foie, qui a pour fonction de détourner vers l'intestin une très notable proportion du carbone de l'albumine, perd cette propriété dans un certain nombre de ses maladies et donne alors de grosses molécules urinaires. Le cancer du foie a une très lourde molécule, non parce qu'il s'agit d'un cancer, mais parce qu'il s'agit d'une affection du foie.
En effet, le poids moléculaire dans le cancer de l'estomac est modéré.
La molécule de la syphilis est très grosse. Celle du purpura, d'après un cas uni(pie, serait énorme.
Le rapport entre le carbone et l'azote, dans la molécule élaborée moyenne, est intéi'cssant à connaître comme aussi le poids de cette molécule. A un point de vue qui ne diffère pas essentiellement des précédents, il serait aussi intéressant de connaître le degré de toxicité de cette molécule élaborée moyenne.
Depuis ([ue j'ai entrepris la mesure de la toxicité urinaire, on a adopté à peu pi'ès généralement cette unité que j'ai nommée uvotoxie : ce qui est la (piantité de poison urinaire nécessaire pour tuer un kilogramme d'animal, l/iirotoxie n'indi((ue ni une quantité d'urine déterminée, ni la nature du poison qui est dans cette urine ou des poisons multiples dont l'action résultante aboutit à la mort de l'unité de poids vif. Elle ne renseigne pas davantage sur le poids de ces substances qui est nécessaire pour produire l'effet mortel. L'urotoxie est une valeur physiologique.
Beaucoup d'expérimentateurs considérant, avec moi, que la quantité moyenne d'urine physiologique capable de tuer 1 kilogramme de lapin est de iO centimètres cultes, estiment la variation de la toxicité d'après le nombre de centimètres cubes de l'urine étudiée qui est nécessaire pour tuer l'unité de poids.
La toxicité variant en raison inverse de ce noml)re, une urine qui tue le kilogramme à raison de '20 centimètres cubes est deux fois plus toxique que l'urine normahs une urine qui exige 80 centimètres cubes pour produire cet effet est deux fois moins toxique. Mais si, dans une certaine mesure, ces estimations renseignent sur les variations dans les quantités d'urotoxies contenues dans un volume déterminé d'urine, elles laissent dans l'ignorance relativement à un point bien autrement impor-
tant : la quantité de poison qui, dans un temps donne, a été élal)orée et éliminée par l'homme en expérience. Pour cette raison j'ai conseillé de rechercher le nomhre d'urotoxies ou plus hahituellement la fraction d'urotoxie que l'homme ohservé élimine en vinf^t-quatre heures par kilogramme de son poids. Cela, dans la pratique, nécessite qu'on connaisse le poids de l'homme, la durée de la sécrétion, la quantité de l'urine sécrétée, le poids du lapin qui va être injecté avec cette urine, le nombre de centimètres cubes de cette urine qui produira la mort de ce lapin. J'ai ajouté plus récemment une nouvelle condition : la connaissance du poids de ce qui dans l'homme est agissant, de ce qui vit, de ce qui élabore la matière, de ce qui fabrique les poisons, de la matière protéique constitutive des tissus, de l'albumine fixe de tout le corps. L'homme normal fabriquant en vingt-quatre heures, par kilogramme, de quoi tuer 460 grammes de lapin et le kilogramme du corps normal d'un homme normal renfcniuant en moyenne 148 grammes d'albumine fixe, 1 kilogramme d'albumine fixe doit fabriquer et éliminer en vingt-quatre heures, connue cliifïre moyen et à l'état normal, de quoi tuer 460 X 1000 oTammes, en chiffres ronds 5 kilogrammes de matière
vivante. Cela n'est pas indifférent et de cette estimation on peut déduire certaines indications relatives au pronostic et au traitement de l'autointoxication dans l'imperméabilité rénale, par exemple. Mais cela ne renseigne pas sur les troubles de la nutrition.
En effet, l'unité de poids d'albumine active peut livrer aux reins dans l'unité de temps de quoi tuer plus ou moins de matière vivante pour deux raisons, soit parce qu'elle fabrique les molécules toxiques normales en quantité plus ou moins gi'ande, soit parce qu'elle fabrique des molécules plus ou moins toxiques. 11 y a des pavots qui élaborent beaucoup de morphine, d'autres qui en fabriquent peu. Ils diffèrent au point de vue de leur coefficient toxique pour ce motif que l'un fabrique plus de molécules toxiques que l'autre, mais chez les deux la molécule toxique est la même. La tête du pavot a un coefficient toxique moins élevé que la noix vomi- ((ue; c'est dû à ce que l'une faluique une molécule moins toxique que l'autre, bien plus qu'à la variation du nombre de molécules fabriquées par l'un ou par l'autre de ces fruits. Donc on doit pénétrer plus loin que nous n'allions autrefois, on doit éclairer la notion du degré de la toxicité par la recherche de la qualité de la molécule toxique et par la détermination du nombre d»- ces molécules. Cela peut se faire facilement même siuis connaître le poids moléculaire, en se dispensant même d'établir le [)oids total des matières élaborées, ce qui permet d'échapper aux erreui s <|ue coujj)orte la détermination du poids des matières dissoutes quand on les déduit de la densité; ce qui permet aussi d'échapper aux pertes de leuips qui résultent de la pesée faite après évaporation à froid, dans le vide, siu' l'acide sulfurique.
En moyenne, jiour Turine mixte recueillie chez l'homme normal, le
TROUBLES PRÉALABLES DE LA MÎTRlTiON.
point Je congélation A = — l'^,o5. J.a quantité de clilorure clc sodium contenue dans 1 litre est 9^'', 50, ce qui, à supposer que l'urine ne contînt pas d'autres substances solides que ce chlorure de sodium, porterait à 0,57 le point de congélation.
Le point de congélation o attril)ual)le aux luatières solides luoins le chlorure, c'est-à-dire aux matières élaborées, est 1 ,55-0,57 = — 0°,78. Le volume V de cette urine qui tue 1 kilogramme d'animal est 40 centimètres cubes.
D'après la formule M^^- le nombre des molécules = ^ = | et, comme K est une constante qui doit servir de dénominateur dans toutes les déterminations du nombre des molécules, on peut n'en pas tenir compte.
Le nombre des molécules est proportionnel à l'abaissement du point de congélation et o indiqnera le nombre relatif des molécules élaborées moyennes.
Ce sont les molécules élaborées qui sont toxiques, car nous admettons, ce qui n'est pas très éloigné de la vérité, que les matières élaborées sont la totalité des matières solides moins le chlorure de sodium, et nous admettons encore qu'une solution de chlorure de sodium dont le titre est voisin de 9 pour 1000 n'est pas toxique.
En conséquence, nous admettons que le nombre des molécules qui tuent 1 kilogramme d'animal dans les injections intraveineuses d'urines est ô V. Pour les urines de l'homme normal ce nombre N sera proportionnel à 78x i0:=51t>0.
Je prends pour unité l'intensité toxique de la molécule élaborée moyenne dont il faut un nombre inconnu, proportionnel à 5120, pour tuer 1 kilogramme d'animal. Pour toute autre urine normale ou pathologique dont le nombre de molécules qui tuent 1 kilogramme sera N\ l'intensité toxique comparée à la normale sera ^- Je donne dans le tableau suivant, pour 15 malades, le poids moléculaire, le nombre de centimètres cubes d'urine nécessaires pour tuer 1 kilogramme d'animal, enfin la toxicité des molécules élaborées moyennes qu'on pourra comparer avec les valeurs correspondant à l'état normal.
L'expérience se plaît à contredire les hypothèses qui paraissent le plus vraisemblables. On pouvait croire que la maladie change la chimie vivante et crée des substances plus nuisibles que celles qui s'élaborent normalement, on savait que, parmi les premiers produits de l'élaboration régressive de l'albumine, il en est qui sont encore très voisins de cette albumine, qui ont un poids moléculaire très élevé et une haute toxicité. On savait que, parmi les produits ultimes autres que l'eau et l'acide carbonique, il en est un. Purée, très abondant, dont la molécule est très petite et la toxicité presque nulle. 11 était naturel de penser que, dans la maladie, la molécule élal)orée moyenne s'éloignerait moins de l'albumine et serait moins proche de l'urée, qu'elle serait plus grosse, et plus toxi
que qu'à l'état normal. Elle est en effet plus grosse, en général; mais elle est très rarement plus toxique, et habituellement elle l'est beaucoup moins.
Ce qui me semble vraiment important dans cette étude, c'est la détermination du poids de la molécule élaborée moyenne, non pour faire le diagnostic de la maladie peut-être, mais pour savoir quel degré de per-